Comité de Salubrité Régional Nord/Pas-de-Calais


Paradis électoral

À 9 jours du premier tour des élections législatives, l’heure est à la cristallisation. Non pas la cristallisation autour du faux-vrai tract FN dans le très médiatique vrai-faux fief de Marine Le Pen à Hénin Beaumont, mais la cristallisation ordinaire, celle des 360 candidats pour les 33 circonscriptions du Nord et du Pas-de-Calais. 359 puisque le candidat David Bernadini, sans étiquette, est resté à l’état liquide dans la 11e du Nord : « Je me suis retiré par manque de financement. Ça revient à 4.000 voire 5.000 euros rien que pour la campagne officielle. La politique est réservée aux gros partis politiques. » Derrière la naïveté ordinaire de David Bernadini qui bien entendu recueillera 5% des suffrages exprimés que dans ses rêves mouillés pour espérer un remboursement de ses frais de campagne, on se souviendra juste que le système électoral est ainsi organisé pour éviter les candidatures farfelues, même si il n’a pu éviter celle de l’Église de la Très Sainte Consommation qui présente Alessandro Di Guiseppe dans la 1er circonscription du Nord. On se souviendra surtout que les législatives, loi de financement des partis politiques oblige, sont surtout une caisse enregistreuse des formations politiques pour les 5 années à venir et il ne faut pas chercher plus loin la multiplicité des candidatures dans notre région. Alors même si quelques sardines rêvent de nager avec les requins, on s’étonnera tout de même d’avoir vu quelques gros poissons se faire éperonner ou de petits porteurs se faire pigeonner, c’est selon. Les comptes courants du Nouveau Centre ont ainsi été piratés par l’URCID, l’Union des Radicaux, Centristes, Indépendants et Démocrates, une structure off-shore créée en catimini par Jean-Louis Borloo (PR), Laurent Hénart (PR), Jean-Christophe Lagarde (NC) et François Sauvadet (NC). Dans le Nord, des candidats Nouveau Centre ont ainsi signé leur rattachement financier à cette structure programmée pour accueillir un groupe parlementaire à l’Assemblée autour de Jean-Louis Borloo, candidat dans la 21e circonscription du Nord, provocant l’ire d’Hervé Morin, Président du Nouveau Centre. Et quand on sait que même le contorsionniste Marc-Philippe Daubresse, candidat dans la 4e circonscription du Nord, a signé son rattachement financier à l’URCID, pour selon lui jouer les agents doubles, on peut se dire que la société écran a un bel avenir devant elle.

Commentaires Fermés


Perdu dans le désert

François Bayou doit être dans le désert depuis trop longtemps pour ne plus se demander à qui ça sert ces règles truquées du jeu qu’on veut lui fait jouer, les yeux bandés. Le patron du Modem a donc choisi à titre personnel de voter François Hollande sans condition et de laisser ses électeurs faire libre choix. Écartons tout de go “le courage politique” de cette annonce, une fumisterie électoraliste propagée par les supporters hollandais, François Bayrou aura donc, dans cette annonce qui relève du calcul politique, encore eu un train de retard, celui de 2007. Faire un autre choix serait reconnaître qu’il eut tord en 2007 de brader ainsi par égo la force gouvernementale qu’il représentait comme le précise Hervé Morin, mais ce choix arrive 5 ans trop tard selon Ségolène Royal qui insiste, François Bayrou “n’a pas voulu” d’accord avec les socialistes pour la présidentielle, “et d’une certaine façon, il est aussi responsable de ces cinq années qui viennent de s’écouler”. Dur pour un homme soit disant porté par des convictions. Le Modem affirme enfin son inspiration de centre gauche, sociale démocrate, et en termine avec cette imposture de représenter tous les centres. Les barons locaux, de Jacques Richir à Olivier Henno n’ont pas attendu les consignes de leur Pape, pour conforter leur avenir politique et cuisine électorale métropolitaine dans une larmoyante tribune dans Le Monde appelant à voter François Hollande au nom des saintes valeurs. La position de l’ancien libéral François Bayrou, qui n’aura pas corroborer pendant ces 5 années sa supposée intelligence politique, en est réduite aux scénarii du “si” (si le PS éclate en 2007, si l’UMP éclate en 2012) pour exister, pleinement. D’un centre rêvé capable de travailler à condition avec tout le monde, Bayrou en a fait un centre incapable de travailler avec quiconque, avec ou sans condition. Cela aura au moins le mérite de la clarté pour le centre Droit, ces familles démocrates-chrétiens, valoisiennes et démocrate sociaux, pour cet UDF à reconstruire et qui manquait singulièrement au débat lors de cette présidentielle 2012. Jean Arthuis à déjà fait ce pas. Pour ce qui est de François Bayrou, l’homme sera pour la quatrième fois candidat à l’élection présidentielle en 2017 à l’issue de laquelle il ne pourra s’accrocher à un nouveau scénario du “si”, le centre est déjà éclaté, merci François.

