Comité de Salubrité Régional Nord/Pas-de-Calais


Président Placebo

Le résultat de la présidentielle 2012 est tombé, implacable, comme un verdict médical. François Hollande (18.668.000 voix) remporte l’élection devant Nicolas Sarkozy (16.860.685 voix). Implacable, comme les analyses déflorées ici avant le deuxième tour. Malgré intoxication médiatique, profond désamour, crises structurelles, état d’urgence républicain, appel au référendum anti-sarkozyste, le vote Hollande avec 51,6 % des voix n’apparaît clairement pas comme un vote d’adhésion. Ce n’est pas tant l’action du Président sortant mais sa personnalité qui a été sanctionnée à travers ce scrutin. De fait, dès son élection, le désormais Président Hollande embrassa une personnalisation différente de la fonction. Pour autant, capable d’avoir fait sa campagne sur le seul thème du remplacement, François Hollande en sera également coupable tant les contours de son ambition pour la France sont finalement au mieux flous au pire utopiques, témoin cette “croissance à crédit” européenne ou cette première mesurette du blocage du prix de l’essence pendant 3 mois contrariée par une baisse des prix du carburant. François Hollande ne peut pas décevoir, tel est le message des électeurs, qui n’attendent pas une politique de surface ou d’emballage, mais une politique profonde et sans ambages. On jurerait que l’effet n’existe pas en politique, pourtant les français ont voté pour un président placebo. La mesure thérapeutique semble intrinsèquement nulle ou faible, sans rapport logique avec la maladie, mais les médecins, et certains patients, sont persuadés que le mécanisme psychologique ou psycho-physiologique jouera. Chacun demande à voir. Cette présidence est de plus menacée par l’inconséquence des forces de gauche pendant la campagne à susciter, au travers de ce fumeux concept d’état d’urgence républicain, ou espérer, dans la désormais nouvelle majorité présidentielle, l’implosion de l’UMP. La gauche veut-elle clairement Marine Le Pen comme chef de l’opposition ? La démocratie en frisonne. La dernière poussée de fièvre de la droite extrême dans une Grèce hagard ou le foyer de contamination d’Hénin-Beaumont dans un fief historique de la gauche devrait pourtant en vacciner plus d’un. La Droite républicaine battue se doit également d’être en vigilance brune, elle qui sait que s’allier avec le FN c’est mourir, et pas à petit feu. Elle semble vouloir pour l’instant rendre seulement à cette gauche, qui pendant 5 ans s’enferma dans l’opposition primaire, systématique et outrancière, la monnaie de sa pièce avec les polémiques sur les drapeaux de la Bastille ou des Falcons de Tulle. François Bayrou, qui affirme vouloir passer d’une opposition systématique à une opposition vigilante, quitte à créer encore un nouveau centre, n’aura peut être pas l’occasion de s’opposer à l’assemblée nationale. Il a fâché sa famille d’origine et n’est pas le bienvenue dans la famille plurielle. Il n’y aura donc pas d’effet fils prodigue pour le Béarnais, englué dans le cul de sac de ses certitudes. Les Verts, eux, ont la certitude d’être une force gouvernementale avec 2% des suffrages au premier tour, c’est le paradoxe qui aura tué Éva Joly pendant la présidentielle. La marionnette qui voit ses manipulateurs se déchirer pour des marocains ne souhaite désormais pas être marron et revendique une part de la dinde. Des certitudes les électeurs du Centre droit en veulent désormais, eux qui voient leur famille, qui a manqué le repas, en thérapie avec en contre-indication la division. Ce n’est pas un philosophe dont ils ont besoin mais d’un professeur. Quant au grand bateleur Jean-Luc Mélenchon, il veut ses 30/40 députés, effets forcément secondaires de ses soins intensifs administrés au patient communiste et preuve qu’il y avait, finalement, une condition. Et le malade dans tout ça ? Son médecin traitant a été rayé de l’ordre. On souhaite juste désormais que le médecin de garde ne lui fera pas ingurgiter des médicaments sans posologie.

