Comité de Salubrité Régional Nord/Pas-de-Calais


à feu et à sang

“Stéphane Saint-André est le candidat d’un accord de campagne. À 20h01, cet accord ne tient plus”, à 20h01 ce dimanche 6 mai, ce dimanche de second tour de la présidentielle 2012, les législatives ont commencé dans le Nord/Pas-de-Calais. Chaudement. On compte de nombreux foyers, des dommages collatéraux, des fournaises, mêmes des feux follets et des feux de paille, voire des feux de position. La brigade des pompiers est débordée tant les pyromanes courent les rues et les affiches électorales. Hervé-Marie Morelle dans la 1e du Nord pourra-t-il en coller, des affiches ? Plus que des comptes qui brûlent, le candidat de l’ex-majorité présidentielle est surtout chatouillé par le maintien de Brigitte Mauroy, Gauche moderne. Une broutille ou brindille comparée aux dissidences déclarées ça et là. Le PS Dominique Baert dans la 8e du Nord promise au vert Slimane Tir met finalement le feu au sacré, à l’accord électoral PS-EELV. Le désormais libre Luc Monnet dans la 6e du bouillant UMP Thierry Lazaro ne veut plus mourir à petit feu tout en voyant son terrain se consumer avec la réforme territoriale. Le désormais libre également Jean-Pierre Bataille en froid avec l’UMP sortante Françoise Hostalier brûle d’impatience mais joue avec le feu sous couvert de vouloir raviver une flamme qui selon lui s’éteint en Flandres. Le retour de flamme, il sera peut être pour Rémi Pauvros, Maire de Maubeuge et candidat PS dans la nouvelle 3e du Nord ; candidat plus vraiment naturel puisqu’après avoir été savamment écarté, le sortant Jean-Luc Pérat, battu en interne, défendra son siège quitte à se griller au PS. Celui qui a le plus le feu aux fesses est le Modem Olivier Henno qui joue beaucoup pour son retour devant les urnes. D’Hélène Parra, candidate naturelle PS de la 4e, en passant par Martine Aubry, Marc-Philippe Daubresse, député UMP sortant, chacun sait que les ailes d’Olivier Henno sont de cires. Alors que le Maire de Saint André, Vice-Président de la LMCU et premier Modem à appeler, même avant le 1er tour, à voter Hollande au 2e tour de la présidentielle, essaye de passer dans le trou de souris du Centre gauche en revendiquant le leadership de la nouvelle majorité présidentielle, chacun aura remarqué que ce trou est vraiment proche du Soleil. Le Soleil. Un qui se demande s’il le verra encore et un autre qui veut être dans sa lumière, la 10e du Nord ressemble à une forêt de pinède qui s’enflamme au grès du vent. Le député sortant Christian Vanneste, exclu de fait de l’UMP mais pas dans les faits, mais depuis président du RPF, a décidé de retourner au feu de la 10e et s’est donc fâché avec son Gérald Darmanin qui a, à ses yeux, un peu trop facilement accepter et un peu trop durement refuser de lâcher l’investiture UMP. Un vrai mélodrame avec au final un infanticide ou un parricide. Suspense. Un méli-mélo est également servi dans une incandescente 2e circonscription du Nord, aux fenêtres de la Mairie de Lille, entre la fille légitime du PS Audrey Linkenheld et le fils illégitime EELV Éric Quiquet. Suspense. Du suspense, il n’y en aura en définitif très peu pour ces législatives, à part peut-être à Béthune où autour du candidat PRG Stéphane Saint-André, Maire de Béthune, ça sent un peu la poudre chez la nouvelle majorité présidentielle qui se divise en trois, avec l’ombre du rapide Jacques Mellick derrière le dissident Alain Delannoy et la fâcherie derrière le dissident Daniel Boys. Vue les conditions d’élection de Stéphane Saint-André à la Mairie de Béthune, il était à prévoir un terrain brulant, c’est une fournaise qui profiterait une nouvelle fois au député UMP sortant André Flajolet. La terre brulée, on la laisse comme toujours à Jean-Pierre Kucheida et Marine Le Pen dans le bassin minier, une terre minée et sur laquelle on annonce le parachutage du para-communiste Jean-Luc Mélenchon. Donc du suspense, il n’y en aura point, même pour Marine Le Pen, future battue offrant une assemblée sans frontiste. Seule cette fameuse “imbécile”, selon Daniel Percheron, future loi sur le non cumul des mandats nous en donnera, du suspense. Pierre De Saintignon à la Région ? Michel-François Delannoy à la LMCU ? Audrey Linkenheld à l’Assemblée ? Walid Hanna à la Maire ? Martine Aubry à Paris ? et Éric Quiquet ? Au piquet ? Au bûcher ?

