Allégation et Allégeance
10 mars 2011, 1 h 22 min
Filed under:
Billet | Tags:
Brigitte Guidez,
Cambrai,
Comines,
Damien Castelain,
Daniel Janssens,
David Paris,
Detournay,
François-Xavier Villain,
Gilles Pargneaux,
Henri Segard,
Jean-Pierre Balduyck,
Martine Aubry,
Modem,
Nicolas Lebas,
Olivier Henno,
UMP,
Vincent Ledoux
Cambrai, dix minutes d’arrêt. Il aura fallu plus de temps cette semaine à Martine Aubry pour soutenir les “quatre fantastiques”, entendez les quatre candidats PS du secteur pour les cantonales. Dix minutes, ce n’est même pas le temps qu’il a fallu au Maire François-Xavier Villain pour s’étrangler à la lecture de son journal préféré le lendemain. Brigitte Guidez, candidate PS à sa succession dans le canton de Cambrai-est, entre quelques incantations au “bouclier social”, devise : “le Cambrésis est en panne de projets”. Elle cite la “remise en cause par l’État du financement du canal Seine-Nord”, pointe du doigt “le morcellement des intercommunalités du Cambrésis… Rien ne fédère notre secteur, contrairement à ce que tu sais si bien faire à l’échelle de cette superbe communauté urbaine de Lille ». Ohhh ! L’ode goulue de Guidez provoque aujourd’hui la froide colère de FX qui crie à la trahison territoriale avec ses 328 projets envoyés au Conseil Général : « Elle vient nous parler de la couleur de ses cheveux, dont je n’ai absolument rien à secouer, en ce que j’aurais préféré qu’elle nous parle de la couleur de ses idées ! Qu’elle ne se batte pas pour son territoire, on en avait fait notre affaire, mais qu’elle le méprise, ça, nous ne pouvons l’accepter !”. Ouch le crêpage de chignon ! Il faut croire que l’allégeance réveille les langues. La couleur des idées d’Henri Ségard, le future ex-maire de Comines, daltonien ou non, on aurait du mal à la discerner. Bleu-Orange-Rose ? Celui qui « ne sera plus jamais maire de Comines » et 17 autres élus démissionnent pourtant le 18 février pour provoquer un nouveau scrutin après que le mandat de son ancien protégé, le maire UMP Alain Detournay, ait tourné au vin aigre, millésime 2009. Venu sauver Comines d’un bourbier politique, le Vice-Président de Martine Aubry à la LMCU, Henri Ségard, inaugure par anticipation un drôle de retour de bâton pour ces “petits” maires qui ont fait allégeance à Martine et qui retourne vers leurs électeurs, non sans mal. L’ancien Maire de Tourcoing, Jean-Pierre Balduyck y voit « une imbécillité politique ». Quoi ? David Paris, tête de liste de la gauche à Comines en 2008, raconte : “Gilles Pargneaux, le responsable de la Fédération socialiste du Nord, est venu pour convaincre les militants PS de Comines d’intégrer la liste Ségard. Il nous a dit que l’avenir politique de Martine Aubry en dépendait, que si Ségard n’était pas élu, Daubresse prendrait la tête de la communauté. Nous avons été impressionnés et nous avons accepté”. Depuis ils regrettent, amèrement. Élu Maire, Conseiller Général puis Conseiller Régional UMP avant de s’égarer au Modem pour les Régionales, Henri Ségard a le blanc seing d’une Martine Aubry, pas le moins du monde menacée de sa présidence communautaire, qui renvoie juste l’ascenseur. Les militants fulminent « Ségard a toujours mené une politique de droite et nous l’avons combattu. Comment expliquer aux 38 % d’électeurs de 2008 que nous retournons notre veste ?! ». Qui plus est pour que le Modem représente la Gauche. « Je comprends la difficulté pour les camarades mais ceux qui iront sur une autre liste ne seront plus socialistes”, prévient Gilles Pargneaux pour qui “Ségard est de centre gauche, il a évolué”. Celui qui se déclare “gaulliste social” n’a pas cherché a expliqué l’inexplicable, en l’occurrence le Modem, Ségard simplifie son discours « L’objectif est de faire battre le sarkozyste de service”. Fermez-les bans. Vincent Ledoux, Maire de Roncq, Nicolas Lebas, Maire de Fâches, Olivier Henno, Maire de Saint-André, Damien Castelain, Maire de Péronne-en-Mélantois, Daniel Janssens, Maire de Wambrechies, tous Vice-Président de la LMCU, ont du être très attentifs à la séquence. On ne leur souhaitera pas une élection municipale anticipée …