Commentaires Fermés


Chèque en blanc

Malgré un “incroyable désamour” du Président sortant et les crises successives qui ont balayé tous les exécutifs européens, le candidat Nicolas Sarkozy n’a pas fait un si mauvais score lors du premier tour de la présidentielle comme le reconnaît François Bayrou qui, comme attendu, à laisser libre choix à ses électeurs. Le scénario du 2e tour laisse présager une victoire du candidat socialiste François Hollande dans une fourchette beaucoup plus restreinte qu’annoncée par les sondeurs et ce malgré l’état d’urgence républicaine décrétée par les forces de gauche. Avec un candidat qui, en sus, aura fait toute sa campagne sur le “remplacement” du président sortant, le résultat final obtenu sera donc bien loin d’être un vote d’adhésion démontrant que les français ne sont pas prêts à laisser un chèque en blanc au seul nom d’une présidence apaisée. “Le changement c’est maintenant”. Les sortants semblent demander “pourquoi ?”, et tout français semble se demander “pour quoi ?”. En martelant de plus l’existence d’une ligne antirépublicaine, et le scénario, pourtant improbable, d’un rassemblement de la droite populaire avec la droite extrême, les forces de gauche semblent insidieusement installer une opposition pernicieuse pour la démocratie. Elle nous rappellerait ce goût acide des deuxièmes tours Force de Gauche-Front National dans le Pas-de-Calais, le tout avec en toile de fond un projet finalement conservateur dans un contexte économique impitoyable. Le Président sortant a déjà eu bon dos, il ne pourra l’avoir éternellement. Les chèques en blanc existent, les dettes en blanc pas encore.

Commentaires Fermés


Question de valeurs

Les valeurs, il en fut particulièrement question lors de la campagne de l’entre deux tours de la présidentielle de 2012. Recul des valeurs républicaines, menaces des libertés fondamentales, politiques répressives et discriminatoires, incitation à la haine, stigmatisation, … les grands et gros mots furent utilisés pour “combattre” le candidat Nicolas Sarkozy dont les valeurs sont supposées solubles dans les thèses de Marine Le Pen. C’est une lourde responsabilité démocratique que d’enclencher l’état d’urgence républicain dans un second tour qui oppose les familles traditionnelles de la droite et de la gauche représentées par les deux finalistes François Hollande et Nicolas Sarkozy. Amalgamer Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, en venir sur terrain de la fascisation des esprits, exercer une forme de terrorisme intellectuel ou de chantage aux valeurs est une paupérisation démocratique et lézarde le débat républicain. Il y aurait même ici une ligne qui distinguerait les républicains et les autres de l’avis de Martine Aubry. Elle entache la crédibilité du principe de précaution. Ceux sont pourtant les mêmes qui cautionnent “la chasse aux riches”, la menace de la liberté d’entreprendre ou la stigmatisation des “privilégiés”. Par calcul électoraliste, la droite a pour mauvaise habitude d’attiser les peurs alors que la gauche surenchérit les émotions. C’est ce spectacle électoral qui aura confisqué l’entre deux tours et un éventuel débat sur l’avenir de la France, qui devrait pourtant être la clé de voute de cette élection.