Commentaires Fermés


Ego Logique

La torpille est une arme de guerre séduisante. Silencieuse, sous marine, elle permet de couler par le fond de gros bâtiments ou gros porteurs, et il est souvent difficile d’en identifier le lanceur. Tout le contraire en somme de la bruyante et visible roquette. Ce terme ancien, qui désignait jadis une mine, est devenu une ogive mais l’esprit ne change pas. À tel point que le verbe torpiller réveille l’imaginaire, renvoyant à la stratégie et l’art de la guerre, à la conspiration ou au complot. Il y eut ainsi le désormais célèbre torpillage des universités d’été du Nouveau Centre où le soldat Hervé Morin coula la candidature Borloo. Le Navire Morin sauta lui sur sa propre mine en Hiver. Ne reste plus qu’un contrat de législature et un groupe à l’assemblée à négocier pour les 2 hommes. François Bayrou a finalement eu raison une fois et ne reste que la seule embarcation dite centriste sur la mer des candidatures avec un capitaine qui avoue enfin avoir fait une erreur de routage dans l’entre deux tour en 2007. Parti pour un tour du monde, le Manureva de Bayrou a tourné en rond pendant 5 ans. Des jours et des jours tu dérivas. Mais jamais jamais tu n’arrivas. Le Président Candidat a désormais ce qu’il souhaitait, passer en tête à la première bouée, et se laisser porter par les vents, pour la réserve de voix il attendra. Il ne restera si peu de faune et de flore dans cette fumeuse mer des candidatures tant ça a bien torpillé ces derniers mois, et ça torpille encore. De Villepin, Eva Joly, Noël Mamère, Nicolas Hulot, Hervé Morin, Jean-Pierre Chevènement, Marine Le Pen, François Hollande, Jean-Louis Borloo, Christine Boutin, Arnaud Montebourg, Martine Aubry, Cécile Duflot. Torpilleur, torpillé. Avaries, prise d’eau, gréement de fortune. On eu droit à tout. Ce n’est pourtant pas une épreuve de joutes sur mer de type Coupe de l’America dont rêves les électeurs même si elle peut être intéressante à suivre, mais de la constitution d’une armada pour défricher de nouveaux territoires. Au plus profond d’eux mêmes ces capitaines au long cours en rêvent, mais ils n’imaginent aucune autre caravelle que la leur pour conduire l’expédition. Ego logique.

