Comité de Salubrité Régional Nord/Pas-de-Calais


à feu et à sang

“Stéphane Saint-André est le candidat d’un accord de campagne. À 20h01, cet accord ne tient plus”, à 20h01 ce dimanche 6 mai, ce dimanche de second tour de la présidentielle 2012, les législatives ont commencé dans le Nord/Pas-de-Calais. Chaudement. On compte de nombreux foyers, des dommages collatéraux, des fournaises, mêmes des feux follets et des feux de paille, voire des feux de position. La brigade des pompiers est débordée tant les pyromanes courent les rues et les affiches électorales. Hervé-Marie Morelle dans la 1e du Nord pourra-t-il en coller, des affiches ? Plus que des comptes qui brûlent, le candidat de l’ex-majorité présidentielle est surtout chatouillé par le maintien de Brigitte Mauroy, Gauche moderne. Une broutille ou brindille comparée aux dissidences déclarées ça et là. Le PS Dominique Baert dans la 8e du Nord promise au vert Slimane Tir met finalement le feu au sacré, à l’accord électoral PS-EELV. Le désormais libre Luc Monnet dans la 6e du bouillant UMP Thierry Lazaro ne veut plus mourir à petit feu tout en voyant son terrain se consumer avec la réforme territoriale. Le désormais libre également Jean-Pierre Bataille en froid avec l’UMP sortante Françoise Hostalier brûle d’impatience mais joue avec le feu sous couvert de vouloir raviver une flamme qui selon lui s’éteint en Flandres. Le retour de flamme, il sera peut être pour Rémi Pauvros, Maire de Maubeuge et candidat PS dans la nouvelle 3e du Nord ; candidat plus vraiment naturel puisqu’après avoir été savamment écarté, le sortant Jean-Luc Pérat, battu en interne, défendra son siège quitte à se griller au PS. Celui qui a le plus le feu aux fesses est le Modem Olivier Henno qui joue beaucoup pour son retour devant les urnes. D’Hélène Parra, candidate naturelle PS de la 4e, en passant par Martine Aubry, Marc-Philippe Daubresse, député UMP sortant, chacun sait que les ailes d’Olivier Henno sont de cires. Alors que le Maire de Saint André, Vice-Président de la LMCU et premier Modem à appeler, même avant le 1er tour, à voter Hollande au 2e tour de la présidentielle, essaye de passer dans le trou de souris du Centre gauche en revendiquant le leadership de la nouvelle majorité présidentielle, chacun aura remarqué que ce trou est vraiment proche du Soleil. Le Soleil. Un qui se demande s’il le verra encore et un autre qui veut être dans sa lumière, la 10e du Nord ressemble à une forêt de pinède qui s’enflamme au grès du vent. Le député sortant Christian Vanneste, exclu de fait de l’UMP mais pas dans les faits, mais depuis président du RPF, a décidé de retourner au feu de la 10e et s’est donc fâché avec son Gérald Darmanin qui a, à ses yeux, un peu trop facilement accepter et un peu trop durement refuser de lâcher l’investiture UMP. Un vrai mélodrame avec au final un infanticide ou un parricide. Suspense. Un méli-mélo est également servi dans une incandescente 2e circonscription du Nord, aux fenêtres de la Mairie de Lille, entre la fille légitime du PS Audrey Linkenheld et le fils illégitime EELV Éric Quiquet. Suspense. Du suspense, il n’y en aura en définitif très peu pour ces législatives, à part peut-être à Béthune où autour du candidat PRG Stéphane Saint-André, Maire de Béthune, ça sent un peu la poudre chez la nouvelle majorité présidentielle qui se divise en trois, avec l’ombre du rapide Jacques Mellick derrière le dissident Alain Delannoy et la fâcherie derrière le dissident Daniel Boys. Vue les conditions d’élection de Stéphane Saint-André à la Mairie de Béthune, il était à prévoir un terrain brulant, c’est une fournaise qui profiterait une nouvelle fois au député UMP sortant André Flajolet. La terre brulée, on la laisse comme toujours à Jean-Pierre Kucheida et Marine Le Pen dans le bassin minier, une terre minée et sur laquelle on annonce le parachutage du para-communiste Jean-Luc Mélenchon. Donc du suspense, il n’y en aura point, même pour Marine Le Pen, future battue offrant une assemblée sans frontiste. Seule cette fameuse “imbécile”, selon Daniel Percheron, future loi sur le non cumul des mandats nous en donnera, du suspense. Pierre De Saintignon à la Région ? Michel-François Delannoy à la LMCU ? Audrey Linkenheld à l’Assemblée ? Walid Hanna à la Maire ? Martine Aubry à Paris ? et Éric Quiquet ? Au piquet ? Au bûcher ?

