Filed under: Billet | Tags: Alessandro Di Guiseppe, David Bernadini, François Sauvadet, Hervé Morin, Jean Louis Borloo, Jean-Christophe Lagarde, Laurent Hénart, Législatives, Marc-Philippe Daubresse, Marine Le Pen, URCID
À 9 jours du premier tour des élections législatives, l’heure est à la cristallisation. Non pas la cristallisation autour du faux-vrai tract FN dans le très médiatique vrai-faux fief de Marine Le Pen à Hénin Beaumont, mais la cristallisation ordinaire, celle des 360 candidats pour les 33 circonscriptions du Nord et du Pas-de-Calais. 359 puisque le candidat David Bernadini, sans étiquette, est resté à l’état liquide dans la 11e du Nord : « Je me suis retiré par manque de financement. Ça revient à 4.000 voire 5.000 euros rien que pour la campagne officielle. La politique est réservée aux gros partis politiques. » Derrière la naïveté ordinaire de David Bernadini qui bien entendu recueillera 5% des suffrages exprimés que dans ses rêves mouillés pour espérer un remboursement de ses frais de campagne, on se souviendra juste que le système électoral est ainsi organisé pour éviter les candidatures farfelues, même si il n’a pu éviter celle de l’Église de la Très Sainte Consommation qui présente Alessandro Di Guiseppe dans la 1er circonscription du Nord. On se souviendra surtout que les législatives, loi de financement des partis politiques oblige, sont surtout une caisse enregistreuse des formations politiques pour les 5 années à venir et il ne faut pas chercher plus loin la multiplicité des candidatures dans notre région. Alors même si quelques sardines rêvent de nager avec les requins, on s’étonnera tout de même d’avoir vu quelques gros poissons se faire éperonner ou de petits porteurs se faire pigeonner, c’est selon. Les comptes courants du Nouveau Centre ont ainsi été piratés par l’URCID, l’Union des Radicaux, Centristes, Indépendants et Démocrates, une structure off-shore créée en catimini par Jean-Louis Borloo (PR), Laurent Hénart (PR), Jean-Christophe Lagarde (NC) et François Sauvadet (NC). Dans le Nord, des candidats Nouveau Centre ont ainsi signé leur rattachement financier à cette structure programmée pour accueillir un groupe parlementaire à l’Assemblée autour de Jean-Louis Borloo, candidat dans la 21e circonscription du Nord, provocant l’ire d’Hervé Morin, Président du Nouveau Centre. Et quand on sait que même le contorsionniste Marc-Philippe Daubresse, candidat dans la 4e circonscription du Nord, a signé son rattachement financier à l’URCID, pour selon lui jouer les agents doubles, on peut se dire que la société écran a un bel avenir devant elle.
Filed under: Billet | Tags: Arnaud Montebourg, Cécile Duflot, Christine Boutin, De Villepin, Eva Joly, François Bayrou, François Hollande, Hervé Morin, Jean Louis Borloo, Jean-Pierre Chevènement, Marine Le Pen, Martine Aubry, Nicolas Hulot, Noël Mamère, Nouveau Centre
La torpille est une arme de guerre séduisante. Silencieuse, sous marine, elle permet de couler par le fond de gros bâtiments ou gros porteurs, et il est souvent difficile d’en identifier le lanceur. Tout le contraire en somme de la bruyante et visible roquette. Ce terme ancien, qui désignait jadis une mine, est devenu une ogive mais l’esprit ne change pas. À tel point que le verbe torpiller réveille l’imaginaire, renvoyant à la stratégie et l’art de la guerre, à la conspiration ou au complot. Il y eut ainsi le désormais célèbre torpillage des universités d’été du Nouveau Centre où le soldat Hervé Morin coula la candidature Borloo. Le Navire Morin sauta lui sur sa propre mine en Hiver. Ne reste plus qu’un contrat de législature