Comité de Salubrité Régional Nord/Pas-de-Calais


Flottille

A force d’abuser de la torpille, presque inscrite à son patrimoine génétique, la droite du Nord/Pas-de-Calais en est réduite au radeau de fortune, obliger de ramer comme des naufragés dans un océan d’incompréhension. Il faut dire qu’un puissant lance torpille a été identifié à Phalempin, dans le Pévèle, et l’engin a tendance à tirer contre son camp. Il allait jadis avoir le scalp de Francis Vercamer, félon d’UMP passé à l’ennemie UDF, il allait couler l’obsolète compagnie des transports douaisienne Vernier, il tapissa d’un champ de mines l’après candidature de Sébastien Huyghe à la Mairie de Lille, il allait faire imploser la liste des régionales de Valérie Létard et piloter le sous marin du bout Dubout, il allait également asphyxier de bâtiments la rade des sénatoriales. Il allait tout faire, il a sombré, neutraliser à la faveur de l’élection interne de l’UMP. Car, un autre lance-torpille arrose également le ciel lambersetois et fait souvent des dégâts. Il mate les rebellions internes, bride les tanker qui veulent devenir super, fossoie l’expédition communautaire, et sort selon lui tous les jours du bureau l’amiral chef. Ego logique comme la stratégie de la droite pour les Sénatoriales 2012. Une liste officielle Legendre n’engendrée que par elle même, une liste Legrand petit bras, une liste indépendante Türk réduite à un nom, le sien, une liste Wilmotte en mode marmotte, une liste Lecerf-Létard parti à la chasse très tôt, et voilà Sylvie Desmarescaux rester au port, le rempart qui saute et un siège qui tombe contribuant notamment au basculement du Sénat. Combien de divisions ? Combien de dispersions ?

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Étiquettes et incarnation

On connaissait ce fameux papier du Figaro qui avait provoqué l’ire de Pierre Mauroy, alors premier édile lillois, qualifié de “Maire de Droite à Lille et de socialiste à Paris”, dans la même veine, on connaît désormais un communiste à Paris, véritable maire libéral à Saint-Amand-les-Eaux. Alors que le Sud du Département du Nord, Valenciennes, Maubeuge, Avesnes et Cambrai essaye de s’organiser en pôle métropolitain, Alain Bocquet, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient de fermer sa porte en tant que Président de la Communauté d’Agglomération des Portes du Hainaut, qu’il faudra désormais appeler des Portes de Lille. Estimant qu’il ne faut pas jouer contre l’Aire Métropolitaine Lilloise, en stigmatisant la fausse bonne idée de rassembler les « pauvres entre eux » (sic), à « se ghettoïser en ajoutant ses misères », invoquant Bruno Bonduelle et « à aller vers le haut avec les plus riches », Alain Bocquet n’en n’est pas à ses premières contradictions, un peu comme si une Vice-Présidente Communiste de la LMCU portait un Grand Stade d’inspiration libérale de 55.000 places et 400 millions d’euros de budget. Étiquette, étiquette, … Frédéric Lamblin, qui « a ressenti comme un appel » en se rendant au Palais Bourbon (beaucoup d’«appelés» mais peu d’élus) est désormais candidat à la députation, mais avec quelle étiquette ? Le Patron de la CGPME locale et remplaçant de l’insoumise Dorothée Da Silva à la présidence de Lille Grand Palais, devra pourtant choisir, lui qui fait partie du package des ex-UDF Modem Richir-Henno qui s’est vendu à Martine Aubry en 2008. UDF ? Modem ? PS ? Celui qui voit Strauss Kahn Président, Aubry Premier Ministre et Linkenheld, Ministre du Logement, (laissons déjà la très protégée devenir Sénatrice), devra surtout répondre de l’inutilité politique du Modem le moment venu. Denis Vinckier, également Modem, en sait quelque chose, lui qui envisageait de succéder à Yves Durand à la tête de Lomme. Cet UDF qui s’était assis dans le fauteuil d’Arthur Notebart au Conseil Général avec les voix de la droite en 2001 en opposant farouche à la fusion Lille-Lomme-Hellemmes aura tout perdu en 2008. Il aura surtout tout laissé à Roger Vicot, son siège de Conseiller Général, comme celui de Maire de Lomme. Comme quoi, tout reste dans la famille PS. Pierre Ferrari n’en fait plus parti. Pour deux ans, c’est acté. Le Modem l’a également lâché, preuve que le “National” entend être ferme. Suspendu, tout comme les MJS d’Hénin Carvin et leur site internet, Ferrari en a cure. C’est une assignation en justice qui attend le PS et une candidature confirmée aux Cantonales. Il serait étonnant qu’il ait Marion Anne Perrine Le Pen face à lui, tant la Frontiste cumule les mandats comme les prénoms. Conseillère Municipale, Députée Européenne, Conseillère Régionale, Marine Le Pen ne doit sa présence dans ces trois institutions qu’à des recours électoraux en justice, le temps de claironner sa petite musique. Elle attend désormais le résultat du plébiscite interne du FN pour foncer vers la présidentielle 2012. Là, ce n’est pas une étiquette mais une marque qui sera entretenue. Tenu, Hervé Morin l’est par ses militants. Sa vraie-fausse candidature à la présidentielle par la voix de Jean-Marie Cavada l’aura rappelé. Et à l’image de Maurice Leroy, un ex-communiste devenu Nouveau Centre et maintenant Ministre, c’est la base qui décide. Et la base a plutôt envie d’une confédération centriste avec les Radicaux d’où émergerait un candidat. François Dubout, ex-candidat aux Régionales, lui, émerge de l’actualité. Bientôt Conseiller Culturel à l’ambassadeur de France en Estonie, le saltimbanque politique restera dans l’histoire le plus gros cumulards d’étiquettes politiques : RPF, FN, PDF, CNI-UMP. Celui qui confie son intérêt pour Dominique de Villepin ou Jean-Luc Mélenchon, a peut-être la réponse ultime aux (petits) tracas politiques : « On rate des opportunités à cause d’anciens clivages et de verrous rouillés », lui qui voudrait faire valser les étiquettes … partisanes. C’est vrai, se passer de mouvements et d’étiquettes politiques, de militants, d’idées et pourquoi pas d’élections, Bocquet, Lamblin, Richir, Henno, Vinckier, Linkenheld, Morin, Dubout, et autres Daubresse, Vignoble, Caudron, Vanlerenberghe, Vandierendonck, … ne diraient-ils pas non ? À croire que l’objet est plus de s’incarner que d’incarner.