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Perdu dans le désert

François Bayou doit être dans le désert depuis trop longtemps pour ne plus se demander à qui ça sert ces règles truquées du jeu qu’on veut lui fait jouer, les yeux bandés. Le patron du Modem a donc choisi à titre personnel de voter François Hollande sans condition et de laisser ses électeurs faire libre choix. Écartons tout de go “le courage politique” de cette annonce, une fumisterie électoraliste propagée par les supporters hollandais, François Bayrou aura donc, dans cette annonce qui relève du calcul politique, encore eu un train de retard, celui de 2007. Faire un autre choix serait reconnaître qu’il eut tord en 2007 de brader ainsi par égo la force gouvernementale qu’il représentait comme le précise Hervé Morin, mais ce choix arrive 5 ans trop tard selon Ségolène Royal qui insiste, François Bayrou “n’a pas voulu” d’accord avec les socialistes pour la présidentielle, “et d’une certaine façon, il est aussi responsable de ces cinq années qui viennent de s’écouler”. Dur pour un homme soit disant porté par des convictions. Le Modem affirme enfin son inspiration de centre gauche, sociale démocrate, et en termine avec cette imposture de représenter tous les centres. Les barons locaux, de Jacques Richir à Olivier Henno n’ont pas attendu les consignes de leur Pape, pour conforter leur avenir politique et cuisine électorale métropolitaine dans une larmoyante tribune dans Le Monde appelant à voter François Hollande au nom des saintes valeurs. La position de l’ancien libéral François Bayrou, qui n’aura pas corroborer pendant ces 5 années sa supposée intelligence politique, en est réduite aux scénarii du “si” (si le PS éclate en 2007, si l’UMP éclate en 2012) pour exister, pleinement. D’un centre rêvé capable de travailler à condition avec tout le monde, Bayrou en a fait un centre incapable de travailler avec quiconque, avec ou sans condition. Cela aura au moins le mérite de la clarté pour le centre Droit, ces familles démocrates-chrétiens, valoisiennes et démocrate sociaux, pour cet UDF à reconstruire et qui manquait singulièrement au débat lors de cette présidentielle 2012. Jean Arthuis à déjà fait ce pas. Pour ce qui est de François Bayrou, l’homme sera pour la quatrième fois candidat à l’élection présidentielle en 2017 à l’issue de laquelle il ne pourra s’accrocher à un nouveau scénario du “si”, le centre est déjà éclaté, merci François.