L’homme qui valait 3 milliards
18 février 2011, 18 h 56 min
Filed under:
Billet | Tags:
Audrey Linkeheld,
Éric Quiquet,
Bernard Derosier,
Bernard Frimat,
Daniel Percheron,
Dinah Derycke,
Dominique Plancke,
Frédéric Marchand,
Gervais Martel,
Gilles Pargneaux,
Jacques Vernier,
Marie-Jeanne Philippe,
Martine Aubry,
Michel Delebarre,
Olfa Laforce,
Patrick Kanner,
Pierre De Saintignon,
Renaud Tardy,
René Vandierendonck
À la rentrée 2010, Daniel Percheron avait sorti de son cartable le RER Lille-Hénin, 17 minutes et 1 milliard d’euros clés en main. On se souvenait alors de l’ire d’Éric Quiquet qui stigmatisait “la politique de l’illusion”. La grande illusion n’aura pas durée, le méchant État n’aura pas accordé le moindre euros au RER Percheron, “un échec personnel” selon l’autre vert Dominique Plancke pour qui il n’y avait pas lieu de se précipiter et de passer ainsi par delà l’assemblée régionale et ses services. Un autre élu est quelque peu vert, le même Éric Quiquet, Vice Président aux Transports de la LMCU, qui ne récupère dans cet appel à projet que 9 millions d’euros de l’État pour un dédoublement de la ligne 1 du métro lillois à 500 millions d’euros (!). Un dédoublement nécessaire ? Avec 36 millions accordés au Tramway Béthune-Bruay pourtant embourbé dans une erreur de procédure, l’État a voulu rappeler que ce projet “offre une alternative crédible à la voiture en créant un lien entre des polarités fortement dépendantes reliées uniquement par voie routière à ce jour”. Pan des les dents. Et c’est finalement le tramway fiasco de Douai, qui finira (un jour) par emporter le Maire UMP Jacques Vernier, qui récupère le dernier morceau de l’État, 8 millions d’euros pour un vulgaire bus dans un couloir de bus. Un État qui s’est transformé en État d’urgence sur la question des lycées. Avec les 865 suppressions de postes annoncés, Marie-Jeanne Philippe, Rectrice en chef, fait face à ses inquisiteurs en pleine assemblée CESR au Conseil Régional. Déterminée à ne rien lâcher devant une institution qui aura tout de même construit et rénové à tour de bras des lycées alors que les effectifs scolaires baissent sans cesse, la rêche rectrice aura entendu les élus de gauche, dont la larmoyante (Brigitte) Olfa Laforce, parlant d’un « massacre organisé » (sic), mais ne les aura pas écouté, stigmatisant « ces filières surdimensionnées avec des élèves qui vont se retrouver au chômage et des filières quasi vides malgré des perspectives d’emploi ». Dans ce dialogue de sourds, on aura surtout repéré la noire colère de Daniel Percheron qui à force de se faire tacler par l’État va sentir l’ombre de Martine Aubry dans son dos. Celle qui a fait du non cumul des mandats un bras armé pour placer, comme sur un échiquier, ses petits soldats Audrey Linkeheld (à la place de Bernard Frimat/Dinah Derycke), Patrick Kanner (à la place de Bernard Derosier), Frédéric Marchand (à la place de Gilles Pargneaux), Renaud Tardy (à la place de René Vandierendonck), … n’aura eu ni la peau de Michel Delebarre et ni celle Daniel Percheron. Et pendant ce temps-là ma bonne dame, Pierre De Saintignon, et sa politique du conte, s’encroutent dans la salle