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Question de poids

Quand brait Liliane Durieux, c’est tout Cambrai qui s’en trouve chamboulé. La conseillère régionale sortante UMP n’a pas retrouvé, bien que soutenue par le Maire en place, de place sur la liste de la majorité présidentielle de Valérie Létard. En représailles François-Xavier Villain a décidé de soutenir la liste des jeunes agriculteurs, « la seule liste qui n’est pas composée sur des dosages politiques », mais le maire de Cambrai, le confie : « Si Liliane y avait figuré, j’aurai soutenu la liste de Valérie Létard ». Soit FX Villain ne pèse pas grand-chose, soit ce sont ses arguments. Du poids et des militants, François Dubout aimerait en avoir un peu plus. Lui qui se réclame être l’ami de Chaban-Delmas, de Charles Pasqua, de Bernard Tapie, de Bernard Kouchner et, « un peu moins ces derniers temps, de Jean-Louis Borloo » s’est déplacé à Étaples … seul. Son « directeur de campagne » l’est un peu aussi en ce moment. Du poids, le budget Communication du Conseil Régional en a également, plus que l’Agriculture. Principal regret de Pierre De Saitignon, à qui l’on reproche de prendre trop de poids dans la campagne de Daniel Percheron au cours d’un ch@t avec Métro, la communication avec les citoyens est selon lui mal exploitée. Effet 8 % ? Mais quand Alain Cappy, ex-directeur de l’IEMN, rappelle au candidat De Saintignon que « Le soutien de la région à la Recherche a (également) diminué depuis 2006 », l’élu entre en stupeur. Aurait-il oublié qu’un poids lourd de la politique nommé Jack Lang, et pourtant si discret, en avait la charge à la Région ? Le poids du Front National, Lionel Jospin n’est pas prêt de l’oublier, lui qui est venu vendredi soutenir Daniel Percheron. Est-ce pour cette raison que pour la première fois dans cette campagne, le Président sortant s’est inquiété du FN, « L’extrême droite n’est plus diabolisée ». Ce ni plus ni moins ce qu’indiquait, ironique, Marine Le Pen, elle-même, « Tu te souviens du meeting de Saint-Pol ? À l’époque, on avait « encore » des contre-manifestations… ». Marine Le Pen, tout de même diabolisée par Nord Éclair ? Avec sa trogne tendant une pomme en guise d’illustration de son portrait politique, le quotidien nous renvoie subliminalement à l’image de la reine qui s’était enlaidie pour offrir la pomme empoisonnée à Blanche Neige. Comme un symbole ? Éric Dillies nous rassure … quoi que, : « Marine n’est pas le double de son père, ni son travestissement ». Pour Jean-François Caron, c’est le poids de son idéologisme qui va finir par lui peser : « De mon point de vue, on ne peut pas être écologiste de droite », se déclarant également en tension, avec les socialistes sur le modèle de développement productiviste, dans un ch@t, cette fois ci, avec La Voix du Nord. Avouant avec candeur que « l’exercice de réponses sans trop réfléchir (sic) pouvait être glissant », le Maire de Loos-en-Gohelle nous donne parfois l’impression de manquer de poids. Le poids des urnes, les socialistes, eux, semblent doués pour l’oublier dès que les sondages les confortent. À Anchin, toujours vendredi, convaincus que ces élections leur sont (déjà) acquises, les socialistes avaient déjà embrayé sur la présidentielle de 2012 avec Martine Aubry, en vedette américaine. À moins d’ « urnes volantes », une élection n’est pourtant jamais jouée.