Commentaires Fermés


Pré pas toujours carré

Curieuses élections que ces élections législatives, suffrage uninominal à deux tours, permettant presque au tout venant de se rêver d’un destin national. Le mot presque est d’importance pour une consultation que les appareils politiques essayent de verrouiller à coup de redécoupage de circonscription, de changement de calendrier, et en son temps de mode de scrutin même si le retour de la proportionnelle partielle, et au confortable scrutin de liste, est dans l’air du temps. “Les élus du peuple” se retrouvent dans l’obligation de cultiver leur terrain, d’entretenir leur pré carré, de défendre leur acquis électoral, en essayant de ne point perdre de vue qu’ils sont comptables devant leurs électeurs, et si ce ne sont pas eux, c’est le premier article de la constitution qui leur rappelle. La vindicte populiste crie souvent à la “course au sésame” et parfois certains élus et candidats ne leur font pas mentir, quitte à donner le bâton … Témoin cette candidature parasite de Jean-Pierre Bataille dans les Flandres, Maire de Steenvoorde et Conseiller Régional, qui n’en peut plus d’attendre son tour qui de Jean-Pierre Decool, Député de la 14ème Nord, qui de Françoise Hostalier, député UMP de la 15ème du Nord, le voilà qui se débarrasse de son étiquette UMP qu’il n’avait, selon lui, contracté que pour soutenir Nicolas Sarkozy pour ainsi attaquer de frontal Françoise Hostalier « sans remettre en cause l’élection qui a été la sienne en 2007 ». Ce serait plus facile de dire qu’il veut juste une place. Francis Vercamer, Député Nouveau Centre de Hem dans la 7e du Nord, élu UMP en 2002 avant de rallier le Groupe UDF, veut lui la garder pour un 3e mandat. Premier soutien d’Hervé Morin, Président du Nouveau Centre, pendant 5 ans se faisant l’apôtre de l’autonomie du mouvement centriste notamment lors des Sénatoriales « a pris la décision de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle » dès le 26 janvier. Celui qui trouve que « ces derniers mois, Nicolas Sarkozy s’est d’ailleurs montré bien plus à l’écoute des centristes qu’en début de mandat », quitte à être le seul à le penser, veut-il décemment nous épargner une explication qui relève surtout de la cuisine politique ? La présence du Maire PS de Maubeuge, Rémi Pauvros, dans la nouvelle 3e circonscription tient plus de l’alambiqué que du petit oignon. Celui qui « n’a pas pour ambition de mourir en étant maire de Maubeuge », rêve en effet de beaucoup plus grand, quitte à dégager “ses amis” à la faveur du redécoupage électoral le courageux sortant, Jean-Luc Pérat, et le jeune loup au dents trop longues de 9 petites petites voix, Benjamin Saint-Huile, dans l’intérêt supérieur du territoire, de son territoire politique serait-on tenter d’ajouter. Son territoire ? Il peut se le mettre derrière l’oreille Dominique Baert, député sortant de la 8e circonscription du Nord, carotté sous couvert d’accord national PS-EELV et à qui on cherche une carotte pour éviter qu’il ne revienne par la fenêtre en candidat dissident. Et finalement si ce n’était pas plus facile de ne pas vouloir y aller et d’être forcé d’y aller à la faveur d’un savant savonnage de planche national, comme Jean-Louis Borloo, futur député de la 21ème circonscription du Nord pour la 3e fois. La conclusion revient à Jean-Pierre Decool, « le député est comme un jardinier, la circonscription est son jardin et il va chercher de l’engrais à Paris… ». Il en revient le plus souvent avec du blé et une gloriole visiblement enviée quitte à retrouver une terre clairsemée. La terre brûlée, on la laissera à Jean-Pierre Kucheida et Marine Le Pen.

Commentaires Fermés


Une élection à défaut

Ça commençait à sentir le “burn out”, pour nous comme pour eux, DSK, les primaires, les sénatoriales, le congrès de Reims, la crise, les cantonales, la dette, Martine Aubry, Jean Louis Borloo, Nicolas Sarkozy, le tourbillon, trop de séquences, trop de sentences, trop, trop était trop, le tout plus qu’au petit trot. Au final tout sera par défaut. Nicolas Sarkozy à défaut d’autre, François Hollande à défaut de Dominique Strauss-Kahn, à défaut de Martine Aubry, Hervé Morin à défaut de Jean-Louis Borloo, Eva Joly à défaut de Nicolas Hulot, Marine à défaut de Jean-Marie Le Pen, Jean-Luc Mélanchon à défaut du PC, Philippe Poutou à défaut de Besancenot, Arthaud à défaut d’Arlette, François Bayrou à défaut de François Bayrou. Une élection présidentielle à défaut, une élection qui va se jouer à défaut, une année 2012 à défaut comme une année 1988, et tout cela sonnera faux.

