Comité de Salubrité Régional Nord/Pas-de-Calais


Les Petits Princes

Trois des plus grandes villes de la région Nord-Pas-de-Calais ont ou vont changer de Maire en 2011-2012. Roubaix, Arras et Valenciennes. Et d’autres devraient suivre Maubeuge, Béthune, … Pas la peine de regarder sur le calendrier une quelconque élection municipale anticipée, mais plutôt dans l’encyclopédie au registre de “l’Adoubement”, cette pratique ancestrale. Pour raison de non cumul des mandats, le néo-Sénateur René Vandierendonck va ainsi laisser le 22 mars sa mairie de Roubaix à Pierre Dubois, adoubé sur le tard. Laisser son trône ? C’est exactement à quoi se refuse Michel Delebarre, néo-Sénateur-Maire-Président de Dunkerque Communauté Urbaine, qui a envoyé paître la Reine Maire de Lille. Jean-Marie Vanlerenberghe, fondateur du MoDem avec François Bayrou et réélue Sénateur du Pas-de-Calais en septembre 2011 sur une liste UMP-Modem avec le Maire UMP de Calais Natacha Bouchart, a lâché le 14 novembre 2011 son fauteuil de Maire d’Arras à Frédéric Leturque au nom de la parole donnée et celui de Président d’Agglomération à l’UMP Philippe Rappeneau au nom de la cuisine politique. Et puis viendra le temps où Dominique Riquet, Maire de Valenciennes et Député Européen, léguera son dû à Laurent Degallaix, Conseiller Régional et Municipal en attente. Certes le trio Dubois-Leturque-Degallaix a été élu sur la liste municipale de leur champion respectif et passera son examen de passage en 2014, mais certains esprits chagrins voient dans ces opérations une confiscation démocratique pour des villes de cette importance. Intronisé jusqu’à en devenir siamois de Jean-Pierre Balduyck, Michel-François Delannoy avait été élu en 2008 par les citoyens tourquennois. Vanlerenberghe, Vandierendonck et Riquet ont fait le choix de la mi-mandat pour adouber leur dauphin, chargé de fructifier l’héritage et de s’en rendre comptable aux élections municipales de 2014. Mais être consacré dans l’entre-soi au Château au cours d’une cérémonie d’adoubement en présence de nombreux nobles ne vaudra jamais le sacre royal grandiloquent en la Cathédrale. Les trois chevaliers du roi n’ont ainsi de légitimité que leur titre et les voilà enjoint d’aller s’enquérir une légitimité auprès du vil peuple. Suicidaire pour eux de rester dans leur tour d’ivoire, ils s’apprêtent à organiser ripailles et tournois, à festoyer avec les damoiseaux, ménestrels et autres trouvères, à prononcer épousailles, à entretenir la souvenance, à mander, octroyer, s’attirer les bonnes grâces des gentilshommes en escomptant un peu aussi sur Dame Fortune pour que les manants inscrivent au bout de ces deux ans, à la plume d’oie, leur nom sur le prochain parchemin électoral. À l’affut de ce ponctuel affaiblissement, les conspirationnistes sont de sortie et les barbares font déjà chauffer leur huile pour l’assaut de la Citadelle, qu’on disait imprenable. Être légitimé par le Roi n’apporte pourtant pas forcément de garantie. Celui qui portrait une veste rouge à l’Assemblée Nationale et en portait le patronyme, Patrick Roy, Député-Maire de Denain, emporté par le cancer le 2 mai 2011, avait beau être Roi de Denain, son testament politique n’en fut en aucun cas respecté. Prince désigné pour la législative, Laurent Depagne, Maire d’Aulnoy-lez-Valenciennes, est finalement devenu le bouffon de l’affaire. C’est Anne-Lise Dufour, future Député-Maire de Denain, qui fut en tout point sacrée au nez et à la barbe des concurrents sous l’égide Aubryiste. Comme quoi nul n’est jamais prophète en sa contrée.