et un groupe à l’assemblée à négocier pour les 2 hommes. François Bayrou a finalement eu raison une fois et ne reste que la seule embarcation dite centriste sur la mer des candidatures avec un capitaine qui avoue enfin avoir fait une erreur de routage dans l’entre deux tour en 2007. Parti pour un tour du monde, le Manureva de Bayrou a tourné en rond pendant 5 ans. Des jours et des jours tu dérivas. Mais jamais jamais tu n’arrivas. Le Président Candidat a désormais ce qu’il souhaitait, passer en tête à la première bouée, et se laisser porter par les vents, pour la réserve de voix il attendra. Il ne restera si peu de faune et de flore dans cette fumeuse mer des candidatures tant ça a bien torpillé ces derniers mois, et ça torpille encore. De Villepin, Eva Joly, Noël Mamère, Nicolas Hulot, Hervé Morin, Jean-Pierre Chevènement, Marine Le Pen, François Hollande, Jean-Louis Borloo, Christine Boutin, Arnaud Montebourg, Martine Aubry, Cécile Duflot. Torpilleur, torpillé. Avaries, prise d’eau, gréement de fortune. On eu droit à tout. Ce n’est pourtant pas une épreuve de joutes sur mer de type Coupe de l’America dont rêves les électeurs même si elle peut être intéressante à suivre, mais de la constitution d’une armada pour défricher de nouveaux territoires. Au plus profond d’eux mêmes ces capitaines au long cours en rêvent, mais ils n’imaginent aucune autre caravelle que la leur pour conduire l’expédition. Ego logique.
Filed under: Billet | Tags: Benjamin Saint Huile, Dominique Baert, Françoise Hostalier, Francis Vercamer, Hervé Morin, Jean Louis Borloo, Jean-Luc Pérat, Jean-Pierre Bataille, Jean-Pierre Decool, Jean-Pierre Kucheida, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Rémi Pauvros
Curieuses élections que ces élections législatives, suffrage uninominal à deux tours, permettant presque au tout venant de se rêver d’un destin national. Le mot presque est d’importance pour une consultation que les appareils politiques essayent de verrouiller à coup de redécoupage de circonscription, de changement de calendrier, et en son temps de mode de scrutin même si le retour de la proportionnelle partielle, et au confortable scrutin de liste, est dans l’air du temps. “Les élus du peuple” se retrouvent dans l’obligation de cultiver leur terrain, d’entretenir leur pré carré, de défendre leur acquis électoral, en essayant de ne point perdre de vue qu’ils sont comptables devant leurs électeurs, et si ce ne sont pas eux, c’est le premier article de la constitution qui leur rappelle. La vindicte populiste crie souvent à la “course au sésame” et parfois certains élus et candidats ne leur font pas mentir, quitte à donner le bâton … Témoin cette candidature parasite de Jean-Pierre Bataille dans les Flandres, Maire de Steenvoorde et Conseiller Régional, qui n’en peut plus d’attendre son tour qui de Jean-Pierre Decool, Député de la 14ème Nord, qui de Françoise Hostalier, député UMP de la 15ème du Nord, le voilà qui se débarrasse de son étiquette UMP qu’il n’avait, selon lui, contracté que pour soutenir Nicolas Sarkozy pour ainsi attaquer de frontal Françoise Hostalier « sans remettre en cause l’élection qui a été la sienne en 2007 ». Ce serait plus facile de dire qu’il veut juste une place. Francis Vercamer, Député Nouveau Centre de Hem dans la 7e du Nord, élu UMP en 2002 avant de rallier le Groupe UDF, veut lui la garder pour un 3e mandat. Premier soutien d’Hervé Morin, Président du Nouveau Centre, pendant 5 ans se faisant l’apôtre de l’autonomie du mouvement centriste notamment lors des Sénatoriales « a pris la décision de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle » dès le 26 janvier. Celui qui trouve que « ces derniers mois, Nicolas Sarkozy s’est d’ailleurs montré bien plus à l’écoute des centristes qu’en début de mandat », quitte à être le seul à le penser, veut-il décemment nous épargner une explication qui relève surtout de la cuisine politique ? La présence du Maire PS de Maubeuge, Rémi Pauvros, dans la nouvelle 3e circonscription tient plus de l’alambiqué que du petit oignon. Celui qui « n’a pas pour ambition de mourir en étant maire de Maubeuge », rêve en effet de beaucoup plus grand, quitte à dégager “ses amis” à la faveur du redécoupage électoral le courageux sortant, Jean-Luc Pérat, et le jeune loup au dents trop longues de 9 petites petites voix, Benjamin Saint-Huile, dans l’intérêt supérieur du territoire, de son territoire politique serait-on tenter d’ajouter. Son territoire ? Il peut se le mettre derrière l’oreille Dominique Baert, député sortant de la 8e circonscription du Nord, carotté sous couvert d’accord national PS-EELV et à qui on cherche une carotte pour éviter qu’il ne revienne par la fenêtre en candidat dissident. Et finalement si ce n’était pas plus facile de ne pas vouloir y aller et d’être forcé d’y aller à la faveur d’un savant savonnage de planche national, comme Jean-Louis Borloo, futur député de la 21ème circonscription du Nord pour la 3e fois. La conclusion revient à Jean-Pierre Decool, « le député est comme un jardinier, la circonscription est son jardin et il va chercher de l’engrais à Paris… ». Il en revient le plus souvent avec du blé et une gloriole visiblement enviée quitte à retrouver une terre clairsemée. La terre brûlée, on la laissera à Jean-Pierre Kucheida et Marine Le Pen.
Filed under: Billet | Tags: DSK, Jean Louis Borloo, Martine Aubry, Nicolas Hulot, Ségolène Royal
La Présidentielle, l’élection suprême de la Ve république française, nous la joue parfois quatre saisons de Vivaldi. Les légèretés au moment des premières moissons, celles de l’aventurier DSK, celles de l’aventure Borloo, celles de l’ex-aventurier Hulot. Puis vient l’automne, la saison des choix, où la nature reprend ses droits et ceux qui ne passeront pas l’hiver. Ségolène Royal, Nicolas Hulot, Martine Aubry, Jean-Louis Borloo et la toute la litanie. Aux premiers frimas, on fait ses comptes, ce grain à moudre ou pas, ces 500 signatures, on n’y est ou on n’y est pas. Puis viendra le printemps, et celui qui fera germer son idée l’emportera. Après quand finira l’été on récoltera ou on récoltera.
Filed under: Billet | Tags: Besancenot, Dominique Strauss-Kahn, DSK, Eva Joly, François Bayrou, François Hollande, Hervé Morin, Jean Louis Borloo, Jean-Luc Mélanchon, Jean-Marie Le Pen, Martine Aubry, Nathalie Arthaud, Nicolas Sarkozy, Philippe Poutou
Ça commençait à sentir le “burn out”, pour nous comme pour eux, DSK, les primaires, les sénatoriales, le congrès de Reims, la crise, les cantonales, la dette, Martine Aubry, Jean Louis Borloo, Nicolas Sarkozy, le tourbillon, trop de séquences, trop de sentences, trop, trop était trop, le tout plus qu’au petit trot. Au final tout sera par défaut. Nicolas Sarkozy à défaut d’autre, François Hollande à défaut de Dominique Strauss-Kahn, à défaut de Martine Aubry, Hervé Morin à défaut de Jean-Louis Borloo, Eva Joly à défaut de Nicolas Hulot, Marine à défaut de Jean-Marie Le Pen, Jean-Luc Mélanchon à défaut du PC, Philippe Poutou à défaut de Besancenot, Arthaud à défaut d’Arlette, François Bayrou à défaut de François Bayrou. Une élection présidentielle à défaut, une élection qui va se jouer à défaut, une année 2012 à défaut comme une année 1988, et tout cela sonnera faux.
