Comité de Salubrité Régional Nord/Pas-de-Calais


Et 10 de Bordel !

A force, Christian Vanneste a fini par franchir la ligne rouge, la ligne rose en l’occurrence. L’impayable député de la 10e circonscription du Nord est mort pas encore enterré, mais il a fini par passer à la caisse et surtout à la casserole pour homophobie latente, avérée ou non, l’histoire jugera. Même si le professeur de Philo souhaite ne pas lâcher le bâton, à défaut d’électeurs, il aurait du mal à trouver un suppléant ou une suppléante prête à se griller. Le joyeux député aura beau s’épancher en privé sur cette “sodomie arbitraire”, et non arbitrale (© Mourad Boudjellal), il aura usé trois directeurs de cabinet qui sont aujourd’hui autant de candidats potentiels à vouloir, à leur tour, pénétrer les portes de l’Assemblée Nationale. Gustave Dassonville, opposant UMP Halluinois, Gérald Darmanin, opposant UMP Tourquennois et Vincent Ledoux, Maire divers droite de Roncq ayant fait allégeance communautaire qui pourrait ainsi s’alléger du seing aubrysiste. Tout cela à l’air simple en apparence, mais les apparences sont trompeuses, c’est bien connu. Christian Vanneste le paria n’a finalement fait de la 10e circonscription qu’un laboratoire d’une stratégie usitée plus tard au niveau national et que bons nombres d’observateurs un peu trop engagés souhaiteraient voire éculée. Il fut en effet un temps où un Député centriste, Stéphane Dermaux, Député-Maire UDF, prédestinait aux desseins tourquennois, rapidement balayé en 1988 par une triangulaire meurtrière FN – UDF – PS au profit de Jean-Pierre Balduyck. Dans une circonscription qui battait les records nationaux du Front National avec Christian Baeckeroot à 27,38 % au deuxième tour, l’autre Christian, le Vanneste, su attendre son tour pour reprendre le siège de Député et assécher en bonne et due forme les voix de l’extrême en 2002 et ainsi faire bouger les lignes d’une circonscription réputée démocrate-chrétienne depuis le passage au long cours du respectable Maurice Schumann. Une stratégie visiblement payante et entraînante puisque non content de flirter, le Vanneste fut le premier dans l’histoire à vouloir embrasser. Diantre ! À Gauche, à force de vouloir attaquer Christian Vanneste par devant, puis par derrière, puis plus vraiment, c’est au final une inconnue qu’on nous vend illustre, Zina Dahmani, et une illustre inconnue, Marie-Simone Poublon, qui se retrouvent sur la ligne de départ à poil maintenant que le loup est parti. Bref, n’en déplaise à Christian Vanneste, la 10e circonscription est devenue un beau bordel dans laquelle on aimerait retrouver un peu de douceur.