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Président Placebo

Le résultat de la présidentielle 2012 est tombé, implacable, comme un verdict médical. François Hollande (18.668.000 voix) remporte l’élection devant Nicolas Sarkozy (16.860.685 voix). Implacable, comme les analyses déflorées ici avant le deuxième tour. Malgré intoxication médiatique, profond désamour, crises structurelles, état d’urgence républicain, appel au référendum anti-sarkozyste, le vote Hollande avec 51,6 % des voix n’apparaît clairement pas comme un vote d’adhésion. Ce n’est pas tant l’action du Président sortant mais sa personnalité qui a été sanctionnée à travers ce scrutin. De fait, dès son élection, le désormais Président Hollande embrassa une personnalisation différente de la fonction. Pour autant, capable d’avoir fait sa campagne sur le seul thème du remplacement, François Hollande en sera également coupable tant les contours de son ambition pour la France sont finalement au mieux flous au pire utopiques, témoin cette “croissance à crédit” européenne ou cette première mesurette du blocage du prix de l’essence pendant 3 mois contrariée par une baisse des prix du carburant. François Hollande ne peut pas décevoir, tel est le message des électeurs, qui n’attendent pas une politique de surface ou d’emballage, mais une politique profonde et sans ambages. On jurerait que l’effet n’existe pas en politique, pourtant les français ont voté pour un président placebo. La mesure thérapeutique semble intrinsèquement nulle ou faible, sans rapport logique avec la maladie, mais les médecins, et certains patients, sont persuadés que le mécanisme psychologique ou psycho-physiologique jouera. Chacun demande à voir. Cette présidence est de plus menacée par l’inconséquence des forces de gauche pendant la campagne à susciter, au travers de ce fumeux concept d’état d’urgence républicain, ou espérer, dans la désormais nouvelle majorité présidentielle, l’implosion de l’UMP. La gauche veut-elle clairement Marine Le Pen comme chef de l’opposition ? La démocratie en frisonne. La dernière poussée de fièvre de la droite extrême dans une Grèce hagard ou le foyer de contamination d’Hénin-Beaumont dans un fief historique de la gauche devrait pourtant en vacciner plus d’un. La Droite républicaine battue se doit également d’être en vigilance brune, elle qui sait que s’allier avec le FN c’est mourir, et pas à petit feu. Elle semble vouloir pour l’instant rendre seulement à cette gauche, qui pendant 5 ans s’enferma dans l’opposition primaire, systématique et outrancière, la monnaie de sa pièce avec les polémiques sur les drapeaux de la Bastille ou des Falcons de Tulle. François Bayrou, qui affirme vouloir passer d’une opposition systématique à une opposition vigilante, quitte à créer encore un nouveau centre, n’aura peut être pas l’occasion de s’opposer à l’assemblée nationale. Il a fâché sa famille d’origine et n’est pas le bienvenue dans la famille plurielle. Il n’y aura donc pas d’effet fils prodigue pour le Béarnais, englué dans le cul de sac de ses certitudes. Les Verts, eux, ont la certitude d’être une force gouvernementale avec 2% des suffrages au premier tour, c’est le paradoxe qui aura tué Éva Joly pendant la présidentielle. La marionnette qui voit ses manipulateurs se déchirer pour des marocains ne souhaite désormais pas être marron et revendique une part de la dinde. Des certitudes les électeurs du Centre droit en veulent désormais, eux qui voient leur famille, qui a manqué le repas, en thérapie avec en contre-indication la division. Ce n’est pas un philosophe dont ils ont besoin mais d’un professeur. Quant au grand bateleur Jean-Luc Mélenchon, il veut ses 30/40 députés, effets forcément secondaires de ses soins intensifs administrés au patient communiste et preuve qu’il y avait, finalement, une condition. Et le malade dans tout ça ? Son médecin traitant a été rayé de l’ordre. On souhaite juste désormais que le médecin de garde ne lui fera pas ingurgiter des médicaments sans posologie.