Filed under: Billet | Tags: 2012, confédération des centres, Dominique De Villepin, DSK, François Bayrou, François Hollande, Jacques Delors, Jean Louis Borloo, Marc-Philippe Daubresse, Martine Aubry, Modem, Nicolas Hulot, Parti Radical, Pierre Moscovici, Ségolène Royal, UMP
“Je quitte évidemment l’UMP”. Le jour de ses 60 ans, Jean-Louis Borloo, Président du Parti Radical, a pris le chemin de la présidentielle 2012 au détour d’une émission plutôt rafraîchissante quant à la pratique du discours politique. Du Borloo dans le texte et dans le geste donnant vie à cette confédération des centres, du Borloo qui enthousiasme des Radicaux de Gauche au ex-sarkozyste, du Borloo qui perce immédiatement dans les sondages et donc du Borloo qui fait grincer beaucoup de dents, beaucoup. Celles de certains parlementaires UMP d’abord qui l’accusent de division, celles de Marc-Philippe Daubresse qui a force de faire le grand écart s’en trouve écartelé, celles du candidat de l’inutile Dominique De Villepin qui se rêve gaulliste sur une rancoeur personnelle, celles des partisans de “DSK”, Pierre Moscovici en tête, qui sentent poindre le danger d’un espace politique rétréci, celles de François Hollande qui va jusqu’à affirmer que le prochain président de la République ne pouvait “être que socialiste” (sic), celles des écolos apparatchiks pour qui Borloo est un écolo de façade, et surtout celles de François Bayrou, candidat 2012 depuis 2007. L’égocentriste, responsable du schisme des centres, aura en l’espace de 5 ans entretenu une ambition personnelle, détruit un parti, dispersé des parlementaires, égaré des militants et perdu toutes les élections intermédiaires. Tout le contraire en somme du Candidat Borloo qui affirme entretenir une ambition collective, reconstruire un appareil, réunir des parlementaires, rassembler des militants et réellement peser sur un second tour. Depuis Borloo, Hulot et De Villepin sont sortis du bois, une multiplication de candidatures qui fit ironiser François Bayrou sur la “saison des champignons”, mais le vrai parasite de cette élection présidentielle est bien le Président du Modem. Borloo, Bayrou, il y en aura qu’un. Question appareil, espoir, Borloo est largement gagnant, question cuisine politique, Bayrou est vainqueur car inoffensif pour l’ensemble de ses adversaires. Borloo capable de rassembler radicaux, gaullistes, chrétiens-démocrates, socio-démocrates et écolo-démocrates, forcément ça dérange plus qu’aux entournures au point que certains tentent de le faire passer pour un “agent double”. Le pathétisme des “candidats 2012 depuis 2007″ que sont Bayrou, De Villepin et Royal nous rappelle que la vérité d’une élection présidentielle n’est jamais celle de la suivante. On se souvient ainsi que Jacques Delors ne s’était finalement jamais présenté à l’élection présidentielle de 1995 de peur, narrent ses mémoires, de se faire imposer un projet socialiste qui ne fut le sien. Le 4 avril 2011, sa propre fille, Martine Aubry, présente le projet des socialistes, “L’avenir aime la France” et l’impose par une simple déclaration : «On n’est pas candidat pour le PS si on ne défend pas le projet des socialistes».