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L’homme qui valait 3 milliards

À la rentrée 2010, Daniel Percheron avait sorti de son cartable le RER Lille-Hénin, 17 minutes et 1 milliard d’euros clés en main. On se souvenait alors de l’ire d’Éric Quiquet qui stigmatisait “la politique de l’illusion”. La grande illusion n’aura pas durée, le méchant État n’aura pas accordé le moindre euros au RER Percheron, “un échec personnel” selon l’autre vert Dominique Plancke pour qui il n’y avait pas lieu de se précipiter et de passer ainsi par delà l’assemblée régionale et ses services. Un autre élu est quelque peu vert, le même Éric Quiquet, Vice Président aux Transports de la LMCU, qui ne récupère dans cet appel à projet que 9 millions d’euros de l’État pour un dédoublement de la ligne 1 du métro lillois à 500 millions d’euros (!). Un dédoublement nécessaire ? Avec 36 millions accordés au Tramway Béthune-Bruay pourtant embourbé dans une erreur de procédure, l’État a voulu rappeler que ce projet “offre une alternative crédible à la voiture en créant un lien entre des polarités fortement dépendantes reliées uniquement par voie routière à ce jour”. Pan des les dents. Et c’est finalement le tramway fiasco de Douai, qui finira (un jour) par emporter le Maire UMP Jacques Vernier, qui récupère le dernier morceau de l’État, 8 millions d’euros pour un vulgaire bus dans un couloir de bus. Un État qui s’est transformé en État d’urgence sur la question des lycées. Avec les 865 suppressions de postes annoncés, Marie-Jeanne Philippe, Rectrice en chef, fait face à ses inquisiteurs en pleine assemblée CESR au Conseil Régional. Déterminée à ne rien lâcher devant une institution qui aura tout de même construit et rénové à tour de bras des lycées alors que les effectifs scolaires baissent sans cesse, la rêche rectrice aura entendu les élus de gauche, dont la larmoyante (Brigitte) Olfa Laforce, parlant d’un « massacre organisé » (sic), mais ne les aura pas écouté, stigmatisant « ces filières surdimensionnées avec des élèves qui vont se retrouver au chômage et des filières quasi vides malgré des perspectives d’emploi ». Dans ce dialogue de sourds, on aura surtout repéré la noire colère de Daniel Percheron qui à force de se faire tacler par l’État va sentir l’ombre de Martine Aubry dans son dos. Celle qui a fait du non cumul des mandats un bras armé pour placer, comme sur un échiquier, ses petits soldats Audrey Linkeheld (à la place de Bernard Frimat/Dinah Derycke), Patrick Kanner (à la place de Bernard Derosier), Frédéric Marchand (à la place de Gilles Pargneaux), Renaud Tardy (à la place de René Vandierendonck), … n’aura eu ni la peau de Michel Delebarre et ni celle Daniel Percheron. Et pendant ce temps-là ma bonne dame, Pierre De Saintignon, et sa politique du conte, s’encroutent dans la salle d’attente. Comme Daniel Percheron n’aura pas son RER Percheron, “son” million d’euros (960.000 euros de la Région pour être exact), il l’a envoyé à l’EPCC du Louvre-Lens pour “le lancement de l’exploitation du musée et des premières actions prioritaires en vue de son ouverture”. Si par malheur, le Président Percheron se trouve un jour dépourvu, ce n’est pas la Présidence du RC Lens qui l’attend, mais bien celle du Louvre-Lens. Quant à Gervais Martel, Président du RC Lens, qui craint que son Club devienne musée, il ne cracherait pas sur quelques “bons” millions d’euros …

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Terre(s)