d’attente. Comme Daniel Percheron n’aura pas son RER Percheron, “son” million d’euros (960.000 euros de la Région pour être exact), il l’a envoyé à l’EPCC du Louvre-Lens pour “le lancement de l’exploitation du musée et des premières actions prioritaires en vue de son ouverture”. Si par malheur, le Président Percheron se trouve un jour dépourvu, ce n’est pas la Présidence du RC Lens qui l’attend, mais bien celle du Louvre-Lens. Quant à Gervais Martel, Président du RC Lens, qui craint que son Club devienne musée, il ne cracherait pas sur quelques “bons” millions d’euros …
Terre(s)
15 décembre 2010, 17 h 44 min
Filed under:
Billet | Tags:
Bernard Frimat,
Bertrand Delanoë,
François Mitterrand,
Gilles Pargneaux,
Hélène Parra,
Jean Louis Borloo,
Martine Aubry,
Michaël Moglia,
Michel Delebarre,
Nicolas Sarkozy,
Olivier Henno,
Patrick Kanner,
Pierre De Saintignon,
Pierre Ferrari,
Sénatoriales
Hénin-Beaumont, Terre d’exclusion. Le turbulent Pierre Ferrari, tel Jonathan Le Goéland, prier de s’exiler sur un autre territoire politique, faute de quoi il sera officiellement exclu du parti socialiste, foi de Martine Aubry. Mettant en danger les lois et traditions séculaires socialistes, Pierre Ferrari est banni. Pas encore banané, comme le Sénateur Bernard Frimat qui a reçu la visite de l’ange noir, Gilles Pargneaux, jamais bon signe. Payant son choix Delanoë lors du congrès de Reims et une décision personnelle de Martine Aubry de mettre ses proches au Sénat quitte à virer un des Vice-Président du Sénat. Celle qui n’est pas “un modèle de courtoisie” lui reproche officiellement les mauvais résultats socialistes à Valenciennes. Arguments “grotesques”, voire fallacieux, “Valenciennes, où les centristes sont bien implantés avec Jean-Louis Borloo, est une terre de mission, pas une terre d’héritage” selon Bernard Frimat. Pan dans les dents. Une terre d’accueil, c’est ce que cherche Michaël Moglia, Conseiller Régional, président du jury du concours des villes et villages fleuris, vu et revu pleurant à chaudes larmes sur la dépouille mortelle de François Mitterrand et surtout épinglé par le Conseil d’État en 2009 pour un bail fictif à Halluin. Parachutage raté. Son ombre Hélène Parra a déjà pris ses marques à Saint-André comme conseillère municipale d’opposition, attendant bien sagement la chute du Maire Modem Olivier Henno. Peut-être Gilles Pargneaux, le Maire d’Hellemmes qui habite à La Madeleine, enverra Michaël Moglia à … Valenciennes. Terre de contraste, Dunkerque et son Député-Maire qui veut jouer “un rôle de responsable de premier rang au Sénat” est aussi dans le collimateur de Bernard Frimat qui jouait déjà un rôle de premier rang au Sénat : “Michel Delebarre, c’est une conception du renouvellement et du non-cumul particulière”. Bref au final, “Si le Sénat se gagne, il ne se gagnera pas grâce à Martine Aubry”. Martine Aubry qui a enfin envoyé le dernier étage de sa fusée : “Ce qu’on peut faire ici, on peut le faire au niveau régional voire pour la nation”. Lille, Terre d’exemple, c’est le leitmotiv de la candidate Aubry pour les Présidentielles. On était persuadé que c’étaient les socialistes qui dirigeaient la Région, mais ils ont le tort d’être non estampillés aubryistes. De Saintignon attendra encore longtemps. Lille, Terre d’Euratechnologies, Terre des Maisons des Modes, Terre du “Care”, Terre de façades, surtout. En proie à la crise, les citoyens de la région n’ont pas senti, ni ressenti les effets des fameux “boucliers” socialistes survendus pendant la campagne des régionales. Ils vont surtout sentir et ressentir les effets des augmentations des impôts, et notamment la hausse sans précédent du barème des cartes grises (+ 40 %) par le Conseil Régional. En cause ? L’État et toujours l’État. Sarkozy, toujours Sarkozy. Pour la campagne des Cantonales 2011, Patrick Kanner nous ressort la rhétorique du “Bouclier Social” ou comment une terre d’élection se transforme petit à petit en terre promise Frontiste. Du moment qu’elle ne termine pas en terre brûlée …
