Filed under: Billet | Tags: 2012, élections présidentielle, Eva Joly, François Bayrou, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Président, Présidentielle, Tulle, UMP, Verts
Le résultat de la présidentielle 2012 est tombé, implacable, comme un verdict médical. François Hollande (18.668.000 voix) remporte l’élection devant Nicolas Sarkozy (16.860.685 voix). Implacable, comme les analyses déflorées ici avant le deuxième tour. Malgré intoxication médiatique, profond désamour, crises structurelles, état d’urgence républicain, appel au référendum anti-sarkozyste, le vote Hollande avec 51,6 % des voix n’apparaît clairement pas comme un vote d’adhésion. Ce n’est pas tant l’action du Président sortant mais sa personnalité qui a été sanctionnée à travers ce scrutin. De fait, dès son élection, le désormais Président Hollande embrassa une personnalisation différente de la fonction. Pour autant, capable d’avoir fait sa campagne sur le seul thème du remplacement, François Hollande en sera également coupable tant les contours de son ambition pour la France sont finalement au mieux flous au pire utopiques, témoin cette “croissance à crédit” européenne ou cette première mesurette du blocage du prix de l’essence pendant 3 mois contrariée par une baisse des prix du carburant. François Hollande ne peut pas décevoir, tel est le message des électeurs, qui n’attendent pas une politique de surface ou d’emballage, mais une politique profonde et sans ambages. On jurerait que l’effet n’existe pas en politique, pourtant les français ont voté pour un président placebo. La mesure thérapeutique semble intrinsèquement nulle ou faible, sans rapport logique avec la maladie, mais les médecins, et certains patients, sont persuadés que le mécanisme psychologique ou psycho-physiologique jouera. Chacun demande à voir. Cette présidence est de plus menacée par l’inconséquence des forces de gauche pendant la campagne à susciter, au travers de ce fumeux concept d’état d’urgence républicain, ou espérer, dans la désormais nouvelle majorité présidentielle, l’implosion de l’UMP. La gauche veut-elle clairement Marine Le Pen comme chef de l’opposition ? La démocratie en frisonne. La dernière poussée de fièvre de la droite extrême dans une Grèce hagard ou le foyer de contamination d’Hénin-Beaumont dans un fief historique de la gauche devrait pourtant en vacciner plus d’un. La Droite républicaine battue se doit également d’être en vigilance brune, elle qui sait que s’allier avec le FN c’est mourir, et pas à petit feu. Elle semble vouloir pour l’instant rendre seulement à cette gauche, qui pendant 5 ans s’enferma dans l’opposition primaire, systématique et outrancière, la monnaie de sa pièce avec les polémiques sur les drapeaux de la Bastille ou des Falcons de Tulle. François Bayrou, qui affirme vouloir passer d’une opposition systématique à une opposition vigilante, quitte à créer encore un nouveau centre, n’aura peut être pas l’occasion de s’opposer à l’assemblée nationale. Il a fâché sa famille d’origine et n’est pas le bienvenue dans la famille plurielle. Il n’y aura donc pas d’effet fils prodigue pour le Béarnais, englué dans le cul de sac de ses certitudes. Les Verts, eux, ont la certitude d’être une force gouvernementale avec 2% des suffrages au premier tour, c’est le paradoxe qui aura tué Éva Joly pendant la présidentielle. La marionnette qui voit ses manipulateurs se déchirer pour des marocains ne souhaite désormais pas être marron et revendique une part de la dinde. Des certitudes les électeurs du Centre droit en veulent désormais, eux qui voient leur famille, qui a manqué le repas, en thérapie avec en contre-indication la division. Ce n’est pas un philosophe dont ils ont besoin mais d’un professeur. Quant au grand bateleur Jean-Luc Mélenchon, il veut ses 30/40 députés, effets forcément secondaires de ses soins intensifs administrés au patient communiste et preuve qu’il y avait, finalement, une condition. Et le malade dans tout ça ? Son médecin traitant a été rayé de l’ordre. On souhaite juste désormais que le médecin de garde ne lui fera pas ingurgiter des médicaments sans posologie.