Hénin-Beaumont, Terre d’exclusion. Le turbulent Pierre Ferrari, tel Jonathan Le Goéland, prier de s’exiler sur un autre territoire politique, faute de quoi il sera officiellement exclu du parti socialiste, foi de Martine Aubry. Mettant en danger les lois et traditions séculaires socialistes, Pierre Ferrari est banni. Pas encore banané, comme le Sénateur Bernard Frimat qui a reçu la visite de l’ange noir, Gilles Pargneaux, jamais bon signe. Payant son choix Delanoë lors du congrès de Reims et une décision personnelle de Martine Aubry de mettre ses proches au Sénat quitte à virer un des Vice-Président du Sénat. Celle qui n’est pas “un modèle de courtoisie” lui reproche officiellement les mauvais résultats socialistes à Valenciennes. Arguments “grotesques”, voire fallacieux, “Valenciennes, où les centristes sont bien implantés avec Jean-Louis Borloo, est une terre de mission, pas une terre d’héritage” selon Bernard Frimat. Pan dans les dents. Une terre d’accueil, c’est ce que cherche Michaël Moglia, Conseiller Régional, président du jury du concours des villes et villages fleuris, vu et revu pleurant à chaudes larmes sur la dépouille mortelle de François Mitterrand et surtout épinglé par le Conseil d’État en 2009 pour un bail fictif à Halluin. Parachutage raté. Son ombre Hélène Parra a déjà pris ses marques à Saint-André comme conseillère municipale d’opposition, attendant bien sagement la chute du Maire Modem Olivier Henno. Peut-être Gilles Pargneaux, le Maire d’Hellemmes qui habite à La Madeleine, enverra Michaël Moglia à … Valenciennes. Terre de contraste, Dunkerque et son Député-Maire qui veut jouer “un rôle de responsable de premier rang au Sénat” est aussi dans le collimateur de Bernard Frimat qui jouait déjà un rôle de premier rang au Sénat : “Michel Delebarre, c’est une conception du renouvellement et du non-cumul particulière”. Bref au final, “Si le Sénat se gagne, il ne se gagnera pas grâce à Martine Aubry”. Martine Aubry qui a enfin envoyé le dernier étage de sa fusée : “Ce qu’on peut faire ici, on peut le faire au niveau régional voire pour la nation”. Lille, Terre d’exemple, c’est le leitmotiv de la candidate Aubry pour les Présidentielles. On était persuadé que c’étaient les socialistes qui dirigeaient la Région, mais ils ont le tort d’être non estampillés aubryistes. De Saintignon attendra encore longtemps. Lille, Terre d’Euratechnologies, Terre des Maisons des Modes, Terre du “Care”, Terre de façades, surtout. En proie à la crise, les citoyens de la région n’ont pas senti, ni ressenti les effets des fameux “boucliers” socialistes survendus pendant la campagne des régionales. Ils vont surtout sentir et ressentir les effets des augmentations des impôts, et notamment la hausse sans précédent du barème des cartes grises (+ 40 %) par le Conseil Régional. En cause ? L’État et toujours l’État. Sarkozy, toujours Sarkozy. Pour la campagne des Cantonales 2011, Patrick Kanner nous ressort la rhétorique du “Bouclier Social” ou comment une terre d’élection se transforme petit à petit en terre promise Frontiste. Du moment qu’elle ne termine pas en terre brûlée …