Filed under: Billet | Tags: Bernard Baudoux, Bernard Derosier, Christian Decocq, Daniel Percheron, Dominique Riquet, Gérard Caudron, Gérard Vignoble, Hervé Morin, Jacques Delors, Jean Louis Borloo, LMCU, Martine Aubry, Max-André Pick, Michel-François Delannoy, Pierre Mauroy, Rémi Pauvros, René Ricol, René Vandierendonck, Roubaix, Ségolène Royal, Tourcoing, Valérie Létard, Wattrelos
Vendredi, il y avait visiblement deux “place to be” en Région. La Conférence de Presse Railenium à Valenciennes et le Conseil de Communauté de la LMCU à Lille. D’un côté, Bernard Derosier, Daniel Percheron, Rémi Pauvros, Valérie Létard, Dominique Riquet, Bernard Baudoux … et Jean-Louis Borloo, de retour à Valenciennes, venus soutenir le dossier du ferroviaire valenciennois dans le cadre du Grand Emprunt, cher à René Ricol. De l’autre, René Vandierendonck, Michel-François Delannoy, Martine Aubry relayant la présentation du devenir de la Zone de l’Union de Tourcoing-Roubaix-Wattrelos en Conseil. Deux temps, deux méthodes. La méthode Borloo et la méthode Aubry. D’un côté des élus poids lourds venus pousser le volet recherche du train valenciennois, déjà bien sur rails avec son pôle I-Trans, ses entreprises, sa boucle et sa future boucle sambrienne d’essai et autre AFE, au credo d’un « Tous ensemble » réunissant le spectre des étiquettes politiques et des territoires. De l’autre des images virtuelles sur un projet longtemps virtuel où n’émergent pour l’instant qu’une fin de travaux du CETI, Centre de Textile Innovant (du pôle qui sera en son temps lui aussi candidat au Grand Emprunt), un peignage de la Tossée devenu salle de spectacle et un “bidonville”, de la bouche de Max-André Pick, élu d’opposition Roubaisien, le tout dans une ambiance politique avec le néo-centriste Gérard Vignoble, qui trouvait les temps longs sur ce dossier, chatouillé par l’exécutif rouge-rose-verts-orange de la LMCU. La veille en débat public à la Mairie de Lille, c’est une autre arlésienne dont on posait les jalons, l’avenir du Parc de la Citadelle, déjà vendu par Martine Aubry en 2004 dans le cadre du projet Grimomprez-Jooris 2, c’était le temps où la Méthode Aubry était le passage en force. Certes le dossier Stade fut un plus qu’un caillou dans une chaussure, certes la Zone de l’Union est la plus grosse friche industrielle de France, mais constatons que les consensus politiques lillois se trouvent plus facilement pour faire émerger de terre en temps record des siège de Région, musées et casino que des stades, hôtels d’entreprises high-tech, Hyde ou Central Park, siège décathlonien, Textipôle et autre port de Plaisance. Effets d’annonce à rallonge et chamailleries à répétition tantôt avec la bande à Christian Decocq, tantôt avec la bande à Gérard Vignoble, tantôt avec la bande à Gérard Caudron, tantôt avec la bande à Éric Quiquet, tantôt avec la bande à Pierre Mauroy, tantôt avec la bande des associations, … tels sont les piments de la méthode Aubry, un brin manichéenne, qui saupoudrent une mezze d’économie, culture, aménagement, et autres politiques, présentés surtout comme solidaire. Certes Percheron, Derosier, Pauvros, Baudoux ne participeront pas toujours à la partie de chasse en meute de la bande à Jean-Louis Borloo, mais ne pas jouer avec “le meilleur N°10 pour le Nord-Pas-de-Calais” dixit Percheron, risque de vous envoyer sur le banc de touche. Celle qui veut faire de Lille une terre d’exemple pour son ambition présidentielle de 2012, et qui a rappelé à son impatience Ségolène Royal, se confronte dans le calendrier avec celui qui depuis vendredi veut faire de ce qu’il a fait de Valenciennes, ce qu’il veut faire pour la France en 2012, modèle et méthode comprises, impatience d’Hervé Morin ou non. Alors que Ségolène Royal répondait que le PS n’avait pour l’instant ni candidat et ni projet, Jean-Louis Borloo promettait à ses ouailles que ce serait ici et à eux qu’il l’annoncerait, laissant planer un doute façon Jacques Delors 1995, père de Martine Aubry et adepte d’une encore autre méthode, devant les éternels vents partisans qui érodent bien plus que la pratique politique.