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Malgré un “incroyable désamour” du Président sortant et les crises successives qui ont balayé tous les exécutifs européens, le candidat Nicolas Sarkozy n’a pas fait un si mauvais score lors du premier tour de la présidentielle comme le reconnaît François Bayrou qui, comme attendu, à laisser libre choix à ses électeurs. Le scénario du 2e tour laisse présager une victoire du candidat socialiste François Hollande dans une fourchette beaucoup plus restreinte qu’annoncée par les sondeurs et ce malgré l’état d’urgence républicaine décrétée par les forces de gauche. Avec un candidat qui, en sus, aura fait toute sa campagne sur le “remplacement” du président sortant, le résultat final obtenu sera donc bien loin d’être un vote d’adhésion démontrant que les français ne sont pas prêts à laisser un chèque en blanc au seul nom d’une présidence apaisée. “Le changement c’est maintenant”. Les sortants semblent demander “pourquoi ?”, et tout français semble se demander “pour quoi ?”. En martelant de plus l’existence d’une ligne antirépublicaine, et le scénario, pourtant improbable, d’un rassemblement de la droite populaire avec la droite extrême, les forces de gauche semblent insidieusement installer une opposition pernicieuse pour la démocratie. Elle nous rappellerait ce goût acide des deuxièmes tours Force de Gauche-Front National dans le Pas-de-Calais, le tout avec en toile de fond un projet finalement conservateur dans un contexte économique impitoyable. Le Président sortant a déjà eu bon dos, il ne pourra l’avoir éternellement. Les chèques en blanc existent, les dettes en blanc pas encore.
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Les valeurs, il en fut particulièrement question lors de la campagne de l’entre deux tours de la présidentielle de 2012. Recul des valeurs républicaines, menaces des libertés fondamentales, politiques répressives et discriminatoires, incitation à la haine, stigmatisation, … les grands et gros mots furent utilisés pour “combattre” le candidat Nicolas Sarkozy dont les valeurs sont supposées solubles dans les thèses de Marine Le Pen. C’est une lourde responsabilité démocratique que d’enclencher l’état d’urgence républicain dans un second tour qui oppose les familles traditionnelles de la droite et de la gauche représentées par les deux finalistes François Hollande et Nicolas Sarkozy. Amalgamer Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, en venir sur terrain de la fascisation des esprits, exercer une forme de terrorisme intellectuel ou de chantage aux valeurs est une paupérisation démocratique et lézarde le débat républicain. Il y aurait même ici une ligne qui distinguerait les républicains et les autres de l’avis de Martine Aubry. Elle entache la crédibilité du principe de précaution. Ceux sont pourtant les mêmes qui cautionnent “la chasse aux riches”, la menace de la liberté d’entreprendre ou la stigmatisation des “privilégiés”. Par calcul électoraliste, la droite a pour mauvaise habitude d’attiser les peurs alors que la gauche surenchérit les émotions. C’est ce spectacle électoral qui aura confisqué l’entre deux tours et un éventuel débat sur l’avenir de la France, qui devrait pourtant être la clé de voute de cette élection.