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Tristes tropismes

Steeve Briois qui se fait dézinguer la gueule en pleine nuit, devant chez lui, en promenant son chien ; Gérard Caudron, l’autre, le Maire de Neuville-en-Ferrain, qui dégomme son 4e Directeur Général des Services depuis son élection ; Ségolène Royal qui se fait retourner son appartement pour la 3e fois ; Gérard Vignoble qui fait cavalier seul pour les Sénatoriales ; Jean-Jacques Candelier prêt à balancer au juge les PV de la mission parlementaire chargée d’enquêter sur l’attentat de Karachi ; Marie-Noëlle Lienemann qui chaparde la quatrième place, éligible, de la liste Sénatoriales PS d’Ile-de-France à Dominique Bertinotti, proche de Ségolène Royal, Maire du 4ème arrondissement de Paris ; Bernard Frimat, Sénateur valenciennois socialiste sortant et Vice-Président de la Haute Assemblée, qui se fait squizzer comme un bleu de la liste PS du Nord pour les Sénatoriales ; Treize “hauts responsables” socialistes artésiens qui règlent le cas de Pierre Ferrari à Paris ; Gérard Darmanin qui à Tourcoing hurle au “Hold Up fiscal” de son Maire socialiste Michel-François Delannoy et pour finir, Dunkerque toute proche d’engloutir Saint-Pol-sur-Mer et Fort-Mardyck, le petit microcosme politique régional s’agite bien curieusement en ces temps d’hiver rigoureux … mais comme dans toute bonne série policière, il y a toujours mobile, assassin, commanditaire et autres contrats. Pour notre première affaire, le “Black Out” de Steeve Briois est malheureusement préjudiciable pour l’enquête. On ne saura jamais s’il s’agit d’une mauvaise chute sur la neige ou d’un règlement de compte à la sauce héninoise. En tout état de cause, cet “événement” aura permis à Marine Le Pen de relancer une corde sensible, la “victimisation du FN” et celui qui traîne en justice tout ce qui bouge d’avoir eu un réflexe conditionné salvateur dans son “coma” : se présenter au Commissariat de Police. Quel citoyen ! En parlant de règlement de compte à la sauce héninoise, un contrat court sur la tête de Pierre Ferrari. Catherine Génisson, Daniel Percheron, Guy Delcourt, Jean-Pierre Kucheida ou encore Albert Facon, les Barons Socialistes ont pris une décision : s’en remettre à Martine Aubry, la patronne du PS. Régler Hénin à Lille. Une nouvelle ère ? Le seul tord de Ferrari et de ses MJS ? Avoir tenté de reprendre les choses en main après les dérapages incontrôlés de la Fédé PS du Pas-de-Calais sur le lourd dossier héninois. Hénin, comme un symbole du socialisme féodal parfumé à la naphtaline, comme un symbole de cette politique de perfusion socialiste qui fait naître un agent indésirable : le Front National. Marie-Noëlle Lienemann, celle qui allait tout révolutionner en 2008 sur ce dossier en partant à la conquête de la Mairie, s’en retourne comme elle venue, de sa banlieue parisienne, pour récupérer un siège sénatorial. La Fabiusienne, Hollandiste, Hamoniste était de toute façon promise à une retraite anticipée dans les fiefs socialistes du Nord et du Pas-de-Calais. Pas de place pour elle sur la liste des sénatoriales du cumulard Percheron, c’est Catherine Genisson qui accède au Graal. Un qui n’aura plus rien à cumuler, c’est le socialiste valenciennois Bernard Frimat. Quand les premiers frimas furent là, l’ancien Député Européen ne vit pas le rouleau compresseur métropolitain et aubryiste lui tomber sur le coin de la figure. Doublé, oublié, rayé. Un autre ne veut pas subir le même sort sur une des listes de la Majorité Présidentielle pour les Sénatoriales, Gérard Vignoble, transfuge wasquehalien PS-CDS-UDF-Modem-NC qui s’annonce tête de liste Nouveau Centre pour les sénatoriales avec comme unique investiture, celle de son Président d’Hervé Morin. Valérie Létard, Sénatrice NC sortante ? “Que Borloo quitte le RPR”. Marionnette, messager, colis piégé ou pion, Vignoble choisira son rôle, la pierre, elle, est lancée dans un autre fief, valenciennois, celui de Borloo. Un autre est en mutation, le Dunkerquois de Delebarre qui s’offre une fusion express de Saint-Pol-sur-Mer et Fort-Mardyck, après celle avortée par le Préfet en 2004. La décision du Conseil d’État du 20 octobre 2010 ressuscite le dossier (toujours en cours depuis 2004) et en 1 mois, Pif, Paf, Pouf, le “Grand” Dunkerque sort du chapeau. 99999 habitants, un montage à la Lomme-Lille-Hellemmes et vive les “conseils communaux” ! Les citoyens ? Ils n’avaient pas voté « oui » dans les conditions fixées par la loi de l’époque. Un “beau passage en force” rétroactif en somme. Ah Michel Delebarre, premier à profiter à plein régime de la réforme des collectivités territoriales … Pour les impôts ? Le désengagement de l’État permet de tout justifier. Les augmentations y compris comme à Tourcoing. 4e pour son taux d’imposition selon Gérald Darmanin. Le “fils” de Christian Vanneste” lance un incendie que Vincent Lannoo et Djill Achiba sont chargés d’éteindre au nom de Michel-François Delannoy, qui s’agace. Trop d’exonérations pour loger les Bobos dans les lofts et petits propriétaires qui payent ? Pas toujours facile d’habiter à Tourcoing. Comme Boulogne-Billancourt où Ségolène Royal réside. Celle qui vient d’annoncer sa candidature aux primaires socialistes à la barbe de Martine Aubry, a déclaré ne pas vouloir se “laisser intimider” par cette “mise à sac”. C’est vrai que se faire intimider par une mineure serbe cambrioleuse… Pas grave, on aura apprécié la théâtralisation médiatique dont se pare l’élue au destin présidentiel et dont abusent les médias. Théâtre quand tu nous tiens. Jean-Jacques Candelier, devant une forêt de micro, champion des luttes, qui veut briser le secret de la mission parlementaire chargée d’enquêter sur l’attentat de Karachi. On voudrait juste qui brise nos doutes sur la mise en examen prononcée à son encontre le 2 avril 2003 concernant le Syndicat intercommunal de la région Somain-Aniche (SIRSA), devenu ensuite la Communauté de communes de l’est du Douaisis (CCED), pour être rebaptisée Communauté de communes Coeur d’Ostrevent. Une peinture 3 couches ! À notre connaissance, l’instruction du “Chevalier Blanc” était toujours en cours (2008) … Seul un élu, du fond de la Métropole, dans la paisible Neuville-en-Ferrain, un homonyme du Maire de Villeneuve d’Ascq, Gérard Caudron, Maire également, aimerait que le 4e renvoi de son DGS depuis son élection ne se sache pas. Raté. Tout se sait, rien ne se sait. Et ? La vie continue …