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Les inutiles

On connaissait les petits, les sans grades, on connait désormais les inutiles, démocratiquement parlant. Dans la recherche de respectabilité ou de légitimité du Front National, c’est le Président François Mitterrand qui jeta la première pierre. Le Front National aurait pu être déclaré anticonstitutionnel, il ne l’a pas été, ce n’est pas pour autant qu’il est démocratiquement utile. Le travail de Marie Le Pen depuis la transmission monarcale et patriarcale du parti n’aura eu de cesse de chercher à atteindre cet objectif. Et les 18 % de la présidentielle 2012 la confortent. Relayé par des médias prédicateurs, le scénario d’une droite nationaliste à l’italienne et de l’éclatement de l’UMP est plus que fantaisiste. Le Front National est inutile, c’est son essence et le coeur de son existence. Marie Le Pen et sa formule “UMPS” n’appellera à voter ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande pour le deuxième tour de l’élection présidentielle. L’Esprit de la Ve République ne permet pas à un parti sans alliance de parvenir au pouvoir, et l’UMP ne le sait que trop bien. Pour les élections législatives que Marine Le Pen attend visiblement goulûment, le FN n’aura au mieux qu’une élue, Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, plus certainement aucun dans un scrutin uninominal à deux tours. Le FN ne sera jamais non plus un parti d’opposition, les sursauts républicains auront toujours raison de lui. Ainsi la question de son caractère républicain du FN revient comme un boomerang. La seule évolution remarquée est que le FN n’est plus seulement une soupape populo-populiste ou un virus politique et idéologique pour la droite républicaine, il est devenu un effet indésiré du lent poison que distillent ceux qui entretiennent la désespérance. Avec ses 11 % et son score toutefois historique Jean-Luc Mélenchon est aussi inutile démocratiquement que celle qu’il a pris en grippe. Avec un score très inférieur au mouvement de fond annoncé, sa tête baissée, son refus d’être une force gouvernementale et son appel à “faire battre Nicolas Sarkozy”, Jean-Luc Mélenchon se révèle simple rabatteur de gauche, camelot à la petite solde, celle du désistement républicain entre forces de gauche au deuxième tour des législatives. On ne doute pas que Jean-Luc Mélenchon 2012 ai vu la naissance d’une force qui ne s’arrêtera pas à 2017, une élection présidentielle pour laquelle il est déjà candidat, il entre ainsi dans la droite ligne et tombe dans le même piège que l’inutile François Bayrou. Avec plus de la moitié de ses électeurs perdus entre 2007 et 2012, François Bayrou s’exprimera le 3 mai 2012 pour laisser libre choix à ses électeurs, une “avancée significative” depuis le “ni-ni” suicidaire de 2007. À force de refuser d’être une force gouvernementale, François Bayrou ne sert rien et à rien, à part entretenir son verbe, prêcher une bonne parole dans le désert de Judée et être invité à un diner de con. Sur la seule question de personne, il a réussi à tuer et confisqué le fort désir de centre dans ce pays qui n’aura pas trop de 5 ans pour se reconstruire, on l’espère autour des idées plutôt que de l’homme. Un homme divisé, tout lui résiste.

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Question de rhétorique

La pirocratie d’extrême droite a trouvé son pendant à l’extrême gauche, en la personne de Jean-Luc Mélenchon triomphalement annoncé à la 3e place du premier tour de l’élection présidentielle 2012. Les bulletins de la colère font les butins électoralistes mais se heurteront toujours aux butées démocratiques. On savait les français espèce protégée la plus pessimiste du monde, on les découvre pirocrates, avec l’envie de hacker le système et la pratique politique avec deux chevaux de Troie populistes. Il ne s’agit plus de convaincre, il s’agit de flatter les bas instincts et les utopies autodestructrices. Et ces jérémiades sont accompagnées de deux rhétoriques trotskistes du début du 20e siècle quelque peu éculées en provenance de Philippe Poutou et Nathalie Arthaud. Question rhétorique, la présidentielle 2012 a bon dos. François Hollande ne sera resté qu’au stade primale de la rhétorique avec comme seul programme le remplacement et un referendum anti-sarkosyte de deuxième tour. Celui qui ne souhaite pas être président à défaut a tout fait pour le devenir. Il en fera sa croix. Rhétorique incontrôlée pour la candidate Eva Joly qui porte le fardeau d’un mouvement d’apparatchiks et d’idéologistes qui auront réussi à prendre en otage les idées écologistes. Rhétorique périmée pour François Bayrou qui finit par rabâcher une rhétorique 2007 qui, à défaut de porter, glisse. Rhétorique surannée pour Nicolas Dupont-Aignan qui défend un monde qui n’existera plus et qui n’existera pas pour Jacques Cheminade et sa rhétorique de principe. La rhétorique calculée du Président sortant Nicolas Sarkozy n’a que pour objectif que d’éviter le dépôt de bilan. C’est bientôt l’heure de comptes.