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Les inutiles

On connaissait les petits, les sans grades, on connait désormais les inutiles, démocratiquement parlant. Dans la recherche de respectabilité ou de légitimité du Front National, c’est le Président François Mitterrand qui jeta la première pierre. Le Front National aurait pu être déclaré anticonstitutionnel, il ne l’a pas été, ce n’est pas pour autant qu’il est démocratiquement utile. Le travail de Marie Le Pen depuis la transmission monarcale et patriarcale du parti n’aura eu de cesse de chercher à atteindre cet objectif. Et les 18 % de la présidentielle 2012 la confortent. Relayé par des médias prédicateurs, le scénario d’une droite nationaliste à l’italienne et de l’éclatement de l’UMP est plus que fantaisiste. Le Front National est inutile, c’est son essence et le coeur de son existence. Marie Le Pen et sa formule “UMPS” n’appellera à voter ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande pour le deuxième tour de l’élection présidentielle. L’Esprit de la Ve République ne permet pas à un parti sans alliance de parvenir au pouvoir, et l’UMP ne le sait que trop bien. Pour les élections législatives que Marine Le Pen attend visiblement goulûment, le FN n’aura au mieux qu’une élue, Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, plus certainement aucun dans un scrutin uninominal à deux tours. Le FN ne sera jamais non plus un parti d’opposition, les sursauts républicains auront toujours raison de lui. Ainsi la question de son caractère républicain du FN revient comme un boomerang. La seule évolution remarquée est que le FN n’est plus seulement une soupape populo-populiste ou un virus politique et idéologique pour la droite républicaine, il est devenu un effet indésiré du lent poison que distillent ceux qui entretiennent la désespérance. Avec ses 11 % et son score toutefois historique Jean-Luc Mélenchon est aussi inutile démocratiquement que celle qu’il a pris en grippe. Avec un score très inférieur au mouvement de fond annoncé, sa tête baissée, son refus d’être une force gouvernementale et son appel à “faire battre Nicolas Sarkozy”, Jean-Luc Mélenchon se révèle simple rabatteur de gauche, camelot à la petite solde, celle du désistement républicain entre forces de gauche au deuxième tour des législatives. On ne doute pas que Jean-Luc Mélenchon 2012 ai vu la naissance d’une force qui ne s’arrêtera pas à 2017, une élection présidentielle pour laquelle il est déjà candidat, il entre ainsi dans la droite ligne et tombe dans le même piège que l’inutile François Bayrou. Avec plus de la moitié de ses électeurs perdus entre 2007 et 2012, François Bayrou s’exprimera le 3 mai 2012 pour laisser libre choix à ses électeurs, une “avancée significative” depuis le “ni-ni” suicidaire de 2007. À force de refuser d’être une force gouvernementale, François Bayrou ne sert rien et à rien, à part entretenir son verbe, prêcher une bonne parole dans le désert de Judée et être invité à un diner de con. Sur la seule question de personne, il a réussi à tuer et confisqué le fort désir de centre dans ce pays qui n’aura pas trop de 5 ans pour se reconstruire, on l’espère autour des idées plutôt que de l’homme. Un homme divisé, tout lui résiste.

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Mort ou vivant

“Je quitte évidemment l’UMP”. Le jour de ses 60 ans, Jean-Louis Borloo, Président du Parti Radical, a pris le chemin de la présidentielle 2012 au détour d’une émission plutôt rafraîchissante quant à la pratique du discours politique. Du Borloo dans le texte et dans le geste donnant vie à cette confédération des centres, du Borloo qui enthousiasme des Radicaux de Gauche au ex-sarkozyste, du Borloo qui perce immédiatement dans les sondages et donc du Borloo qui fait grincer beaucoup de dents, beaucoup. Celles de certains parlementaires UMP d’abord qui l’accusent de division, celles de Marc-Philippe Daubresse qui a force de faire le grand écart s’en trouve écartelé, celles du candidat de l’inutile Dominique De Villepin qui se rêve gaulliste sur une rancoeur personnelle, celles des partisans de “DSK”, Pierre Moscovici en tête, qui sentent poindre le danger d’un espace politique rétréci, celles de François Hollande qui va jusqu’à affirmer que le prochain président de la République ne pouvait “être que socialiste” (sic), celles des écolos apparatchiks pour qui Borloo est un écolo de façade, et surtout celles de François Bayrou, candidat 2012 depuis 2007. L’égocentriste, responsable du schisme des centres, aura en l’espace de 5 ans entretenu une ambition personnelle, détruit un parti, dispersé des parlementaires, égaré des militants et perdu toutes les élections intermédiaires. Tout le contraire en somme du Candidat Borloo qui affirme entretenir une ambition collective, reconstruire un appareil, réunir des parlementaires, rassembler des militants et réellement peser sur un second tour. Depuis Borloo, Hulot et De Villepin sont sortis du bois, une multiplication de candidatures qui fit ironiser François Bayrou sur la “saison des champignons”, mais le vrai parasite de cette élection présidentielle est bien le Président du Modem. Borloo, Bayrou, il y en aura qu’un. Question appareil, espoir, Borloo est largement gagnant, question cuisine politique, Bayrou est vainqueur car inoffensif pour l’ensemble de ses adversaires. Borloo capable de rassembler radicaux, gaullistes, chrétiens-démocrates, socio-démocrates et écolo-démocrates, forcément ça dérange plus qu’aux entournures au point que certains tentent de le faire passer pour un “agent double”. Le pathétisme des “candidats 2012 depuis 2007″ que sont Bayrou, De Villepin et Royal nous rappelle que la vérité d’une élection présidentielle n’est jamais celle de la suivante. On se souvient ainsi que Jacques Delors ne s’était finalement jamais présenté à l’élection présidentielle de 1995 de peur, narrent ses mémoires, de se faire imposer un projet socialiste qui ne fut le sien. Le 4 avril 2011, sa propre fille, Martine Aubry, présente le projet des socialistes, “L’avenir aime la France” et l’impose par une simple déclaration : «On n’est pas candidat pour le PS si on ne défend pas le projet des socialistes».