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Serpentage et Serpentillage

Ratifiée ce jeudi par les militants, la liste socialiste pour les Sénatoriales du Nord jette un léger trouble. Derrière Michel Delebarre, futur Sénateur-Maire de Dunkerque, et cumulard en puissance, la présence d’Audrey Linkenheld, 37 ans, alsacienne, adjointe, proche et candidate de Martine Aubry, fait grincer quelques dents. En particulier celles de Martine Filleul, longtemps promise à cette place de N°2. Aux orties les combats menés aux législatives, la Vice-Présidence au Conseil Régional, la victoire aux Cantonales de 2008, la diligence à Martine Aubry, voici Martine Filleul orpheline. Vice-Présidente du Conseil Général, institution appelée à disparaître, on a vu mieux comme cadeau de pré-retraite (politique). De son côté Linkenheld est sommée de défendre les futurs intérêts Lillo-Lilliois dans la Haute Assemblée. L’échiquier du système Aubry se met progressivement en place, ne reste plus qu’au “grand aspirateur” à faire tourner ses turbines à haut régime. C’est Dominique Bailly, Maire d’Orchies et Président du Groupe Socialiste au Conseil Régional, qui fait littéralement le hold-up du siècle avec une très généreuse troisième position. Multi-perdant (4 défaites) sur la 6e circonscription du Nord (Pévèle), Oh Bailly fera finalement sa météo non à l’Assemblée Nationale mais au Sénat. Le bon petit soldat, sans grande envergure politique, ni grand mandat, aura surtout eu le mérite d’éviter les chemins de traverse. Un cas d’école. Royaliste investi en 2007 puis ardent défenseur de la Motion D, la Motion Aubry, lors de l’élection interne du PS en 2008, Dominique Bailly aura fait tout le contraire d’un Bernard Roman, il aura su manoeuvrer. Et ça au PS, c’est une marque de fabrique. Le voici déjà dans le fauteuil de Pierre Mauroy au Sénat. Autre roi de la manoeuvre, un peu moins sur le Quick Halal, l’ex-CDS (tout comme Marc-Philippe Daubresse) René Vandierendonck atteint son Graal après avoir chapardé aux centristes la Mairie de Roubaix pour la ramener dans le giron socialiste. Le “Modem avant l’heure” aura juste oublié de préparer sa succession Roubaisienne. Champ de patates roubaisiennes en vue. Le Dunkerquois Delebarre, les Métropolitains Vandierendonck, Linkenheld, Blandin, et le futur Métropolitain Bailly, la 6e position, tangente, revient à la Cambrésienne “ma fille ma bataille”, Delphine Bataille. Le ragoût pour Raoult et les autres, notamment les Sudistes du département. Ça fait finalement beaucoup de couleuvres à avaler. Tant qu’il n’y a pas de serpentaire à l’horizon pourquoi se priver ?