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Intoxication Médiatique

22 avril 2012, la date était tellement attendue, vendue, survendue qu’elle laisse parfois augurer un sommet footballistique qui ne tiendra pas ses promesses. Trop de mots, trop de sondages, trop de commentaires, trop de débats caricaturaux à défaut d’être contradictoires, trop d’intoxications, à tel point que l’électeur frise l’apoplexie quand il daigne s’intéresser au 1er tour de l’élection présidentielle. Candidat depuis 2007, François Bayrou s’est fait piquer le rôle du 3e homme par Jean-Luc Mélenchon à qui on recommandera de ne pas être candidat 2017 en 2012. Une élection ne ressemblera jamais à la précédente, la leçon était pourtant connue. La rafraîchissante mobilisation de 2007 pour élire un nouveau président à la place d’un président retraité a laissé place à une campagne morose, vulgaire et populiste pour la réélection ou la sanction d’un président qu’on dit en retrait, où les idées et programmes ont été éclipsés par l’anecdotique, l’effet de manche, le fallacieux et l’invective. Et au coeur de la mêlée le commentateur, l’observateur et le journaliste, devenu un et devenu le vrai protagoniste de cette élection. Entre un trop fort désir de gauche et l’auto-reproche d’avoir été à la botte en 2007, le journaliste à défaut de discernement a largement perdu son éthique dans la campagne. Les frontières sont aujourd’hui plus que poreuses. Journaliste-militant, rapporteur de twitt, organe de communication, tribune-tribunal, enquêteur en ligne, art de la foutaise plus que de la synthèse, informations en kit et en clics, l’impunité journalistique nous aura emmené sur les chemins de Kurt Lewin et la propension de chaque individu à se conformer systématiquement au groupe. Alors bien sûr qu’il faut du spectacle et que les journaux se vendent, bien sûr qu’il y a une ligne et un chef, mais il en va de l’esprit de la démocratie. Arbitre et non acteur. Intoxication médiatique et pollution des esprits, le président sortant, qu’on nous dit bientôt sorti, aura évidemment senti ce climat. Pas anodin que ce sont ses appels à la majorité silencieuse et au contournement des corps intermédiaires qui resteront de sa campagne. Il y a aujourd’hui autant d’éthique journalistique que de journalistes, autant d’abus de cinquième pouvoir que d’autoritaristes édito, autant de fallacieuses vérités que de facétieux oublis, autant de réalité économique que d’écriture low-cost, autant de marchands de communication que de marchandage d’informations, autant d’organe de propagande que d’information programmée, autant de prophéties que de prophètes qu’il est plus que temps que le conseil supérieur de la magistrature ou que l’ordre des médecins soient enfin accompagnés d’un conseil supérieur du journalisme. La salubrité commanderait à la profession de revenir à ses fondamentaux mais bien malin celui qui sait encore définir ce qu’est cette profession, même dans le silence du samedi.