Commentaires Fermés


Méthode et méthode

Vendredi, il y avait visiblement deux “place to be” en Région. La Conférence de Presse Railenium à Valenciennes et le Conseil de Communauté de la LMCU à Lille. D’un côté, Bernard Derosier, Daniel Percheron, Rémi Pauvros, Valérie Létard, Dominique Riquet, Bernard Baudoux … et Jean-Louis Borloo, de retour à Valenciennes, venus soutenir le dossier du ferroviaire valenciennois dans le cadre du Grand Emprunt, cher à René Ricol. De l’autre, René Vandierendonck, Michel-François Delannoy, Martine Aubry relayant la présentation du devenir de la Zone de l’Union de Tourcoing-Roubaix-Wattrelos en Conseil. Deux temps, deux méthodes. La méthode Borloo et la méthode Aubry. D’un côté des élus poids lourds venus pousser le volet recherche du train valenciennois, déjà bien sur rails avec son pôle I-Trans, ses entreprises, sa boucle et sa future boucle sambrienne d’essai et autre AFE, au credo d’un « Tous ensemble » réunissant le spectre des étiquettes politiques et des territoires. De l’autre des images virtuelles sur un projet longtemps virtuel où n’émergent pour l’instant qu’une fin de travaux du CETI, Centre de Textile Innovant (du pôle qui sera en son temps lui aussi candidat au Grand Emprunt), un peignage de la Tossée devenu salle de spectacle et un “bidonville”, de la bouche de Max-André Pick, élu d’opposition Roubaisien, le tout dans une ambiance politique avec le néo-centriste Gérard Vignoble, qui trouvait les temps longs sur ce dossier, chatouillé par l’exécutif rouge-rose-verts-orange de la LMCU. La veille en débat public à la Mairie de Lille, c’est une autre arlésienne dont on posait les jalons, l’avenir du Parc de la Citadelle, déjà vendu par Martine Aubry en 2004 dans le cadre du projet Grimomprez-Jooris 2, c’était le temps où la Méthode Aubry était le passage en force. Certes le dossier Stade fut un plus qu’un caillou dans une chaussure, certes la Zone de l’Union est la plus grosse friche industrielle de France, mais constatons que les consensus politiques lillois se trouvent plus facilement pour faire émerger de terre en temps record des siège de Région, musées et casino que des stades, hôtels d’entreprises high-tech, Hyde ou Central Park, siège décathlonien, Textipôle et autre port de Plaisance. Effets d’annonce à rallonge et chamailleries à répétition tantôt avec la bande à Christian Decocq, tantôt avec la bande à Gérard Vignoble, tantôt avec la bande à Gérard Caudron, tantôt avec la bande à Éric Quiquet, tantôt avec la bande à Pierre Mauroy, tantôt avec la bande des associations, … tels sont les piments de la méthode Aubry, un brin manichéenne, qui saupoudrent une mezze d’économie, culture, aménagement, et autres politiques, présentés surtout comme solidaire. Certes Percheron, Derosier, Pauvros, Baudoux ne participeront pas toujours à la partie de chasse en meute de la bande à Jean-Louis Borloo, mais ne pas jouer avec “le meilleur N°10 pour le Nord-Pas-de-Calais” dixit Percheron, risque de vous envoyer sur le banc de touche. Celle qui veut faire de Lille une terre d’exemple pour son ambition présidentielle de 2012, et qui a rappelé à son impatience Ségolène Royal, se confronte dans le calendrier avec celui qui depuis vendredi veut faire de ce qu’il a fait de Valenciennes, ce qu’il veut faire pour la France en 2012, modèle et méthode comprises, impatience d’Hervé Morin ou non. Alors que Ségolène Royal répondait que le PS n’avait pour l’instant ni candidat et ni projet, Jean-Louis Borloo promettait à ses ouailles que ce serait ici et à eux qu’il l’annoncerait, laissant planer un doute façon Jacques Delors 1995, père de Martine Aubry et adepte d’une encore autre méthode, devant les éternels vents partisans qui érodent bien plus que la pratique politique.