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Le Choix des Armes

Les Cantonales 2011 ont rendu leur verdict à l’occasion du premier tour de ce dimanche : “Abstention Record” et “Vague Bleu Marine” seront les gros titres du jour. Les premiers commentaires et analyses tombent déjà, notamment sur le Nord/Pas-de-Calais. Certes dans la région, on ne peut s’empêcher d’observer la confirmation de l’inutilité politique du Modem, à part le Modem d’Arras (mais est-il encore le Modem ?), l’entretien des bastions PC-FDG, l’évolution d’EELV ou la bonne tenue des partenaires de la majorité présidentielle hors UMP avec la néo-centriste Joëlle Cottenye à Lannoy, le radical Salvatore Castiglione à Valenciennes, le “candidat libre” Nicolas Siegler à Cambrai, le “Sans Étiquette” Danny Wattebled, mais force est de constater le revers de l’étiquette UMP, la stagnation, voire légère régression du PS qui ne profite pas du contexte politique à l’image de l’élimination au premier tour du Vice-Président sortant Jean-Luc Chagnon sur Valenciennes et bien évidemment la poussée du FN version Marine Le Pen qui se permet le luxe de qualifier pour le second tour des candidats parfois “fantômes”. On stigmatisera le ping-pong incessant et indécent de l’UMP et du PS sur la question du Front National. D’un côté, la diabolisation de Nicolas Sarkozy, qui a “abîmé la République” selon Martine Aubry, ou “responsable de la désespérance qui grandit partout” selon Dominique Dupilet, Président du Conseil Général du Pas-de-Calais, de l’autre les déclarations ambigües sur le “Front Républicain” de Jean-François Copé, secrétaire national de l’UMP ou de Jean-René Lecerf, Président du Groupe UPN au Conseil Général du Nord qui rappelle que ce sont les socialistes qui “ont fait rentrer le FN à l’Assemblée Nationale”, et même dans la vie politique ajouterons-nous. La vérité est que le Front National, est là et bien là, à nous rendre las. La modification de la qualification pour le second tour des cantonales (de 10% à 12,5% des exprimés) offre au Front National non plus des triangulaires mais des duels (souvent face au PS, exception faîte à Cysoing face à l’UMP Luc Monnet) dans quasiment un canton renouvelable sur deux dans le Nord/Pas-de-Calais. Le Pas-de-Calais subit lui-même une véritable contagion FN, à l’image des scores béthunois, calaisiens, artésiens et ceux de Steeve Briois à Montigny avec un score de 36%. Jean-Luc Mélenchon, Candidat à la Présidentielle pour le Front de Gauche, ne veut voir la migration de l’électorat populaire de la gauche et gauche extrême vers l’extrême droite, mais le Pas-de-Calais à lui seul semble l’indiquer. Des électeurs civiques, des électeurs partisans et des électeurs insurgés, tels ont été les participants de ces élections cantonales. Les déçus du Sarkozisme, les déçus de la politique, les agnostiques de la politique, les résignés, indifférents, irresponsables et invisibles ne sont pas aller aux urnes, et l’on ne pourra s’empêcher de voir, une nouvelle fois, dans la vague Marine Le Pen, les envies de cacoratie du peuple français, la plus mauvaise des options politiques pour favoriser l’instauration d’un nouveau régime, système ou pratique politique ? Après Coluche, Marine Le Pen ? Un jeu bien trop dangereux, Marine Le Pen est radioactive pour la démocratie. On en connaît qui sont morts à se tirer une balle dans le pied. On préférait que chacun dépose les armes, que l’armée se réforme avant qu’on ait droit au régime des colonels …