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On connaissait les petits, les sans grades, on connait désormais les inutiles, démocratiquement parlant. Dans la recherche de respectabilité ou de légitimité du Front National, c’est le Président François Mitterrand qui jeta la première pierre. Le Front National aurait pu être déclaré anticonstitutionnel, il ne l’a pas été, ce n’est pas pour autant qu’il est démocratiquement utile. Le travail de Marie Le Pen depuis la transmission monarcale et patriarcale du parti n’aura eu de cesse de chercher à atteindre cet objectif. Et les 18 % de la présidentielle 2012 la confortent. Relayé par des médias prédicateurs, le scénario d’une droite nationaliste à l’italienne et de l’éclatement de l’UMP est plus que fantaisiste. Le Front National est inutile, c’est son essence et le coeur de son existence. Marie Le Pen et sa formule “UMPS” n’appellera à voter ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande pour le deuxième tour de l’élection présidentielle. L’Esprit de la Ve République ne permet pas à un parti sans alliance de parvenir au pouvoir, et l’UMP ne le sait que trop bien. Pour les élections législatives que Marine Le Pen attend visiblement goulûment, le FN n’aura au mieux qu’une élue, Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, plus certainement aucun dans un scrutin uninominal à deux tours. Le FN ne sera jamais non plus un parti d’opposition, les sursauts républicains auront toujours raison de lui. Ainsi la question de son caractère républicain du FN revient comme un boomerang. La seule évolution remarquée est que le FN n’est plus seulement une soupape populo-populiste ou un virus politique et idéologique pour la droite républicaine, il est devenu un effet indésiré du lent poison que distillent ceux qui entretiennent la désespérance. Avec ses 11 % et son score toutefois historique Jean-Luc Mélenchon est aussi inutile démocratiquement que celle qu’il a pris en grippe. Avec un score très inférieur au mouvement de fond annoncé, sa tête baissée, son refus d’être une force gouvernementale et son appel à “faire battre Nicolas Sarkozy”, Jean-Luc Mélenchon se révèle simple rabatteur de gauche, camelot à la petite solde, celle du désistement républicain entre forces de gauche au deuxième tour des législatives. On ne doute pas que Jean-Luc Mélenchon 2012 ai vu la naissance d’une force qui ne s’arrêtera pas à 2017, une élection présidentielle pour laquelle il est déjà candidat, il entre ainsi dans la droite ligne et tombe dans le même piège que l’inutile François Bayrou. Avec plus de la moitié de ses électeurs perdus entre 2007 et 2012, François Bayrou s’exprimera le 3 mai 2012 pour laisser libre choix à ses électeurs, une “avancée significative” depuis le “ni-ni” suicidaire de 2007. À force de refuser d’être une force gouvernementale, François Bayrou ne sert rien et à rien, à part entretenir son verbe, prêcher une bonne parole dans le désert de Judée et être invité à un diner de con. Sur la seule question de personne, il a réussi à tuer et confisqué le fort désir de centre dans ce pays qui n’aura pas trop de 5 ans pour se reconstruire, on l’espère autour des idées plutôt que de l’homme. Un homme divisé, tout lui résiste.
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Les chiffres sont donc tombés, 10.272.705 de voix pour François Hollande et 9.753.629 de voix pour Nicolas Sarkozy. Le premier tour de l’élection présidentielle s’est donc joué à 519.076 voix, soit 1.45 point de différence entre deux candidats désormais qualifiés pour l’audit du 6 mai 2012, et ce fut finalement la seule certitude d’un scrutin encore confisqué, confisqué par les sondages, confisqué par le vote utile et invisible, confisqué par les médias. Sondage, participation, estimation, estimation de 20h, ordre d’arrivée, désaveu, colère ou adhésion, les observateurs nous auront démontré que leur science n’est pas exacte. Dans le perpétuel brouhaha médiatique, la mélenchonite aigue a ainsi laissé place aux simples oreillons, la colère noire s’est transformée en rage brune, la marée rose n’était pas le raz annoncé et le patient déclaré cliniquement mort est encore debout. Les électeurs, qui se seront autant mobilisés qu’en 2007, se seront également vu confisquer les messages qu’ils entendaient passer à l’occasion de ce scrutin ; messages malaxés, déformés, reformulés par une presse toujours plus péremptoire qui s’est arrêtée sur une analyse partielle et partiale. Un vote Le Pen caricaturé avec irrévérence et cynisme alors que plus qu’un appel à la haine ou le vote d’une sous France, il est le reflet d’une souffrance et un appel à l’aide, une envie de purger le politique et promesses avec la peur en toile de fond et le coup de pied dans la fourmilière pour expression. Le clivage politique s’effectue désormais autour du système/antisystème, du protectionnisme, du rejet, du repli, de la résistance, de la révolution et de la désobéissance d’un côté et autour du progressisme, du pragmatisme, de la prolongation, de la prorogation et de l’adaptation de l’autre. C’est surtout une ligne de fracture avec la “France d’en-bas” qui s’est tracée, avec ceux qui se marginalisent ou ceux qui sont marginalisés. Absent ou présent, cet électorat est déclaré arbitre d’un deuxième tour forcément plus serré qu’annoncé. L’intelligentsia, elle aussi visée par les bulletins de la colère, a déjà en tête une grande victoire et des législatives remportées dans une France à nouveau apaisée pour que la vague hollandaise finisse de prendre les pleins pouvoirs (présidence, gouvernement, assemblée nationale, sénat, conseils régionaux, conseils généraux et municipalités). Néanmoins, ce peuple inféodé est capable de réélire son Président et lui imposer, avec un Front National revenu à ses records historiques, une 4e cohabitation, une exception française. Cela reste de la fiction et laissons le peuple français, le seul dépositaire du pouvoir, s’exprimer. C’est juste ce qu’il demande, il sait qu’on ne cherche, qu’on essaye, qu’on souhaite ou qu’on ne veut pas toujours le comprendre.