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Entrez dans la désespérance

À tous, Patrick Kanner promet “écoute, collégialité et transversalité”. À croire que l’ancien Président du Conseil Général du Nord n’écoutait personne, faisait tout, tout seul, et ne voulait pas entendre parler d’opposition ? Ça y est les Cantonales sont jouées, les compteurs Geiger se sont affolés. Il y en a partout et pour tous les goûts. Patrick Kanner a gagné, Bernard Derosier a tiré sa révérence, la Gauche a gagné, les Forces de Gauche ont gagné, Marine a gagné, les Verts ont gagné, Aubry a gagné, Hollande a gagné, les Centristes ont gagné, Sarkozy a perdu, l’UMP a perdu. Bien. Et ? D’un côté le “Ni-Ni” de l’entre-deux-tours de la cantonale 2011, les petites phrases du nouveau Ministre de l’Intérieur, Claude Géant, la curieuse stratégie de reconquête du P de l’UMP, de l’autre des socialistes qui se frappent le torse de lamentations en criant “Sarkozy”, l’appel frelaté au “front républicain” et les pré-candidats à la présidentielle qui veulent sortir en tête du dernier virage, telles ont été les scénettes politiques aperçues sur vos écrans avant le second tour des élections cantonales. Depuis le rideau sur l’écran est tombé et la dernière séance avant l’élection présidentielle 2012 s’est jouée. Pas très glorieuse … D’abord il y a cette abstention record et puis ce Front National au summum. Dans un scrutin uninominal à deux tours, le FN se retrouve marron, comme un temps les centristes. Pas de 3e voie sous la cinquième, le refrain est connu, surtout si c’est une voie de garage, mais le pain béni d’un second tour face au FN est devenu indécent. Il y a comme un monde qui s’écroule et comment interpréter ces résultats ? Il y a d’abord le soliste Mélenchon, toujours ronchon, qui voit un peuple écoeuré, une classe politique hors réalité, un système arcbouté. Il y a la chorale UMP qui y voit un avertissement sans frais, des pans entiers de débats abandonnés à réapprivoiser et les petits chanteurs centristes et de l’UMP déboussolés qui rêvent de s’émanciper. On remarquera le canon des socialistes presque cyniques, adossés avec des communistes revigorés et des verts aux aguets, mais loin d’être une chanson de geste, la vague bleue marine est une marche funèbre. Les petits bricolos qui manipulent les résultats et fluctuations du Front National nous font parfois penser aux ingénieurs japonais de Fukushima. Ils ne contrôlent plus grand chose d’un parti qui s’institutionnalise. D’un côté, le jeu trouble de l’UMP que les médias décryptent et démontent minute après minute, de l’autre, une partition bien plus sournoise jouées par les forces de gauche : L’entretien de la désespérance, dont les pires des illustrations sont ces duels Front National/Front de Gauche ou PCF aux cantonales. Désespérés les français pourraient l’être vraiment. Il fut un temps où Valenciennes était à feu et à sang, saigné de 10.000 emplois, de la métallurgie à la sidérurgie, des banderoles et émeutes partout et de sérieuses menaces de gangrène sociale. On ne refera pas l’histoire mais on entendit surtout là le discours de l’espérance et des élus solidaires. Ça manque … La politique compassionnelle compulsive n’a qu’un temps. Ça fait parfois du bien d’être écouter et aimer mais la question est : qu’est-ce qu’on fait pour s’en sortir ? À moins que certains ne souhaitent pas forcément qu’on s’en sorte ?