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Allégation et Allégeance

Cambrai, dix minutes d’arrêt. Il aura fallu plus de temps cette semaine à Martine Aubry pour soutenir les “quatre fantastiques”, entendez les quatre candidats PS du secteur pour les cantonales. Dix minutes, ce n’est même pas le temps qu’il a fallu au Maire François-Xavier Villain pour s’étrangler à la lecture de son journal préféré le lendemain. Brigitte Guidez, candidate PS à sa succession dans le canton de Cambrai-est, entre quelques incantations au “bouclier social”, devise : “le Cambrésis est en panne de projets”. Elle cite la “remise en cause par l’État du financement du canal Seine-Nord”, pointe du doigt “le morcellement des intercommunalités du Cambrésis… Rien ne fédère notre secteur, contrairement à ce que tu sais si bien faire à l’échelle de cette superbe communauté urbaine de Lille ». Ohhh ! L’ode goulue de Guidez provoque aujourd’hui la froide colère de FX qui crie à la trahison territoriale avec ses 328 projets envoyés au Conseil Général : « Elle vient nous parler de la couleur de ses cheveux, dont je n’ai absolument rien à secouer, en ce que j’aurais préféré qu’elle nous parle de la couleur de ses idées ! Qu’elle ne se batte pas pour son territoire, on en avait fait notre affaire, mais qu’elle le méprise, ça, nous ne pouvons l’accepter !”. Ouch le crêpage de chignon ! Il faut croire que l’allégeance réveille les langues. La couleur des idées d’Henri Ségard, le future ex-maire de Comines, daltonien ou non, on aurait du mal à la discerner. Bleu-Orange-Rose ? Celui qui « ne sera plus jamais maire de Comines » et 17 autres élus démissionnent pourtant le 18 février pour provoquer un nouveau scrutin après que le mandat de son ancien protégé, le maire UMP Alain Detournay, ait tourné au vin aigre, millésime 2009. Venu sauver Comines d’un bourbier politique, le Vice-Président de Martine Aubry à la LMCU, Henri Ségard, inaugure par anticipation un drôle de retour de bâton pour ces “petits” maires qui ont fait allégeance à Martine et qui retourne vers leurs électeurs, non sans mal. L’ancien Maire de Tourcoing, Jean-Pierre Balduyck y voit « une imbécillité politique ». Quoi ? David Paris, tête de liste de la gauche à Comines en 2008, raconte : “Gilles Pargneaux, le responsable de la Fédération socialiste du Nord, est venu pour convaincre les militants PS de Comines d’intégrer la liste Ségard. Il nous a dit que l’avenir politique de Martine Aubry en dépendait, que si Ségard n’était pas élu, Daubresse prendrait la tête de la communauté. Nous avons été impressionnés et nous avons accepté”. Depuis ils regrettent, amèrement. Élu Maire, Conseiller Général puis Conseiller Régional UMP avant de s’égarer au Modem pour les Régionales, Henri Ségard a le blanc seing d’une Martine Aubry, pas le moins du monde menacée de sa présidence communautaire, qui renvoie juste l’ascenseur. Les militants fulminent « Ségard a toujours mené une politique de droite et nous l’avons combattu. Comment expliquer aux 38 % d’électeurs de 2008 que nous retournons notre veste ?! ». Qui plus est pour que le Modem représente la Gauche. « Je comprends la difficulté pour les camarades mais ceux qui iront sur une autre liste ne seront plus socialistes”, prévient Gilles Pargneaux pour qui “Ségard est de centre gauche, il a évolué”. Celui qui se déclare “gaulliste social” n’a pas cherché a expliqué l’inexplicable, en l’occurrence le Modem, Ségard simplifie son discours « L’objectif est de faire battre le sarkozyste de service”. Fermez-les bans. Vincent Ledoux, Maire de Roncq, Nicolas Lebas, Maire de Fâches, Olivier Henno, Maire de Saint-André, Damien Castelain, Maire de Péronne-en-Mélantois, Daniel Janssens, Maire de Wambrechies, tous Vice-Président de la LMCU, ont du être très attentifs à la séquence. On ne leur souhaitera pas une élection municipale anticipée …