Commentaires Fermés


Étiquettes et incarnation

On connaissait ce fameux papier du Figaro qui avait provoqué l’ire de Pierre Mauroy, alors premier édile lillois, qualifié de “Maire de Droite à Lille et de socialiste à Paris”, dans la même veine, on connaît désormais un communiste à Paris, véritable maire libéral à Saint-Amand-les-Eaux. Alors que le Sud du Département du Nord, Valenciennes, Maubeuge, Avesnes et Cambrai essaye de s’organiser en pôle métropolitain, Alain Bocquet, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient de fermer sa porte en tant que Président de la Communauté d’Agglomération des Portes du Hainaut, qu’il faudra désormais appeler des Portes de Lille. Estimant qu’il ne faut pas jouer contre l’Aire Métropolitaine Lilloise, en stigmatisant la fausse bonne idée de rassembler les « pauvres entre eux » (sic), à « se ghettoïser en ajoutant ses misères », invoquant Bruno Bonduelle et « à aller vers le haut avec les plus riches », Alain Bocquet n’en n’est pas à ses premières contradictions, un peu comme si une Vice-Présidente Communiste de la LMCU portait un Grand Stade d’inspiration libérale de 55.000 places et 400 millions d’euros de budget. Étiquette, étiquette, … Frédéric Lamblin, qui « a ressenti comme un appel » en se rendant au Palais Bourbon (beaucoup d’«appelés» mais peu d’élus) est désormais candidat à la députation, mais avec quelle étiquette ? Le Patron de la CGPME locale et remplaçant de l’insoumise Dorothée Da Silva à la présidence de Lille Grand Palais, devra pourtant choisir, lui qui fait partie du package des ex-UDF Modem Richir-Henno qui s’est vendu à Martine Aubry en 2008. UDF ? Modem ? PS ? Celui qui voit Strauss Kahn Président, Aubry Premier Ministre et Linkenheld, Ministre du Logement, (laissons déjà la très protégée devenir Sénatrice), devra surtout répondre de l’inutilité politique du Modem le moment venu. Denis Vinckier, également Modem, en sait quelque chose, lui qui envisageait de succéder à Yves Durand à la tête de Lomme. Cet UDF qui s’était assis dans le fauteuil d’Arthur Notebart au Conseil Général avec les voix de la droite en 2001 en opposant farouche à la fusion Lille-Lomme-Hellemmes aura tout perdu en 2008. Il aura surtout tout laissé à Roger Vicot, son siège de Conseiller Général, comme celui de Maire de Lomme. Comme quoi, tout reste dans la famille PS. Pierre Ferrari n’en fait plus parti. Pour deux ans, c’est acté. Le Modem l’a également lâché, preuve que le “National” entend être ferme. Suspendu, tout comme les MJS d’Hénin Carvin et leur site internet, Ferrari en a cure. C’est une assignation en justice qui attend le PS et une candidature confirmée aux Cantonales. Il serait étonnant qu’il ait Marion Anne Perrine Le Pen face à lui, tant la Frontiste cumule les mandats comme les prénoms. Conseillère Municipale, Députée Européenne, Conseillère Régionale, Marine Le Pen ne doit sa présence dans ces trois institutions qu’à des recours électoraux en justice, le temps de claironner sa petite musique. Elle attend désormais le résultat du plébiscite interne du FN pour foncer vers la présidentielle 2012. Là, ce n’est pas une étiquette mais une marque qui sera entretenue. Tenu, Hervé Morin l’est par ses militants. Sa vraie-fausse candidature à la présidentielle par la voix de Jean-Marie Cavada l’aura rappelé. Et à l’image de Maurice Leroy, un ex-communiste devenu Nouveau Centre et maintenant Ministre, c’est la base qui décide. Et la base a plutôt envie d’une confédération centriste avec les Radicaux d’où émergerait un candidat. François Dubout, ex-candidat aux Régionales, lui, émerge de l’actualité. Bientôt Conseiller Culturel à l’ambassadeur de France en Estonie, le saltimbanque politique restera dans l’histoire le plus gros cumulards d’étiquettes politiques : RPF, FN, PDF, CNI-UMP. Celui qui confie son intérêt pour Dominique de Villepin ou Jean-Luc Mélenchon, a peut-être la réponse ultime aux (petits) tracas politiques : « On rate des opportunités à cause d’anciens clivages et de verrous rouillés », lui qui voudrait faire valser les étiquettes … partisanes. C’est vrai, se passer de mouvements et d’étiquettes politiques, de militants, d’idées et pourquoi pas d’élections, Bocquet, Lamblin, Richir, Henno, Vinckier, Linkenheld, Morin, Dubout, et autres Daubresse, Vignoble, Caudron, Vanlerenberghe, Vandierendonck, … ne diraient-ils pas non ? À croire que l’objet est plus de s’incarner que d’incarner.