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La pirocratie d’extrême droite a trouvé son pendant à l’extrême gauche, en la personne de Jean-Luc Mélenchon triomphalement annoncé à la 3e place du premier tour de l’élection présidentielle 2012. Les bulletins de la colère font les butins électoralistes mais se heurteront toujours aux butées démocratiques. On savait les français espèce protégée la plus pessimiste du monde, on les découvre pirocrates, avec l’envie de hacker le système et la pratique politique avec deux chevaux de Troie populistes. Il ne s’agit plus de convaincre, il s’agit de flatter les bas instincts et les utopies autodestructrices. Et ces jérémiades sont accompagnées de deux rhétoriques trotskistes du début du 20e siècle quelque peu éculées en provenance de Philippe Poutou et Nathalie Arthaud. Question rhétorique, la présidentielle 2012 a bon dos. François Hollande ne sera resté qu’au stade primale de la rhétorique avec comme seul programme le remplacement et un referendum anti-sarkosyte de deuxième tour. Celui qui ne souhaite pas être président à défaut a tout fait pour le devenir. Il en fera sa croix. Rhétorique incontrôlée pour la candidate Eva Joly qui porte le fardeau d’un mouvement d’apparatchiks et d’idéologistes qui auront réussi à prendre en otage les idées écologistes. Rhétorique périmée pour François Bayrou qui finit par rabâcher une rhétorique 2007 qui, à défaut de porter, glisse. Rhétorique surannée pour Nicolas Dupont-Aignan qui défend un monde qui n’existera plus et qui n’existera pas pour Jacques Cheminade et sa rhétorique de principe. La rhétorique calculée du Président sortant Nicolas Sarkozy n’a que pour objectif que d’éviter le dépôt de bilan. C’est bientôt l’heure de comptes.
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La torpille est une arme de guerre séduisante. Silencieuse, sous marine, elle permet de couler par le fond de gros bâtiments ou gros porteurs, et il est souvent difficile d’en identifier le lanceur. Tout le contraire en somme de la bruyante et visible roquette. Ce terme ancien, qui désignait jadis une mine, est devenu une ogive mais l’esprit ne change pas. À tel point que le verbe torpiller réveille l’imaginaire, renvoyant à la stratégie et l’art de la guerre, à la conspiration ou au complot. Il y eut ainsi le désormais célèbre torpillage des universités d’été du Nouveau Centre où le soldat Hervé Morin coula la candidature Borloo. Le Navire Morin sauta lui sur sa propre mine en Hiver. Ne reste plus qu’un contrat de législature et un groupe à l’assemblée à négocier pour les 2 hommes. François Bayrou a finalement eu raison une fois et ne reste que la seule embarcation dite centriste sur la mer des candidatures avec un capitaine qui avoue enfin avoir fait une erreur de routage dans l’entre deux tour en 2007. Parti pour un tour du monde, le Manureva de Bayrou a tourné en rond pendant 5 ans. Des jours et des jours tu dérivas. Mais jamais jamais tu n’arrivas. Le Président Candidat a désormais ce qu’il souhaitait, passer en tête à la première bouée, et se laisser porter par les vents, pour la réserve de voix il attendra. Il ne restera si peu de faune et de flore dans cette fumeuse mer des candidatures tant ça a bien torpillé ces derniers mois, et ça torpille encore. De Villepin, Eva Joly, Noël Mamère, Nicolas Hulot, Hervé Morin, Jean-Pierre Chevènement, Marine Le Pen, François Hollande, Jean-Louis Borloo, Christine Boutin, Arnaud Montebourg, Martine Aubry, Cécile Duflot. Torpilleur, torpillé. Avaries, prise d’eau, gréement de fortune. On eu droit à tout. Ce n’est pourtant pas une épreuve de joutes sur mer de type Coupe de l’America dont rêves les électeurs même si elle peut être intéressante à suivre, mais de la constitution d’une armada pour défricher de nouveaux territoires. Au plus profond d’eux mêmes ces capitaines au long cours en rêvent, mais ils n’imaginent aucune autre caravelle que la leur pour conduire l’expédition. Ego logique.