Filed under: Billet | Tags: Christian Vanneste, Hervé Morin, Jacques Vernier, Jean Arthuis, Jean Louis Borloo, Marc-Philippe Daubresse, Nicolas Sarkozy, Nord, Nouveau Centre, Thierry Lazaro, UDF, UMP, Valérie Létard
Thierry Lazaro est tombé ce week-end à Mouvaux, étouffé par le “Gros Nounours” de Marc-Philippe Daubresse à la faveur de l’élection interne au sein de la fédération UMP du Nord. Le député-maire du Pévèle n’a donc pas eu la revanche qu’il fomentait depuis les élections régionales 2010. Finie “la fédération du Coup de Gueule”, la campagne interne “sereine” a débouché sur quelques bons mots, “Je n’ai jamais tapé sur ma famille politique, je ne vais pas commencer”, dixit Lazaro (Jacques Vernier appréciera), “ce n’est pas la première fois qu’on se tape sur le groin” (sic) du même Lazaro ou “Les membres du comité ont le choix entre l’Union pour un mouvement populaire et la désunion pour un mouvement populiste” dixit Marc-Philippe Daubresse. La messe fût enfin dite et Thierry Lazaro, battu, de conclure “j’embêterai le monde pour que les présidents soient élus avec le suffrage direct de l’ensemble des militants”. Pour un désormais ex-Secrétaire Départemental de l’UMP, nommé et jamais ratifié, et donc non issu de la démocratie militante comme il se prévalait, c’est une sortie dans la “dignité”. L’honneur de l’UMP Nord en est tout de même sauf, les Daubresse-Lazaro se retrouvant sur la “menace centriste”, en l’occurrence l’épouvantail Nouveau Centre. Pour Lazaro, “l’UMP n’est plus respectée, même à Mons-en-Baroeul”, c’est dire ! Pour Daubresse, “Valérie Létard n’était stratégiquement pas un bon choix” pour la régionale (l’Élysée appréciera), “on avait en face de nous Marine Le Pen. Dans un contexte où le FN faisait du populisme, Thierry Lazaro était une candidature valable”. Pour être plus populiste que la Reine Marine n’aurait-il point fallu finalement mettre en tête de liste l’original (Christian Vanneste) plus que la copie (Thierry Lazaro) ? C’est à se demander, mais le Caporal en Chef Daubresse a la réponse : “Après c’est parce que Nicolas Sarkozy nous demande de soutenir Valérie qu’on la soutient”. On reconnaîtra là tout le contorsionnisme de Marc-Philippe Daubresse, dont la sortie du gouvernement relève certainement d’une nouvelle erreur stratégique de l’Élysée. Ministre en CDD de 7 mois, renouvelé trois fois, MPhD aura encore endossé les habits du Caméléon lors cette folle semaine. Évincé du Gouvernement, Daubresse s’est d’abord souvenu qu’il était Centriste de l’UMP, s’imposant comme Borlooiste solidaire le Dimanche et Lundi soir, rappelant avec ostentation qu’il faisait parti de la charrette centriste Borloo, Morin, Létard, Idrac, … “Je pense surtout que personne ne lui a demandé de rester” résumait alors Thierry Lazaro. Une “sortie” en centriste à une nuance (et quelle nuance), celle que “Borloo serait un excellent Premier ministre en 2012 ». “Sarkozyste convaincu”, MPhD récupère le mercredi “un plat de lentille” en l’occurrence le poste de Secrétaire Général Adjoint de l’UMP auprès de Jean-François Copé, pour représenter la famille Centriste de l’UMP, alors que dans le même temps Hervé Morin et Jean Arthuis enjoignent Jean-Louis Borloo et le Parti Radical de quitter l’UMP pour réaliser le dessein centriste. En fin de semaine, le Président Régional de l’UMP a cru bon de briguer également la Présidence du Nord pour faire barrage à la tendance Lazariste au sein d’une “fédération traumatisée par les Régionales (et donc par les Centristes)”. Objectif rempli. Marc-Philippe Daubresse s’apprêterait-il désormais à nous sortir une dernière figure de style en se présentant aux Sénatoriales 2011 sur la même liste que … les Centristes ? Rien n’est moins sûr. On eut cru un moment que les “Centristes de l’UMP” était le courant de ces élus UDF qui rejoignaient le Parti Unique mais force est de constater qu’il s’agit désormais d’une appellation d’origine incontrôlée inventée pour épouser les contorsions de ce sacré MPhD. Seule la Présidence de la LMCU y a résisté, et comment !