Commentaires Fermés


Modem de Droite

Que reste-t-il du Modem ? Deux députés et des sénateurs. Denis Badré, Jean-Jacques Jegou, Didier Borotra, Marcel Deneux, Anne-Marie Payet, Adrien Giraud, Jacqueline Gouraud et … Jean-Marie Vanlerenberghe, Sénateur Maire d’Arras. Soit les derniers bédouins de la formation positionnée Centre Gauche depuis le second tour de la présidentielle 2007. Les marcheurs du désert politique sont également les derniers de l’ex-UDF à se présenter au suffrage universel … indirect à la faveur des élections sénatoriales de l’automne 2011. Hervé Morin, les députés UDF et sénateurs UDF ont fait sécession depuis longtemps, depuis la législative de 2007, motivant la création du Nouveau Centre. Entre temps, les Sénateurs Arthuis, About, Morin-Desailly ont quitté le radeau, Michel Mercier garde les sceaux. Philippe Arnaud, Philippe Nogrix sont déjà tombés au front lors du renouvellement sénatorial de septembre 2008. À force de ne pas choisir entre la Droite et la Gauche, Nogrix a pris un vent, Philippe Arnaud s’est fait hara-kiri sur une liste UDFD torpillant du même coup la liste UMP de Charente. Vice-président du Modem, “Ministre du Travail” dans le Shadow Cabinet du Shadow Président Bayrou, Candidat à sa propre succession, Jean-Marie Vanlerenberghe se retrouve en Septembre 2011 sur le grill, tout comme Jacqueline Gouraud, autre figure de la garde (très) rapprochée de François Bayrou. Plus que sur des oeufs, JMV va devoir marcher sur l’eau pour s’asseoir de nouveau dans son siège de Sénateur. En tournée électorale depuis deux ans, le Maire d’Arras, pourfendeur de la félonne Corinne Lepage (Européennes 2009) et de la réforme des retraites, a déjà la parade : “Dans les élections territoriales, chacun le sait bien, ce n’est pas l’étiquette qui compte, c’est l’homme”. Problème, les Sénatoriales ne sont pas un scrutin uninominal, mais bien un scrutin de liste, dans lequel il faut écrire le nom d’autres hommes (et de femmes) qui, quoiqu’en dise l’édile arrageois, ont des étiquettes (politiques). Ainsi lors des élections municipales de 2008, Vanlerenberghe s’était brillement fait réélire dès le premier tour avec Philippe Rapeneau (UMP) avec au passage, le ralliement de deux ex-socialistes et d’un communiste. Comme en écho, Jacques Richir rejoignait Martine Aubry à la Mairie de Lille, et Olivier Henno à la LMCU. Plus proche de lui, le Modem d’Olivier Gacquerre torpillait la liste Mellick à Béthune. C’était le bon temps. Depuis, deux élections à la proportionnelle qui devaient leur être favorables ont balayé le Modemisme rêvé de François “Henry IV” Bayrou : Les Européennes et surtout les Régionales. Pire que l’imposture politique du perpétuel candidat à la présidentiel, c’est l’impasse politique du Modem qui surgissait (enfin, diront certains) au grand jour. Vu la jurisprudence Philippe Arnaud, Vu Daniel Percheron, Candidat socialiste PS du Pas-de-Calais n’ayant ni place, ni volonté d’accueillir, il est fort à parier Jean-Marie Vanlerenberghe ne pourra faire autrement que “composer” avec des UMP sur sa liste. Voici un “dossier” que Daniel Fasquelle, nouveau patron de la fédé UMP du 62, aura bientôt sur son bureau. JMV n’a pas encore les articulations du contorsionniste MPhD mais gageons que c’est surtout l’ire des (nombreux et actifs) militants du Modem, dont il est aussi responsable, qui risquent de lui faire mal aux oreilles. Un accroc à la pureté originelle ? Pensez donc …