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Bourbier et Barbiers

Réactions en chaîne après le débat télévisé de France 3, on est proche de la panique dans l’oreillette côté socialiste. Ça tangue, ça tiraille. Pierre De Saintignon pousse au portillon, mais personne ne s’avancera à déclarer Percheron mauvais cheval. En effet, Martine Aubry doit en partie à la fédération du PS du Pas-de-Calais son élection à la tête du PS national. Ça ferait mauvais genre. À défaut du Président sortant, De Saintignon a déclaré sa flamme aux électeurs de gauche en distribuant des roses sur le marché de Wazemmes dimanche jour de Saint Valentin. Il nous rappelle ces maris volages qui inondent de cadeaux leur épouse tout en les trompant allègrement. François Bayrou était de passage dans la région, sa terre de mission, pour ne pas dire grand chose mais s’est refusé à critiquer Valérie Létard. Certains modémistes devraient en prendre de la graine. Marine Le Pen, aussi, elle qui excelle dans la critique non argumentée : « Valérie Létard est nulle, archi nulle ». On ne saura jamais pourquoi, enfin si. L’archiduchesse parachutée est en campagne pré-présidentielle sur le dos de la régionale, ceci explique cela, tout comme Alain Bocquet, le roi de la missive, qui maintient en vie La Poste avec sa stratégie de la lettre éventée. Et puis, il y a la liste du bout du bout, du multicarte François Dubout (RPF, FN, PDF, CNI), boute-en-train et vent debout. On connaît le pilote, on connaît aussi l’endroit et le lieu du crash. Entre temps, Bocquet et De Saintignon se bousculent devant la centrale à charbon d’Hornaing pour chanter l’internationale. Décidément, on rase gratis dans la région. Demain est un autre jour, celui du Conseil d’État qui étudie ce 17 février 2010, le recours de Gérard Dalongeville portant sur sa révocation en tant que maire d’Hénin-Beaumont. Le bourbier héninois est réouvert, rien ne va plus.

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La loi de la jungle

Calais sur un volcan. Non ce ne sont pas les migrants errants de la cité des Bourgeois qui provoquent les derniers remous politiques calaisiens, mais bien les « cuisines politiciennes » et ce sentiment du retour de la loi du plus fort. On se souvient de la diatribe de Jacky Hénin, Maire communiste battu et abattu, qui traita en son temps André Flajolet, patron de l’UMP 62, de « merde ». Celui qui assurait entrer en opposition pour défendre « les petites gens », et qui les défend aujourd’hui à Bruxelles, aura finalement laissé une ville à (petit) feu et à sang. Après la célèbre municipale de 2008, les rebondissements sont de série, élections régionales obligent. C’est d’abord François Dubout qui s’était effacé au profit de Natacha Bouchart, nouveau Maire, qui tient aujourd’hui le discours du cocu.Il préparerait dans le secret, enfin ça fait 6 mois qu’il en parle, une liste CNI, ancien mouvement du joyeux Christian Vanneste, pour les Régionales. À gauche, Charles François, Premier Secrétaire de Section PS de Calais, qui se voit souffler la 11e place de la liste PS au profit de Yann Capet au mépris du vote des militants sort l’artillerie lourde : « Percheron m’a viré sur un prétexte de renouvellement. Mais qu’il commence par se l’appliquer à lui-même. Il est plus âgé que moi, non ? Souvent, la réforme est pour les autres, pas pour soi… ». Ambiance. Bref Charles François n’apprécie pas la position de l’éternel receveur : « En 2008, on m’a dit qu’il fallait partir avec les communistes pour ménager le PC pour le vote du budget à la Région. Et après, on vous dit “tu as perdu la mairie, merci, salut !” ». Le sacre de Capet ? Trop peu pour lui, il snobe la 33e place qui lui fuit promise. Effet Taszarek ? Antoine Detourné, ancien Président National du Mouvement des Jeunes Socialistes, a été appelé à la rescousse pour faire le nombre et surtout du jeune sur la liste PS du Pas-de-Calais. Mais peut-être Calais a-t-il trouvé sa solution, non pour les soubresauts politiques, mais pour ces fameux migrants en la personne d’Olivier Henno, Tête de liste Modem. Avec sourire, le Chevalier Blanc de l’humanisme enfonce une porte ouverte : « On ne peut pas les laisser dehors ». On n’imagine pas qu’il proposera dans son programme d’accueillir dans sa bonne ville de Saint-André toute la misère de Calais, mais on se rappelle qu’il n’arrive déjà pas à loger les 200 familles qui patientent sur liste d’attente pour des logements sociaux sur sa commune. Piégé qu’il fut par un promoteur immobilier qui a « oublié » 27 logements sociaux sur une nouvelle résidence, désormais de standing, Olivier Henno, agacé, s’est vu offrir par le promoteur les dits 27 logements sociaux, à part et sur un terrain à trouver. On espère juste qu’un terrain vague ne porte pas le nom de « jungle » à Saint-André.

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