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Le Choix des Armes

Les Cantonales 2011 ont rendu leur verdict à l’occasion du premier tour de ce dimanche : “Abstention Record” et “Vague Bleu Marine” seront les gros titres du jour. Les premiers commentaires et analyses tombent déjà, notamment sur le Nord/Pas-de-Calais. Certes dans la région, on ne peut s’empêcher d’observer la confirmation de l’inutilité politique du Modem, à part le Modem d’Arras (mais est-il encore le Modem ?), l’entretien des bastions PC-FDG, l’évolution d’EELV ou la bonne tenue des partenaires de la majorité présidentielle hors UMP avec la néo-centriste Joëlle Cottenye à Lannoy, le radical Salvatore Castiglione à Valenciennes, le “candidat libre” Nicolas Siegler à Cambrai, le “Sans Étiquette” Danny Wattebled, mais force est de constater le revers de l’étiquette UMP, la stagnation, voire légère régression du PS qui ne profite pas du contexte politique à l’image de l’élimination au premier tour du Vice-Président sortant Jean-Luc Chagnon sur Valenciennes et bien évidemment la poussée du FN version Marine Le Pen qui se permet le luxe de qualifier pour le second tour des candidats parfois “fantômes”. On stigmatisera le ping-pong incessant et indécent de l’UMP et du PS sur la question du Front National. D’un côté, la diabolisation de Nicolas Sarkozy, qui a “abîmé la République” selon Martine Aubry, ou “responsable de la désespérance qui grandit partout” selon Dominique Dupilet, Président du Conseil Général du Pas-de-Calais, de l’autre les déclarations ambigües sur le “Front Républicain” de Jean-François Copé, secrétaire national de l’UMP ou de Jean-René Lecerf, Président du Groupe UPN au Conseil Général du Nord qui rappelle que ce sont les socialistes qui “ont fait rentrer le FN à l’Assemblée Nationale”, et même dans la vie politique ajouterons-nous. La vérité est que le Front National, est là et bien là, à nous rendre las. La modification de la qualification pour le second tour des cantonales (de 10% à 12,5% des exprimés) offre au Front National non plus des triangulaires mais des duels (souvent face au PS, exception faîte à Cysoing face à l’UMP Luc Monnet) dans quasiment un canton renouvelable sur deux dans le Nord/Pas-de-Calais. Le Pas-de-Calais subit lui-même une véritable contagion FN, à l’image des scores béthunois, calaisiens, artésiens et ceux de Steeve Briois à Montigny avec un score de 36%. Jean-Luc Mélenchon, Candidat à la Présidentielle pour le Front de Gauche, ne veut voir la migration de l’électorat populaire de la gauche et gauche extrême vers l’extrême droite, mais le Pas-de-Calais à lui seul semble l’indiquer. Des électeurs civiques, des électeurs partisans et des électeurs insurgés, tels ont été les participants de ces élections cantonales. Les déçus du Sarkozisme, les déçus de la politique, les agnostiques de la politique, les résignés, indifférents, irresponsables et invisibles ne sont pas aller aux urnes, et l’on ne pourra s’empêcher de voir, une nouvelle fois, dans la vague Marine Le Pen, les envies de cacoratie du peuple français, la plus mauvaise des options politiques pour favoriser l’instauration d’un nouveau régime, système ou pratique politique ? Après Coluche, Marine Le Pen ? Un jeu bien trop dangereux, Marine Le Pen est radioactive pour la démocratie. On en connaît qui sont morts à se tirer une balle dans le pied. On préférait que chacun dépose les armes, que l’armée se réforme avant qu’on ait droit au régime des colonels …