Commentaires Fermés


Contorsionnisme

Thierry Lazaro est tombé ce week-end à Mouvaux, étouffé par le “Gros Nounours” de Marc-Philippe Daubresse à la faveur de l’élection interne au sein de la fédération UMP du Nord. Le député-maire du Pévèle n’a donc pas eu la revanche qu’il fomentait depuis les élections régionales 2010. Finie “la fédération du Coup de Gueule”, la campagne interne “sereine” a débouché sur quelques bons mots, “Je n’ai jamais tapé sur ma famille politique, je ne vais pas commencer”, dixit Lazaro (Jacques Vernier appréciera), “ce n’est pas la première fois qu’on se tape sur le groin” (sic) du même Lazaro ou “Les membres du comité ont le choix entre l’Union pour un mouvement populaire et la désunion pour un mouvement populiste” dixit Marc-Philippe Daubresse. La messe fût enfin dite et Thierry Lazaro, battu, de conclure “j’embêterai le monde pour que les présidents soient élus avec le suffrage direct de l’ensemble des militants”. Pour un désormais ex-Secrétaire Départemental de l’UMP, nommé et jamais ratifié, et donc non issu de la démocratie militante comme il se prévalait, c’est une sortie dans la “dignité”. L’honneur de l’UMP Nord en est tout de même sauf, les Daubresse-Lazaro se retrouvant sur la “menace centriste”, en l’occurrence l’épouvantail Nouveau Centre. Pour Lazaro, “l’UMP n’est plus respectée, même à Mons-en-Baroeul”, c’est dire ! Pour Daubresse, “Valérie Létard n’était stratégiquement pas un bon choix” pour la régionale (l’Élysée appréciera), “on avait en face de nous Marine Le Pen. Dans un contexte où le FN faisait du populisme, Thierry Lazaro était une candidature valable”. Pour être plus populiste que la Reine Marine n’aurait-il point fallu finalement mettre en tête de liste l’original (Christian Vanneste) plus que la copie (Thierry Lazaro) ? C’est à se demander, mais le Caporal en Chef Daubresse a la réponse : “Après c’est parce que Nicolas Sarkozy nous demande de soutenir Valérie qu’on la soutient”. On reconnaîtra là tout le contorsionnisme de Marc-Philippe Daubresse, dont la sortie du gouvernement relève certainement d’une nouvelle erreur stratégique de l’Élysée. Ministre en CDD de 7 mois, renouvelé trois fois, MPhD aura encore endossé les habits du Caméléon lors cette folle semaine. Évincé du Gouvernement, Daubresse s’est d’abord souvenu qu’il était Centriste de l’UMP, s’imposant comme Borlooiste solidaire le Dimanche et Lundi soir, rappelant avec ostentation qu’il faisait parti de la charrette centriste Borloo, Morin, Létard, Idrac, … “Je pense surtout que personne ne lui a demandé de rester” résumait alors Thierry Lazaro. Une “sortie” en centriste à une nuance (et quelle nuance), celle que “Borloo serait un excellent Premier ministre en 2012 ». “Sarkozyste convaincu”, MPhD récupère le mercredi “un plat de lentille” en l’occurrence le poste de Secrétaire Général Adjoint de l’UMP auprès de Jean-François Copé, pour représenter la famille Centriste de l’UMP, alors que dans le même temps Hervé Morin et Jean Arthuis enjoignent Jean-Louis Borloo et le Parti Radical de quitter l’UMP pour réaliser le dessein centriste. En fin de semaine, le Président Régional de l’UMP a cru bon de briguer également la Présidence du Nord pour faire barrage à la tendance Lazariste au sein d’une “fédération traumatisée par les Régionales (et donc par les Centristes)”. Objectif rempli. Marc-Philippe Daubresse s’apprêterait-il désormais à nous sortir une dernière figure de style en se présentant aux Sénatoriales 2011 sur la même liste que … les Centristes ? Rien n’est moins sûr. On eut cru un moment que les “Centristes de l’UMP” était le courant de ces élus UDF qui rejoignaient le Parti Unique mais force est de constater qu’il s’agit désormais d’une appellation d’origine incontrôlée inventée pour épouser les contorsions de ce sacré MPhD. Seule la Présidence de la LMCU y a résisté, et comment !

Commentaires Fermés



Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.