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… Dépendance(s)

… Un autre futur ex-président posait en effet sur la photo Grand Stade, Bernard Derosier, Président du Conseil Général du Nord, contributeur pour 45 millions d’euros (aussi) au Grand Stade pour la voirie, qui a annoncé qu’il ne se représenterai pas aux Cantonales 2011 et abandonnait, de fait, sa Présidence. “Sans dauphin” de l’aveu même de celui qui fut élu député en 1978, et toujours réélu depuis. Député-Maire d’Hellemmes, Président du Conseil Général, Bernard Derosier était souvent montré du doigt au PS pour ses cumuls de mandats et leur nombre de renouvellement. Pas vraiment en phase avec les objectifs socialistes 2012. Le seigneur Martine Aubry s’était même lancé dans une injonction publique à l’orée des législatives 2007 en retour de sa protection dans l’épisode Derosier-Raoult de 2004. Derosier avait dit non. Pour ce coup de 2010 “il n’y a pas eu d’intimidations” mais sur l’argument de l’âge, Bernard Derosier, le “dernier des mauroyistes”, aurait en fait été docile sur le volet cumuls des mandats lorsque les Francs-Tireurs Gilles Pargneaux et Frédéric Marchand sont venus frapper à sa porte. Le prétexte aura enfin était le bon pour un déboulonnage interne. La quête de l’exemplarité pré-présidentielle 2012 selon Sainte Martine est atteinte. Amen. La providence s’appelait “Siège de Sénateur”, finalement décliné par le Saint Bernard. Président du Conseil Régional du Nord-Pas de Calais et Sénateur, et donc cumulard en puissance, Daniel Percheron fait-il également l’objet de pressions à l’aube des futures sénatoriales ? Sa chaise vide du Grand Stade illustrerait-elle l’ombre d’un refus ? Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque et René Vandierendonck, futur ex-maire de Roubaix, ont de leur côté déjà mangé quatre places (parité oblige) de la liste socialiste pour les futures sénatoriales dans le Nord. Est-ce à dire que le Député Maire de Dunkerque fera bientôt une annonce d’allégement de mandat ? Dauphin imposé, Pierre De Saintignon, “homme lige de Martine Aubry”, élu en “ticket” avec le Président Percheron à la tête du Conseil Régional en 2010, attend son heure pour prendre place sur le perchoir de l’assemblée régionale. Va-t-il finalement devoir encore patienter ? La toile aubryiste est-elle plus longue à tisser qu’à détisser la toile mauroyiste et la toile artésienne ? Celui qui ne veut plus patienter est Patrick Kanner qui lorgne depuis longtemps sur la Présidence du Conseil Général du Nord. L’ex-homme d’appareil habitué à essuyer les coups d’épines “derosières” et (petits) croche-pied aubrysistes veut surtout éviter un destin à la Bernard Roman, dauphin désigné à la Mairie de Lille puis sommé de se cacher dans l’ombre de Martine Aubry, et enfin mis au ban pour quelques fautes de goûts. Candidat à la future présidence, Patrick Kanner “a envie d’écrire une nouvelle page du même livre.” L’écrira-t-il ? Peu importe car finalement tout change, rien ne change, à part le nom du seigneur et de ses agneaux.

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