Filed under: Billet | Tags: Bernard Derosier, Claude Géant, Conseil Général du Nord, François Hollande, Front National, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Martine Aubry, Nicolas Sarkozy, Patrick Kanner, PCF, UMP
À tous, Patrick Kanner promet “écoute, collégialité et transversalité”. À croire que l’ancien Président du Conseil Général du Nord n’écoutait personne, faisait tout, tout seul, et ne voulait pas entendre parler d’opposition ? Ça y est les Cantonales sont jouées, les compteurs Geiger se sont affolés. Il y en a partout et pour tous les goûts. Patrick Kanner a gagné, Bernard Derosier a tiré sa révérence, la Gauche a gagné, les Forces de Gauche ont gagné, Marine a gagné, les Verts ont gagné, Aubry a gagné, Hollande a gagné, les Centristes ont gagné, Sarkozy a perdu, l’UMP a perdu. Bien. Et ? D’un côté le “Ni-Ni” de l’entre-deux-tours de la cantonale 2011, les petites phrases du nouveau Ministre de l’Intérieur, Claude Géant, la curieuse stratégie de reconquête du P de l’UMP, de l’autre des socialistes qui se frappent le torse de lamentations en criant “Sarkozy”, l’appel frelaté au “front républicain” et les pré-candidats à la présidentielle qui veulent sortir en tête du dernier virage, telles ont été les scénettes politiques aperçues sur vos écrans avant le second tour des élections cantonales. Depuis le rideau sur l’écran est tombé et la dernière séance avant l’élection présidentielle 2012 s’est jouée. Pas très glorieuse … D’abord il y a cette abstention record et puis ce Front National au summum. Dans un scrutin uninominal à deux tours, le FN se retrouve marron, comme un temps les centristes. Pas de 3e voie sous la cinquième, le refrain est connu, surtout si c’est une voie de garage, mais le pain béni d’un second tour face au FN est devenu indécent. Il y a comme un monde qui s’écroule et comment interpréter ces résultats ? Il y a d’abord le soliste Mélenchon, toujours ronchon, qui voit un peuple écoeuré, une classe politique hors réalité, un système arcbouté. Il y a la chorale UMP qui y voit un avertissement sans frais, des pans entiers de débats abandonnés à réapprivoiser et les petits chanteurs centristes et de l’UMP déboussolés qui rêvent de s’émanciper. On remarquera le canon des socialistes presque cyniques, adossés avec des communistes revigorés et des verts aux aguets, mais loin d’être une chanson de geste, la vague bleue marine est une marche funèbre. Les petits bricolos qui manipulent les résultats et fluctuations du Front National nous font parfois penser aux ingénieurs japonais de Fukushima. Ils ne contrôlent plus grand chose d’un parti qui s’institutionnalise. D’un côté, le jeu trouble de l’UMP que les médias décryptent et démontent minute après minute, de l’autre, une partition bien plus sournoise jouées par les forces de gauche : L’entretien de la désespérance, dont les pires des illustrations sont ces duels Front National/Front de Gauche ou PCF aux cantonales. Désespérés les français pourraient l’être vraiment. Il fut un temps où Valenciennes était à feu et à sang, saigné de 10.000 emplois, de la métallurgie à la sidérurgie, des banderoles et émeutes partout et de sérieuses menaces de gangrène sociale. On ne refera pas l’histoire mais on entendit surtout là le discours de l’espérance et des élus solidaires. Ça manque … La politique compassionnelle compulsive n’a qu’un temps. Ça fait parfois du bien d’être écouter et aimer mais la question est : qu’est-ce qu’on fait pour s’en sortir ? À moins que certains ne souhaitent pas forcément qu’on s’en sorte ?