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Étiquettes et incarnation

On connaissait ce fameux papier du Figaro qui avait provoqué l’ire de Pierre Mauroy, alors premier édile lillois, qualifié de “Maire de Droite à Lille et de socialiste à Paris”, dans la même veine, on connaît désormais un communiste à Paris, véritable maire libéral à Saint-Amand-les-Eaux. Alors que le Sud du Département du Nord, Valenciennes, Maubeuge, Avesnes et Cambrai essaye de s’organiser en pôle métropolitain, Alain Bocquet, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient de fermer sa porte en tant que Président de la Communauté d’Agglomération des Portes du Hainaut, qu’il faudra désormais appeler des Portes de Lille. Estimant qu’il ne faut pas jouer contre l’Aire Métropolitaine Lilloise, en stigmatisant la fausse bonne idée de rassembler les « pauvres entre eux » (sic), à « se ghettoïser en ajoutant ses misères », invoquant Bruno Bonduelle et « à aller vers le haut avec les plus riches », Alain Bocquet n’en n’est pas à ses premières contradictions, un peu comme si une Vice-Présidente Communiste de la LMCU portait un Grand Stade d’inspiration libérale de 55.000 places et 400 millions d’euros de budget. Étiquette, étiquette, … Frédéric Lamblin, qui « a ressenti comme un appel » en se rendant au Palais Bourbon (beaucoup d’«appelés» mais peu d’élus) est désormais candidat à la députation, mais avec quelle étiquette ? Le Patron de la CGPME locale et remplaçant de l’insoumise Dorothée Da Silva à la présidence de Lille Grand Palais, devra pourtant choisir, lui qui fait partie du package des ex-UDF Modem Richir-Henno qui s’est vendu à Martine Aubry en 2008. UDF ? Modem ? PS ? Celui qui voit Strauss Kahn Président, Aubry Premier Ministre et Linkenheld, Ministre du Logement, (laissons déjà la très protégée devenir Sénatrice), devra surtout répondre de l’inutilité politique du Modem le moment venu. Denis Vinckier, également Modem, en sait quelque chose, lui qui envisageait de succéder à Yves Durand à la tête de Lomme. Cet UDF qui s’était assis dans le fauteuil d’Arthur Notebart au Conseil Général avec les voix de la droite en 2001 en opposant farouche à la fusion Lille-Lomme-Hellemmes aura tout perdu en 2008. Il aura surtout tout laissé à Roger Vicot, son siège de Conseiller Général, comme celui de Maire de Lomme. Comme quoi, tout reste dans la famille PS. Pierre Ferrari n’en fait plus parti. Pour deux ans, c’est acté. Le Modem l’a également lâché, preuve que le “National” entend être ferme. Suspendu, tout comme les MJS d’Hénin Carvin et leur site internet, Ferrari en a cure. C’est une assignation en justice qui attend le PS et une candidature confirmée aux Cantonales. Il serait étonnant qu’il ait Marion Anne Perrine Le Pen face à lui, tant la Frontiste cumule les mandats comme les prénoms. Conseillère Municipale, Députée Européenne, Conseillère Régionale, Marine Le Pen ne doit sa présence dans ces trois institutions qu’à des recours électoraux en justice, le temps de claironner sa petite musique. Elle attend désormais le résultat du plébiscite interne du FN pour foncer vers la présidentielle 2012. Là, ce n’est pas une étiquette mais une marque qui sera entretenue. Tenu, Hervé Morin l’est par ses militants. Sa vraie-fausse candidature à la présidentielle par la voix de Jean-Marie Cavada l’aura rappelé. Et à l’image de Maurice Leroy, un ex-communiste devenu Nouveau Centre et maintenant Ministre, c’est la base qui décide. Et la base a plutôt envie d’une confédération centriste avec les Radicaux d’où émergerait un candidat. François Dubout, ex-candidat aux Régionales, lui, émerge de l’actualité. Bientôt Conseiller Culturel à l’ambassadeur de France en Estonie, le saltimbanque politique restera dans l’histoire le plus gros cumulards d’étiquettes politiques : RPF, FN, PDF, CNI-UMP. Celui qui confie son intérêt pour Dominique de Villepin ou Jean-Luc Mélenchon, a peut-être la réponse ultime aux (petits) tracas politiques : « On rate des opportunités à cause d’anciens clivages et de verrous rouillés », lui qui voudrait faire valser les étiquettes … partisanes. C’est vrai, se passer de mouvements et d’étiquettes politiques, de militants, d’idées et pourquoi pas d’élections, Bocquet, Lamblin, Richir, Henno, Vinckier, Linkenheld, Morin, Dubout, et autres Daubresse, Vignoble, Caudron, Vanlerenberghe, Vandierendonck, … ne diraient-ils pas non ? À croire que l’objet est plus de s’incarner que d’incarner.