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Ça commençait à sentir le “burn out”, pour nous comme pour eux, DSK, les primaires, les sénatoriales, le congrès de Reims, la crise, les cantonales, la dette, Martine Aubry, Jean Louis Borloo, Nicolas Sarkozy, le tourbillon, trop de séquences, trop de sentences, trop, trop était trop, le tout plus qu’au petit trot. Au final tout sera par défaut. Nicolas Sarkozy à défaut d’autre, François Hollande à défaut de Dominique Strauss-Kahn, à défaut de Martine Aubry, Hervé Morin à défaut de Jean-Louis Borloo, Eva Joly à défaut de Nicolas Hulot, Marine à défaut de Jean-Marie Le Pen, Jean-Luc Mélanchon à défaut du PC, Philippe Poutou à défaut de Besancenot, Arthaud à défaut d’Arlette, François Bayrou à défaut de François Bayrou. Une élection présidentielle à défaut, une élection qui va se jouer à défaut, une année 2012 à défaut comme une année 1988, et tout cela sonnera faux.
Filed under: Billet | Tags: 2012, confédération des centres, Dominique De Villepin, DSK, François Bayrou, François Hollande, Jacques Delors, Jean Louis Borloo, Marc-Philippe Daubresse, Martine Aubry, Modem, Nicolas Hulot, Parti Radical, Pierre Moscovici, Ségolène Royal, UMP
“Je quitte évidemment l’UMP”. Le jour de ses 60 ans, Jean-Louis Borloo, Président du Parti Radical, a pris le chemin de la présidentielle 2012 au détour d’une émission plutôt rafraîchissante quant à la pratique du discours politique. Du Borloo dans le texte et dans le geste donnant vie à cette confédération des centres, du Borloo qui enthousiasme des Radicaux de Gauche au ex-sarkozyste, du Borloo qui perce immédiatement dans les sondages et donc du Borloo qui fait grincer beaucoup de dents, beaucoup. Celles de certains parlementaires UMP d’abord qui l’accusent de division, celles de Marc-Philippe Daubresse qui a force de faire le grand écart s’en trouve écartelé, celles du candidat de l’inutile Dominique De Villepin qui se rêve gaulliste sur une rancoeur personnelle, celles des partisans de “DSK”, Pierre Moscovici en tête, qui sentent poindre le danger d’un espace politique rétréci, celles de François Hollande qui va jusqu’à affirmer que le prochain président de la République ne pouvait “être que socialiste” (sic), celles des écolos apparatchiks pour qui Borloo est un écolo de façade, et surtout celles de François Bayrou, candidat 2012 depuis 2007. L’égocentriste, responsable du schisme des centres, aura en l’espace de 5 ans entretenu une ambition personnelle, détruit un parti, dispersé des parlementaires, égaré des militants et perdu toutes les élections intermédiaires. Tout le contraire en somme du Candidat Borloo qui affirme entretenir une ambition collective, reconstruire un appareil, réunir des parlementaires, rassembler des militants et réellement peser sur un second tour. Depuis Borloo, Hulot et De Villepin sont sortis du bois, une multiplication de candidatures qui fit ironiser François Bayrou sur la “saison des champignons”, mais le vrai parasite de cette élection présidentielle est bien le Président du Modem. Borloo, Bayrou, il y en aura qu’un. Question appareil, espoir, Borloo est largement gagnant, question cuisine politique, Bayrou est vainqueur car inoffensif pour l’ensemble de ses adversaires. Borloo capable de rassembler radicaux, gaullistes, chrétiens-démocrates, socio-démocrates et écolo-démocrates, forcément ça dérange plus qu’aux entournures au point que certains tentent de le faire passer pour un “agent double”. Le pathétisme des “candidats 2012 depuis 2007″ que sont Bayrou, De Villepin et Royal nous rappelle que la vérité d’une élection présidentielle n’est jamais celle de la suivante. On se souvient ainsi que Jacques Delors ne s’était finalement jamais présenté à l’élection présidentielle de 1995 de peur, narrent ses mémoires, de se faire imposer un projet socialiste qui ne fut le sien. Le 4 avril 2011, sa propre fille, Martine Aubry, présente le projet des socialistes, “L’avenir aime la France” et l’impose par une simple déclaration : «On n’est pas candidat pour le PS si on ne défend pas le projet des socialistes».