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Le Choix des Armes

Les Cantonales 2011 ont rendu leur verdict à l’occasion du premier tour de ce dimanche : “Abstention Record” et “Vague Bleu Marine” seront les gros titres du jour. Les premiers commentaires et analyses tombent déjà, notamment sur le Nord/Pas-de-Calais. Certes dans la région, on ne peut s’empêcher d’observer la confirmation de l’inutilité politique du Modem, à part le Modem d’Arras (mais est-il encore le Modem ?), l’entretien des bastions PC-FDG, l’évolution d’EELV ou la bonne tenue des partenaires de la majorité présidentielle hors UMP avec la néo-centriste Joëlle Cottenye à Lannoy, le radical Salvatore Castiglione à Valenciennes, le “candidat libre” Nicolas Siegler à Cambrai, le “Sans Étiquette” Danny Wattebled, mais force est de constater le revers de l’étiquette UMP, la stagnation, voire légère régression du PS qui ne profite pas du contexte politique à l’image de l’élimination au premier tour du Vice-Président sortant Jean-Luc Chagnon sur Valenciennes et bien évidemment la poussée du FN version Marine Le Pen qui se permet le luxe de qualifier pour le second tour des candidats parfois “fantômes”. On stigmatisera le ping-pong incessant et indécent de l’UMP et du PS sur la question du Front National. D’un côté, la diabolisation de Nicolas Sarkozy, qui a “abîmé la République” selon Martine Aubry, ou “responsable de la désespérance qui grandit partout” selon Dominique Dupilet, Président du Conseil Général du Pas-de-Calais, de l’autre les déclarations ambigües sur le “Front Républicain” de Jean-François Copé, secrétaire national de l’UMP ou de Jean-René Lecerf, Président du Groupe UPN au Conseil Général du Nord qui rappelle que ce sont les socialistes qui “ont fait rentrer le FN à l’Assemblée Nationale”, et même dans la vie politique ajouterons-nous. La vérité est que le Front National, est là et bien là, à nous rendre las. La modification de la qualification pour le second tour des cantonales (de 10% à 12,5% des exprimés) offre au Front National non plus des triangulaires mais des duels (souvent face au PS, exception faîte à Cysoing face à l’UMP Luc Monnet) dans quasiment un canton renouvelable sur deux dans le Nord/Pas-de-Calais. Le Pas-de-Calais subit lui-même une véritable contagion FN, à l’image des scores béthunois, calaisiens, artésiens et ceux de Steeve Briois à Montigny avec un score de 36%. Jean-Luc Mélenchon, Candidat à la Présidentielle pour le Front de Gauche, ne veut voir la migration de l’électorat populaire de la gauche et gauche extrême vers l’extrême droite, mais le Pas-de-Calais à lui seul semble l’indiquer. Des électeurs civiques, des électeurs partisans et des électeurs insurgés, tels ont été les participants de ces élections cantonales. Les déçus du Sarkozisme, les déçus de la politique, les agnostiques de la politique, les résignés, indifférents, irresponsables et invisibles ne sont pas aller aux urnes, et l’on ne pourra s’empêcher de voir, une nouvelle fois, dans la vague Marine Le Pen, les envies de cacoratie du peuple français, la plus mauvaise des options politiques pour favoriser l’instauration d’un nouveau régime, système ou pratique politique ? Après Coluche, Marine Le Pen ? Un jeu bien trop dangereux, Marine Le Pen est radioactive pour la démocratie. On en connaît qui sont morts à se tirer une balle dans le pied. On préférait que chacun dépose les armes, que l’armée se réforme avant qu’on ait droit au régime des colonels …