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Le meilleur des mondes

Au 4e tour viendra l’heure des juges, pas encore des justes. Cuisine et cuisinage. Valérie Létard est en mode règlement de comptes de campagne dans Libération et à la convention nationale du Nouveau Centre. Un coup à gauche, « Le PS a laissé faire le Front national … pour des raisons électorales à court terme », un coup à droite, « On est parti avec l’UMP divisée en son sein, avec le secrétaire départemental divisé du reste ». Une UMP du Nord qui n’a toujours pas débriefé le scrutin régional avec un Thierry Lazaro visiblement plus occupé à flinguer qu’à rassembler. Anne-Sophie Tzarareck loue son courage, Marie-Sophie Lesne est heureuse de la fin de la double peine, pour autant, Valérie Létard ne s’est pas sentie menacée pour son avenir ministériel. Depuis qu’il a un (nouvel) avenir ministériel Marc-Philippe Daubresse, qui tente de prolonger le centrisme version UMP 2.0, bénéficie d’un régime médiatique un peu spécial, même dans sa propre ville. La Maire de Lille, Martine Aubry, n’a pas attendu d’avoir un avenir présidentiel pour bénéficier d’un tout autre régime. Elle se permet le luxe de confisquer un téléphone vidéo en conseil municipal et de triturer les images de la séance. La liberté de couper. La liberté de contrôler. Autre temps. Autres mœurs. Le Nouveau Centre s’affranchit et frétille pour le premier tour de la présidentielle. Jean-Christophe Lagarde s’indigne du traitement médiatique réservé à ce dessein, récusant que ce qui est de la “diversité à gauche” serait de la “division à droite”. À gauche justement certains ne savent pas compter, même un chercheur en mathématiques à l’université de Lille 2, Christophe Di Pompeo en l’occurrence : ” Je me suis dit quel con ! J’ai le diplôme universitaire le plus élevé de maths et je n’ai pas été fichu de bien faire les calculs, de prévoir que je pourrais ne pas être réélu ». Ah la lutte des places ! D’autres n’existent pas encore, le bras de velours de Martine Aubry, Michel-François Delannoy, fan de rock et de facebook, est le grand oublié des vice-présidences du conseil régional, en attendant mieux … La révolution de palais n’est donc pas encore à l’agenda. D’autres enfin préféreraient qu’on les oublie. Débusqué dans les Vosges par le frontiste Steeve Briois, Gérard Dalongeville réapparaît. Celui que Daniel Percheron n’aura vu « en tout et pour tout trois fois dans sa vie » n’est pas surpris de la chasse aux sorcières des frontistes, juste par « l’absence de réaction des soi-disant républicains… En France, c’est ce qui conforte le FN, cette chape de silence ». Encore un ! Affaire du code intranet, débusquage de Dalongeville, plainte répétée contre La Voix du Nord, menace de procédure au Tribunal Administratif en séance plénière, … en attendant une longue autre litanie, l’apport Le Péniste est en effet sans commune mesure. Et Bruno Gollnisch, candidat interne à la présidence du FN, qui demande repentance à l’UMP pour atteindre la « respectabilité ». On y est … dans le meilleur des mondes.

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Les loups sont entrés à la Région

Un entre-deux-tours qui se résume à un aspro. Cette aspirine qu’a été s’administrer, face caméra, devant des journalistes devenus grues, Daniel Percheron un mardi en plein coeur des compromissions PS-Verts-PC. Plus qu’un symbole, une constante, celle du décalage et de l’anachronisme. L’aspro et le suppo pour le Président Percheron lors de la séance plénière d’installation. Le parti du tribun de la plèbe, devenu le tribunal de salubrité politique, met ses menaces à exécution dès l’ouverture. Procédure à outrance ou l’outrance de la procédure, Marine Le Pen donne déjà mal à la tête au Président. Valérie Létard avait déjà pris la mesure de l’extraphénomène Le Pen durant la campagne, Daniel Percheron et sa “majorité socialiste”, qui ont longtemps mis les œillères, prennent désormais la mesure de celle qui ne sera pas qu’un simple phénomène. Kucheida aboie, les loups ont envahi Hénin. Structurée et cohérente dans son écran de fumée, Marine Le Pen, plus qu’incarner une opposition de blocage au Conseil Régional, est en quête de respectabilité et de costume présidentiel. Un danger politique. Une bête politique lâchée en pleine nature, fusse-t-elle d’abord septentrionale. Bouffeuse d’espaces, mangeuse d’hommes (politiques), moderniste zélée du parti, la Marine n’a paradoxalement pas encore mis tous ses gars au pas. Philippe Bernard, François Dubout, Dominique Slabolepszy, Christian Baeckeroot, Carl Lang écartés ou tombés, et surtout disparus, 2 voix sur 18 manquèrent pourtant par deux fois au nouveau groupe Le Pen lors du vote des fameuses délibérations qui mirent le feu aux poudres de la plénière inaugurale. Deux voix déviantes ou défiantes. Ah les chiens ! Chiens d’arrêt, chiens de garde ou chiens de chasses, limiers ou gibiers ? On espère juste qu’une autre chasse, celle aux loups, aura bien lieu.