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Mysticisme et mystification

On se demandait comment les “bédouins” allaient sortir du désert, en gros comment les élus Modem allaient sortir de l’impasse politique de François Bayrou. Eux qui criaient aux Judas, quand les premiers apôtres furent partis dans l’entre-deux tours de la présidentielle 2007. On a eu un début de réponse par le fils de l’ancien Maire de Croix, Christian Carnois qui a trouvé la supercherie intellectuelle en se revendiquant de l’Alliance Centriste, ce groupuscule du Sénateur Jean Arthuis, seul membre de la “Confédération Centriste” actuellement en chantier (Nouveau Centre, Parti Radical, Gauche Moderne, Alliance Centriste, …) à ouvrir une improbable porte au Modem. On peut dire que le Modem Christian Carnois, mis à nu de tout ses mandats sur Villeneuve d’Ascq en 2007, ne s’y est pas seulement engouffré, il aurait eu tendance à la forcer, la porte. Voici désormais Christian Carnois auto revendiqué candidat du centre, alliance centriste, donc confédération des centres, aux élections cantonales, alors que le Parti Radical et le Nouveau Centre s’étaient désistés pour l’UMP Florence Bariseau. L’OPA de Carnois, qui a trouvé sa propre conception de l’arche de l’alliance (un communiqué de presse de 25 000 caractères), Nicolas Lebas, maire Modem de Faches Thumesnil, a dû y être très attentif, lui qui soutient par ailleurs, le Maire de Lesquin, Dany Wattebled, désormais ancien Modem, puisque le Conseiller Général sortant s’est débarrassé, quand les Cantonales furent venues, de cette encombrante étiquette. Se revendiquant au “service des habitants” et sans étiquette, Dany le “DVD” (et bientôt NC selon la rumeur) a provoqué comme à Villeneuve d’Ascq la rancune des représentants de la majorité présidentielle locale. De quoi donner des idées à Jean-Marie Vanlerenberghe, Sénateur-Maire Modem d’Arras, lui qui “privatisait” pour la première fois en 1995, alors fraîchement élu Maire UDF au profit du baron PS déchu Léon Fatous, la Grand Place d’Arras pour Johnny. Verra-t-on JMV prendre la tête d’une liste sénatoriale avec Natacha Bouchart, Maire UMP de Calais, en N°2 ? Les paris sont faits et les jalons sont déjà posés avec l’UMP Pas-de-Calais pour les Cantonales. Ainsi, au Portel, UMP et Nouveau Centre ne présentent personne face au maire Laurent Feutry, un temps Modem, aujourd’hui sans étiquette (élu UDF de 1998 à 2004). Mouillé jusqu’au coup dans la gestion aubryste de la LMCU le Maire Modem de Saint-André-lez-Lille, Président de la fédération Modem du Nord-Pas-de-Calais, et mouillé jusqu’au coup dans la gestion aubryste de Lille, Olivier Henno et Jacques Richir auront, eux, du mal à franchir ce qui ressemble de plus en plus au Rio Grande. Mais l’honneur est sauf, seul, un seul homme est capable de séparer les eaux, et ainsi prolonger la longue marche de “son” peuple. Cet homme, c’est François Bayrou, celui là même qui déclare qu’ “il n’y aura qu’un seul candidat du centre à la présidentielle”, entendez lui. “Seul”, on le confirme François Bayrou le sera bientôt, lui qui voit se reformer l’UDF post 2007, voire post 2002, mais sans lui. Il doit certainement penser que les brebis égarées retrouveront leur berger pour 2012, mais ses brebis ont l’air plutôt d’en avoir marre d’être prises pour des veaux, d’or soient-ils … Après savoir si les ex-modem seront accueillis en fils prodigues ?