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Étiquettes et incarnation

On connaissait ce fameux papier du Figaro qui avait provoqué l’ire de Pierre Mauroy, alors premier édile lillois, qualifié de “Maire de Droite à Lille et de socialiste à Paris”, dans la même veine, on connaît désormais un communiste à Paris, véritable maire libéral à Saint-Amand-les-Eaux. Alors que le Sud du Département du Nord, Valenciennes, Maubeuge, Avesnes et Cambrai essaye de s’organiser en pôle métropolitain, Alain Bocquet, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient de fermer sa porte en tant que Président de la Communauté d’Agglomération des Portes du Hainaut, qu’il faudra désormais appeler des Portes de Lille. Estimant qu’il ne faut pas jouer contre l’Aire Métropolitaine Lilloise, en stigmatisant la fausse bonne idée de rassembler les « pauvres entre eux » (sic), à « se ghettoïser en ajoutant ses misères », invoquant Bruno Bonduelle et « à aller vers le haut avec les plus riches », Alain Bocquet n’en n’est pas à ses premières contradictions, un peu comme si une Vice-Présidente Communiste de la LMCU portait un Grand Stade d’inspiration libérale de 55.000 places et 400 millions d’euros de budget. Étiquette, étiquette, … Frédéric Lamblin, qui « a ressenti comme un appel » en se rendant au Palais Bourbon (beaucoup d’«appelés» mais peu d’élus) est désormais candidat à la députation, mais avec quelle étiquette ? Le Patron de la CGPME locale et remplaçant de l’insoumise Dorothée Da Silva à la présidence de Lille Grand Palais, devra pourtant choisir, lui qui fait partie du package des ex-UDF Modem Richir-Henno qui s’est vendu à Martine Aubry en 2008. UDF ? Modem ? PS ? Celui qui voit Strauss Kahn Président, Aubry Premier Ministre et Linkenheld, Ministre du Logement, (laissons déjà la très protégée devenir Sénatrice), devra surtout répondre de l’inutilité politique du Modem le moment venu. Denis Vinckier, également Modem, en sait quelque chose, lui qui envisageait de succéder à Yves Durand à la tête de Lomme. Cet UDF qui s’était assis dans le fauteuil d’Arthur Notebart au Conseil Général avec les voix de la droite en 2001 en opposant farouche à la fusion Lille-Lomme-Hellemmes aura tout perdu en 2008. Il aura surtout tout laissé à Roger Vicot, son siège de Conseiller Général, comme celui de Maire de Lomme. Comme quoi, tout reste dans la famille PS. Pierre Ferrari n’en fait plus parti. Pour deux ans, c’est acté. Le Modem l’a également lâché, preuve que le “National” entend être ferme. Suspendu, tout comme les MJS d’Hénin Carvin et leur site internet, Ferrari en a cure. C’est une assignation en justice qui attend le PS et une candidature confirmée aux Cantonales. Il serait étonnant qu’il ait Marion Anne Perrine Le Pen face à lui, tant la Frontiste cumule les mandats comme les prénoms. Conseillère Municipale, Députée Européenne, Conseillère Régionale, Marine Le Pen ne doit sa présence dans ces trois institutions qu’à des recours électoraux en justice, le temps de claironner sa petite musique. Elle attend désormais le résultat du plébiscite interne du FN pour foncer vers la présidentielle 2012. Là, ce n’est pas une étiquette mais une marque qui sera entretenue. Tenu, Hervé Morin l’est par ses militants. Sa vraie-fausse candidature à la présidentielle par la voix de Jean-Marie Cavada l’aura rappelé. Et à l’image de Maurice Leroy, un ex-communiste devenu Nouveau Centre et maintenant Ministre, c’est la base qui décide. Et la base a plutôt envie d’une confédération centriste avec les Radicaux d’où émergerait un candidat. François Dubout, ex-candidat aux Régionales, lui, émerge de l’actualité. Bientôt Conseiller Culturel à l’ambassadeur de France en Estonie, le saltimbanque politique restera dans l’histoire le plus gros cumulards d’étiquettes politiques : RPF, FN, PDF, CNI-UMP. Celui qui confie son intérêt pour Dominique de Villepin ou Jean-Luc Mélenchon, a peut-être la réponse ultime aux (petits) tracas politiques : « On rate des opportunités à cause d’anciens clivages et de verrous rouillés », lui qui voudrait faire valser les étiquettes … partisanes. C’est vrai, se passer de mouvements et d’étiquettes politiques, de militants, d’idées et pourquoi pas d’élections, Bocquet, Lamblin, Richir, Henno, Vinckier, Linkenheld, Morin, Dubout, et autres Daubresse, Vignoble, Caudron, Vanlerenberghe, Vandierendonck, … ne diraient-ils pas non ? À croire que l’objet est plus de s’incarner que d’incarner.

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Alchimie
14 avril 2010, 21 h 27 min
Filed under: Billet | Tags: , ,

On les avait quitté avec la gueule de bois après les résultats non attendus des Européennes, on les retrouve sous gaz euphorisant après les Régionales. Les médias, ou une partie d’entre eux, auront plus qu’animé le 4e tour des régionales. Chute de l’empire, rumeurs en vrac, divisions à gogo, les mouches ont changé d’âne, Martine Aubry, première femme présidente de la république, … Après la vitesse de la lumière, la vitesse des lumières. “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”, 2012 compris. Mélenchon remet un étudiant science-po apprenti journaliste, face à sa cohérence, le tout face caméra et la profession s’agite, s’indigne, se divise, quitte à s’autoflageller sur un vulgaire quiproquo aux propos cyniques. Le microcosme médiatique dans sa bulle … comme les étudiants de l’ESJ Lille qui se sont posés toutes les (bonnes) questions sur les régionales Nord/Pas-de-Calais sauf celle du sauvetage financier de leur école par … le Conseil Régional. Quel drôle de métier que de “mouliner un papier qui se vend”. Moulinera-t-il encore un jour de la politique pour se vendre ? Le microcosme politique, dans sa bulle, s’agite. Abstention record, crise de la représentativité, paupérisation du débat, l’anecdotique cinq colonnes à la une. C’est le dernier qui a râlé qui a raison. Après le mur du son, celui des lamentations. Elle est assise solitaire, cette France ! Elle est semblable à une veuve, orpheline de ses lumières. Le système va-t-il résister ? François Léotard en prophète de la cocotte-minute mais point de big-bang politique. La France des bons mots en train d’agir, dans son esprit, comme le mot le plus long de sa langue. Galaxie de microcosmes peuplée de particules élémentaires comme de particules fines, mais pas de chasseurs à l’horizon, encore moins d’accélérateur. Tout est pourtant question d’exercice de souveraineté nationale.

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