… Dépendance(s)
30 septembre 2010, 21 h 52 min
Filed under:
Billet | Tags:
Bernard Derosier,
Conseil Général du Nord,
Daniel Percheron,
Frédéric Marchand,
Gilles Pargneaux,
Grand Stade Lille,
Martine Aubry,
Michel Delebarre,
Patrick Kanner,
Paul Raoult,
Pierre De Saintignon,
René Vandierendonck
… Un autre futur ex-président posait en effet sur la photo Grand Stade, Bernard Derosier, Président du Conseil Général du Nord, contributeur pour 45 millions d’euros (aussi) au Grand Stade pour la voirie, qui a annoncé qu’il ne se représenterai pas aux Cantonales 2011 et abandonnait, de fait, sa Présidence. “Sans dauphin” de l’aveu même de celui qui fut élu député en 1978, et toujours réélu depuis. Député-Maire d’Hellemmes, Président du Conseil Général, Bernard Derosier était souvent montré du doigt au PS pour ses cumuls de mandats et leur nombre de renouvellement. Pas vraiment en phase avec les objectifs socialistes 2012. Le seigneur Martine Aubry s’était même lancé dans une injonction publique à l’orée des législatives 2007 en retour de sa protection dans l’épisode Derosier-Raoult de 2004. Derosier avait dit non. Pour ce coup de 2010 “il n’y a pas eu d’intimidations” mais sur l’argument de l’âge, Bernard Derosier, le “dernier des mauroyistes”, aurait en fait été docile sur le volet cumuls des mandats lorsque les Francs-Tireurs Gilles Pargneaux et Frédéric Marchand sont venus frapper à sa porte. Le prétexte aura enfin était le bon pour un déboulonnage interne. La quête de l’exemplarité pré-présidentielle 2012 selon Sainte Martine est atteinte. Amen. La providence s’appelait “Siège de Sénateur”, finalement décliné par le Saint Bernard. Président du Conseil Régional du Nord-Pas de Calais et Sénateur, et donc cumulard en puissance, Daniel Percheron fait-il également l’objet de pressions à l’aube des futures sénatoriales ? Sa chaise vide du Grand Stade illustrerait-elle l’ombre d’un refus ? Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque et René Vandierendonck, futur ex-maire de Roubaix, ont de leur côté déjà mangé quatre places (parité oblige) de la liste socialiste pour les futures sénatoriales dans le Nord. Est-ce à dire que le Député Maire de Dunkerque fera bientôt une annonce d’allégement de mandat ? Dauphin imposé, Pierre De Saintignon, “homme lige de Martine Aubry”, élu en “ticket” avec le Président Percheron à la tête du Conseil Régional en 2010, attend son heure pour prendre place sur le perchoir de l’assemblée régionale. Va-t-il finalement devoir encore patienter ? La toile aubryiste est-elle plus longue à tisser qu’à détisser la toile mauroyiste et la toile artésienne ? Celui qui ne veut plus patienter est Patrick Kanner qui lorgne depuis longtemps sur la Présidence du Conseil Général du Nord. L’ex-homme d’appareil habitué à essuyer les coups d’épines “derosières” et (petits) croche-pied aubrysistes veut surtout éviter un destin à la Bernard Roman, dauphin désigné à la Mairie de Lille puis sommé de se cacher dans l’ombre de Martine Aubry, et enfin mis au ban pour quelques fautes de goûts. Candidat à la future présidence, Patrick Kanner “a envie d’écrire une nouvelle page du même livre.” L’écrira-t-il ? Peu importe car finalement tout change, rien ne change, à part le nom du seigneur et de ses agneaux.