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Modem de Droite

Que reste-t-il du Modem ? Deux députés et des sénateurs. Denis Badré, Jean-Jacques Jegou, Didier Borotra, Marcel Deneux, Anne-Marie Payet, Adrien Giraud, Jacqueline Gouraud et … Jean-Marie Vanlerenberghe, Sénateur Maire d’Arras. Soit les derniers bédouins de la formation positionnée Centre Gauche depuis le second tour de la présidentielle 2007. Les marcheurs du désert politique sont également les derniers de l’ex-UDF à se présenter au suffrage universel … indirect à la faveur des élections sénatoriales de l’automne 2011. Hervé Morin, les députés UDF et sénateurs UDF ont fait sécession depuis longtemps, depuis la législative de 2007, motivant la création du Nouveau Centre. Entre temps, les Sénateurs Arthuis, About, Morin-Desailly ont quitté le radeau, Michel Mercier garde les sceaux. Philippe Arnaud, Philippe Nogrix sont déjà tombés au front lors du renouvellement sénatorial de septembre 2008. À force de ne pas choisir entre la Droite et la Gauche, Nogrix a pris un vent, Philippe Arnaud s’est fait hara-kiri sur une liste UDFD torpillant du même coup la liste UMP de Charente. Vice-président du Modem, “Ministre du Travail” dans le Shadow Cabinet du Shadow Président Bayrou, Candidat à sa propre succession, Jean-Marie Vanlerenberghe se retrouve en Septembre 2011 sur le grill, tout comme Jacqueline Gouraud, autre figure de la garde (très) rapprochée de François Bayrou. Plus que sur des oeufs, JMV va devoir marcher sur l’eau pour s’asseoir de nouveau dans son siège de Sénateur. En tournée électorale depuis deux ans, le Maire d’Arras, pourfendeur de la félonne Corinne Lepage (Européennes 2009) et de la réforme des retraites, a déjà la parade : “Dans les élections territoriales, chacun le sait bien, ce n’est pas l’étiquette qui compte, c’est l’homme”. Problème, les Sénatoriales ne sont pas un scrutin uninominal, mais bien un scrutin de liste, dans lequel il faut écrire le nom d’autres hommes (et de femmes) qui, quoiqu’en dise l’édile arrageois, ont des étiquettes (politiques). Ainsi lors des élections municipales de 2008, Vanlerenberghe s’était brillement fait réélire dès le premier tour avec Philippe Rapeneau (UMP) avec au passage, le ralliement de deux ex-socialistes et d’un communiste. Comme en écho, Jacques Richir rejoignait Martine Aubry à la Mairie de Lille, et Olivier Henno à la LMCU. Plus proche de lui, le Modem d’Olivier Gacquerre torpillait la liste Mellick à Béthune. C’était le bon temps. Depuis, deux élections à la proportionnelle qui devaient leur être favorables ont balayé le Modemisme rêvé de François “Henry IV” Bayrou : Les Européennes et surtout les Régionales. Pire que l’imposture politique du perpétuel candidat à la présidentiel, c’est l’impasse politique du Modem qui surgissait (enfin, diront certains) au grand jour. Vu la jurisprudence Philippe Arnaud, Vu Daniel Percheron, Candidat socialiste PS du Pas-de-Calais n’ayant ni place, ni volonté d’accueillir, il est fort à parier Jean-Marie Vanlerenberghe ne pourra faire autrement que “composer” avec des UMP sur sa liste. Voici un “dossier” que Daniel Fasquelle, nouveau patron de la fédé UMP du 62, aura bientôt sur son bureau. JMV n’a pas encore les articulations du contorsionniste MPhD mais gageons que c’est surtout l’ire des (nombreux et actifs) militants du Modem, dont il est aussi responsable, qui risquent de lui faire mal aux oreilles. Un accroc à la pureté originelle ? Pensez donc …

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Factice
26 mars 2010, 21 h 26 min
Filed under: Billet | Tags: , , , , , , , , , ,