Filed under: Billet | Tags: Bernard Derosier, Claude Géant, Conseil Général du Nord, François Hollande, Front National, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Martine Aubry, Nicolas Sarkozy, Patrick Kanner, PCF, UMP
À tous, Patrick Kanner promet “écoute, collégialité et transversalité”. À croire que l’ancien Président du Conseil Général du Nord n’écoutait personne, faisait tout, tout seul, et ne voulait pas entendre parler d’opposition ? Ça y est les Cantonales sont jouées, les compteurs Geiger se sont affolés. Il y en a partout et pour tous les goûts. Patrick Kanner a gagné, Bernard Derosier a tiré sa révérence, la Gauche a gagné, les Forces de Gauche ont gagné, Marine a gagné, les Verts ont gagné, Aubry a gagné, Hollande a gagné, les Centristes ont gagné, Sarkozy a perdu, l’UMP a perdu. Bien. Et ? D’un côté le “Ni-Ni” de l’entre-deux-tours de la cantonale 2011, les petites phrases du nouveau Ministre de l’Intérieur, Claude Géant, la curieuse stratégie de reconquête du P de l’UMP, de l’autre des socialistes qui se frappent le torse de lamentations en criant “Sarkozy”, l’appel frelaté au “front républicain” et les pré-candidats à la présidentielle qui veulent sortir en tête du dernier virage, telles ont été les scénettes politiques aperçues sur vos écrans avant le second tour des élections cantonales. Depuis le rideau sur l’écran est tombé et la dernière séance avant l’élection présidentielle 2012 s’est jouée. Pas très glorieuse … D’abord il y a cette abstention record et puis ce Front National au summum. Dans un scrutin uninominal à deux tours, le FN se retrouve marron, comme un temps les centristes. Pas de 3e voie sous la cinquième, le refrain est connu, surtout si c’est une voie de garage, mais le pain béni d’un second tour face au FN est devenu indécent. Il y a comme un monde qui s’écroule et comment interpréter ces résultats ? Il y a d’abord le soliste Mélenchon, toujours ronchon, qui voit un peuple écoeuré, une classe politique hors réalité, un système arcbouté. Il y a la chorale UMP qui y voit un avertissement sans frais, des pans entiers de débats abandonnés à réapprivoiser et les petits chanteurs centristes et de l’UMP déboussolés qui rêvent de s’émanciper. On remarquera le canon des socialistes presque cyniques, adossés avec des communistes revigorés et des verts aux aguets, mais loin d’être une chanson de geste, la vague bleue marine est une marche funèbre. Les petits bricolos qui manipulent les résultats et fluctuations du Front National nous font parfois penser aux ingénieurs japonais de Fukushima. Ils ne contrôlent plus grand chose d’un parti qui s’institutionnalise. D’un côté, le jeu trouble de l’UMP que les médias décryptent et démontent minute après minute, de l’autre, une partition bien plus sournoise jouées par les forces de gauche : L’entretien de la désespérance, dont les pires des illustrations sont ces duels Front National/Front de Gauche ou PCF aux cantonales. Désespérés les français pourraient l’être vraiment. Il fut un temps où Valenciennes était à feu et à sang, saigné de 10.000 emplois, de la métallurgie à la sidérurgie, des banderoles et émeutes partout et de sérieuses menaces de gangrène sociale. On ne refera pas l’histoire mais on entendit surtout là le discours de l’espérance et des élus solidaires. Ça manque … La politique compassionnelle compulsive n’a qu’un temps. Ça fait parfois du bien d’être écouter et aimer mais la question est : qu’est-ce qu’on fait pour s’en sortir ? À moins que certains ne souhaitent pas forcément qu’on s’en sorte ?