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Factice
26 mars 2010, 21 h 26 min
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Le couperet des Régionales Nord/Pas-de-Calais est tombé, les voix de gauche sont impénétrables. L’UMP qui boude, le FN qui gronde, le PS qui revit, le Modem qui se meurt, le PC et les Verts qui franchissent la barre des 10%, et la tentation de l’abstention, les “abstentationistes”. L’abstention grand vainqueur des Régionales, les titres des journaux du 14 mars et 21 mars étaient en vérité déjà faits. À chaque élection son message. Lors des Européennes, les Français avaient crédité le Président pour sa gestion internationale de la crise, ils l’auront, lors des Régionales, sanctionné pour sa gestion française de la crise. Message depuis brouillé par les commentaires satisfaits des uns et le remaniement, un Daubresse en sus, et recadrages des autres. Les plus populistes n’auront pas été ceux qu’on croit. Plus populiste qu’un Front populiste qui sur une rhétorique implacable aura rassemblé 300.000 voix, 22,2 %, soit 18 élus, il existe désormais l’électeur, qui se déplace ou non. On savait déjà depuis 2002 que les électeurs étaient devenus des consommateurs du politique, on pourra dire que la tendance consumériste ne fait que s’accentuer, élections après élections, nivelant par le bas le débat politique. Le bulletin de vote est désormais un investissement, avec retour exigé. Une vision personnelle, presque égoïste, conservatrice et conservatoire, primant sur l’intérêt général et la vision politique, jugée trop altruiste pour être vraie. La résistance à la démocratie représentative ne prendra pas les traits de la démocratie directe, juste ceux de la démocratie tribale, tribunitienne et tributaire. L’oligarchie menacée, le peuple agacé, la “moins pirocratie” installée. Le politique du pire n’est jamais très loin.

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La (dé)ménagère
15 février 2010, 23 h 18 min
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Première grande soirée électorale sur France 3 ce dimanche soir et première grosse claque pour Daniel Percheron. En apéritif, le débat national avait déjà laissé filtrer quelques perles par le grinçant Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, pour qui « Voter Le Pen, c’est voter socialiste » (en référence aux futures triangulaires UMP, PS et FN aux régionales qui font le jeu du PS) et par Jean-Marie Le Pen pour qui les Verts sont comme une « Pastèque, vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur » (en référence au passé gauchiste du mouvement). Après ça, on pensait avoir tout vu quand, soudain, une tornade s’est abattue sous les spotlights de France 3 Nord/Pas-de-Calais. Opposée à Daniel Percheron (PS), Olivier Henno (Modem) et Pascale Montel (NPA), Marine Le Pen a littéralement retourné le plateau pour 45 minutes de caricature de débat. Le verbe haut et fort, les délibérations en main, la « Dame de Saint-Cloud » a envoyé les uppercuts, les baffes et les directs sur des argumentations rarement justes, souvent populistes et surtout fallacieuses. Et c’est à un spectacle d’un Daniel Percheron rarement répondant, souvent bousculé et surtout débordé auquel le téléspectateur noctambule a assisté. C’est même Olivier Henno qui est parfois venu à la rescousse du « Seigneur Percheron qui a dédaigné descendre de son château pour débattre avec les manants » dixit Marine. « On connaît votre système, Madame Le Pen » répéta « Olivier Modem » la main pressante. Pour le coup, il a failli passer pour un homme violent et a entendu parler du pays : « Vos arguments sont aussi bas que vos scores ! ». Poussés dans leur dernier retranchement, Daniel Percheron et Olivier Henno ont renvoyé Le Pen à son protectionnisme, « Vous confondez avec isolationnisme ! ». « Le FN a comme la droite voté les délibérations du Conseil Régional ! ». « C’est pour ça qu’on a viré Carl Lang ! ». Une Marine Le Pen déchaînée qui menaça le Président d’être là à chaque séance, à éplucher la moindre délibération. « Ça promet une autre ambiance au Conseil Régional ! » tiqua le Président sortant. En retard sur son temps de parole, Pascale Montel (NPA) n’avait vraiment pas les moyens d’élever le débat, Marine Le Pen se retrouvant même dans son populisme assumé. Diantre ! On savait le Président Percheron peu adepte du débat, et ce n’est pas cette catastrophe télévisuelle qui va arranger son inimitié. Derrière le visage parfois livide, on ne pourra s’empêcher d’avoir vu un petit chimiste dépassé par le monstre qu’il a créé. « La catastrophe Hénin-Beaumont » du « Système Percheron », comme l’a surnommée L’Express, aura fini par provoquer le parachutage de Marine Le Pen, devenue soudain bien encombrante, incontrolable et explosive dans le plat pays. Europe 1 se plaignait d’une campagne un peu plate. On est désormais servi de la pire des manières le tout dans une ambiance « misérabélo-populiste » peu reluisante. Seuls absents du désormais fameux plateau, la région, les idées et les projets. Une femme en cache parfois une autre …

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