Le couperet des Régionales Nord/Pas-de-Calais est tombé, les voix de gauche sont impénétrables. L’UMP qui boude, le FN qui gronde, le PS qui revit, le Modem qui se meurt, le PC et les Verts qui franchissent la barre des 10%, et la tentation de l’abstention, les “abstentationistes”. L’abstention grand vainqueur des Régionales, les titres des journaux du 14 mars et 21 mars étaient en vérité déjà faits. À chaque élection son message. Lors des Européennes, les Français avaient crédité le Président pour sa gestion internationale de la crise, ils l’auront, lors des Régionales, sanctionné pour sa gestion française de la crise. Message depuis brouillé par les commentaires satisfaits des uns et le remaniement, un Daubresse en sus, et recadrages des autres. Les plus populistes n’auront pas été ceux qu’on croit. Plus populiste qu’un Front populiste qui sur une rhétorique implacable aura rassemblé 300.000 voix, 22,2 %, soit 18 élus, il existe désormais l’électeur, qui se déplace ou non. On savait déjà depuis 2002 que les électeurs étaient devenus des consommateurs du politique, on pourra dire que la tendance consumériste ne fait que s’accentuer, élections après élections, nivelant par le bas le débat politique. Le bulletin de vote est désormais un investissement, avec retour exigé. Une vision personnelle, presque égoïste, conservatrice et conservatoire, primant sur l’intérêt général et la vision politique, jugée trop altruiste pour être vraie. La résistance à la démocratie représentative ne prendra pas les traits de la démocratie directe, juste ceux de la démocratie tribale, tribunitienne et tributaire. L’oligarchie menacée, le peuple agacé, la “moins pirocratie” installée. Le politique du pire n’est jamais très loin.

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Loto Sportif
12 février 2010, 13 h 00 min
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À force d’user et d’abuser des métaphores sportives, Olivier Henno, qui tente de prolonger la séquence Bayrou, ou ce qu’il en reste, finit par s’emmêler les crampons. Commentant l’arrivée d’Henri Ségard, ancien maire de Comines, sur sa liste, il se laisse aller au lyrisme sportif : « une bonne équipe de foot, enrichie de personnes extérieures qui viennent crédibiliser la démarche, comme au mercato ». Sauf que là, on est plus dans le recrutement d’un joueur en rupture de banc (politique), plus sûrement en fin de contrat. Lors de la conférence de presse de présentation de son nouveau joueur, c’était le cyclisme à l’honneur : « Nous abordons les six derniers lacets de l’Alpe d’Huez, que sont les régionales, avec les jambes assez légères et l’on ne s’interdit pas de créer une surprise. ». Dopé à la méthode Coué, le Modem semble oublié la célèbre fringale qui guette tout coureur cycliste. Henri Ségard lui a emboîté le pas pour « être dans le peloton qui fait l’échappée. Je ne veux pas en quelque sorte rester sur le banc de touche ». On pense plus à la voiture-balai dans ce cas. En campagne dans le bassin minier ou miné c’est selon, il s’offre une dernière « bétaphore » : « La liste de Valérie Létard, c’est une succession d’individualités. Ça ressemble un peu à la liste du PSG : de brillantes individualités mais ça ne marche pas. Nous c’est le centre de formation conquérant, le Lens de Daniel Leclercq ! ». On rappelle que le centre de formation du Racing Club de Lens est la risée du football français avec un investissement démesuré, la Gaillette inaugurée en 2001, qui a accouché d’une souris, peu ou pas de joueurs sortis du dit Centre de Formation. Pour autant, le Modem a franchi le pas en Gironde avec l’investiture de Marouane Chamakh, l’attaquant des Girondins de Bordeaux, en n°13 sur la liste de l’un des rares députés Modem, le chanteur gréviste Jean Lassalle. On rappelle qu’en 2004, Gilles De Robien, alors candidat UDF sur la Picardie, avait positionné pour les Régionales en position éligible Élodie Gossuin, ex-Miss France, sans pour autant qu’on ait eu droit aux métaphores de concours de beauté ou autres castings. On conseillera plus à Olivier Henno d’user pour le futur le langage de l’univers hippique avec la course d’obstacles qui se profile au soir du 1er tour.

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