Filed under: Billet | Tags: Centre, François Bayrou, François Sauvadet, Jean Arthuis, Jean Louis Borloo, Jean Marie Bockel, Nicolas Sarkozy, Pierre Méhaignerie, UDF
Le Centre n’appartient à personne, mais force est de constater qu’en ce moment, il appartient à tout le monde, tout du moins son espace électoral. Bayrou, Borloo, Méhaignerie, Morin, Bockel, Arthuis, voire De Villepin et depuis ce week-end EELV et une main tendue de Royal, beaucoup aimerait s’en abroger l’électorat, véritable clé de voûte de toute élection sous la Ve République. La dynamique François Bayrou en 2007 a illustré une espérance centriste partagée par 7 millions d’électeurs. Elle aura surtout rappelé une existence. Droite et Gauche, on en avait oublié qu’il y avait un Centre. Toute grande histoire a un commencement. Le commencement pour François Bayrou fut cette porte justement claquée en 2002 au nez de Jacques Chirac suite à la constitution d’un gouvernement RPR après le traumatisme du 21 avril, précédant la création du parti unique. Le Béarnais catalysa les centristes, mais au moment crucial de l’entre-deux tours, il les dynamita en rompant avec l’indépendance dont il se targuait. Le “Ni Sarkozy, Ni Royal” du 1er tour de la présidentielle, ne devint pas le “Avec Sarkozy ou Avec Royal” du 2e tour, mais un “Tous sauf Sarkozy”. Des grandes histoires se terminent aussi en petite. Pêcher d’orgueil mais surtout d’égocentrisme, l’histoire est connue. L’erreur politique aussi. L’éclatement inéluctable. Saint François s’est perdu dans le désert de la Sociale Démocratie. Aucun prophète n’annonce de résurrection. Nonobstant, le candidat à la présidentielle 2012 depuis 2007, est reparti en campagne, rhétorique identique mais cheveux argent en sus, à l’occasion de ce remaniement gouvernemental décentré et électoraliste. Toute grande histoire a un commencement et la porte courageusement claquée en 2010 au nez de François Fillon par Jean-Louis Borloo en est un. Sorti du gouvernement sous les applaudissements, en homme libre et porté par une espérance centriste, ainsi va Jean-Louis Borloo, cap 2012. Affranchi, il ne lui manque plus qu’à fédérer un centre éclaté, à l’incarner et catalyser, et de se compter plus nombreux que les “républicains” à l’heure des comptes. Difficile mais pas impossible. Un chemin, un scénario 2010 qui aurait pu et du être celui de François Bayrou. Un scénario qui aurait permis d’éviter la création du Nouveau Centre et l’existence politique d’Hervé Morin. Dans les prémices de la re-création d’une configuration du Centre (l’UDF en sorte ou une sorte d’UDF) Méhaignerie, Arthuis, Bockel semblent déjà ralliés. Les poissons-pilotes Borlooistes du Nouveau Centre, Valérie Létard et François Sauvadet s’activent. Morin va devoir convaincre ses militants que le ralliement n’est pas inéluctable. Marginalisés, Bayrou, De Villepin et Royal, qui veut s’ériger en petite mère des “maltraités du centre”, sont bien trop empêtrés dans rancoeurs et des stratégies personnelles qu’ils se tromperaient presque d’élection. Europe Écologie-Les Verts nés ce week-end ne se répartira jamais de son dogmatisme originel. Pour ceux-ci les voix du centre sont insensibles, pour les autres, elles ne sont pas impénétrables. Force d’appoint ou force indépendante et si le Centre ne redevenait plus que Force ?