Commentaires Fermés


Les inutiles

On connaissait les petits, les sans grades, on connait désormais les inutiles, démocratiquement parlant. Dans la recherche de respectabilité ou de légitimité du Front National, c’est le Président François Mitterrand qui jeta la première pierre. Le Front National aurait pu être déclaré anticonstitutionnel, il ne l’a pas été, ce n’est pas pour autant qu’il est démocratiquement utile. Le travail de Marie Le Pen depuis la transmission monarcale et patriarcale du parti n’aura eu de cesse de chercher à atteindre cet objectif. Et les 18 % de la présidentielle 2012 la confortent. Relayé par des médias prédicateurs, le scénario d’une droite nationaliste à l’italienne et de l’éclatement de l’UMP est plus que fantaisiste. Le Front National est inutile, c’est son essence et le coeur de son existence. Marie Le Pen et sa formule “UMPS” n’appellera à voter ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande pour le deuxième tour de l’élection présidentielle. L’Esprit de la Ve République ne permet pas à un parti sans alliance de parvenir au pouvoir, et l’UMP ne le sait que trop bien. Pour les élections législatives que Marine Le Pen attend visiblement goulûment, le FN n’aura au mieux qu’une élue, Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, plus certainement aucun dans un scrutin uninominal à deux tours. Le FN ne sera jamais non plus un parti d’opposition, les sursauts républicains auront toujours raison de lui. Ainsi la question de son caractère républicain du FN revient comme un boomerang. La seule évolution remarquée est que le FN n’est plus seulement une soupape populo-populiste ou un virus politique et idéologique pour la droite républicaine, il est devenu un effet indésiré du lent poison que distillent ceux qui entretiennent la désespérance. Avec ses 11 % et son score toutefois historique Jean-Luc Mélenchon est aussi inutile démocratiquement que celle qu’il a pris en grippe. Avec un score très inférieur au mouvement de fond annoncé, sa tête baissée, son refus d’être une force gouvernementale et son appel à “faire battre Nicolas Sarkozy”, Jean-Luc Mélenchon se révèle simple rabatteur de gauche, camelot à la petite solde, celle du désistement républicain entre forces de gauche au deuxième tour des législatives. On ne doute pas que Jean-Luc Mélenchon 2012 ai vu la naissance d’une force qui ne s’arrêtera pas à 2017, une élection présidentielle pour laquelle il est déjà candidat, il entre ainsi dans la droite ligne et tombe dans le même piège que l’inutile François Bayrou. Avec plus de la moitié de ses électeurs perdus entre 2007 et 2012, François Bayrou s’exprimera le 3 mai 2012 pour laisser libre choix à ses électeurs, une “avancée significative” depuis le “ni-ni” suicidaire de 2007. À force de refuser d’être une force gouvernementale, François Bayrou ne sert rien et à rien, à part entretenir son verbe, prêcher une bonne parole dans le désert de Judée et être invité à un diner de con. Sur la seule question de personne, il a réussi à tuer et confisqué le fort désir de centre dans ce pays qui n’aura pas trop de 5 ans pour se reconstruire, on l’espère autour des idées plutôt que de l’homme. Un homme divisé, tout lui résiste.

Commentaires Fermés


Expression électorale et impression électoraliste

Les chiffres sont donc tombés, 10.272.705 de voix pour François Hollande et 9.753.629 de voix pour Nicolas Sarkozy. Le premier tour de l’élection présidentielle s’est donc joué à 519.076 voix, soit 1.45 point de différence entre deux candidats désormais qualifiés pour l’audit du 6 mai 2012, et ce fut finalement la seule certitude d’un scrutin encore confisqué, confisqué par les sondages, confisqué par le vote utile et invisible, confisqué par les médias. Sondage, participation, estimation, estimation de 20h, ordre d’arrivée, désaveu, colère ou adhésion, les observateurs nous auront démontré que leur science n’est pas exacte. Dans le perpétuel brouhaha médiatique, la mélenchonite aigue a ainsi laissé place aux simples oreillons, la colère noire s’est transformée en rage brune, la marée rose n’était pas le raz annoncé et le patient déclaré cliniquement mort est encore debout. Les électeurs, qui se seront autant mobilisés qu’en 2007, se seront également vu confisquer les messages qu’ils entendaient passer à l’occasion de ce scrutin ; messages malaxés, déformés, reformulés par une presse toujours plus péremptoire qui s’est arrêtée sur une analyse partielle et partiale. Un vote Le Pen caricaturé avec irrévérence et cynisme alors que plus qu’un appel à la haine ou le vote d’une sous France, il est le reflet d’une souffrance et un appel à l’aide, une envie de purger le politique et promesses avec la peur en toile de fond et le coup de pied dans la fourmilière pour expression. Le clivage politique s’effectue désormais autour du système/antisystème, du protectionnisme, du rejet, du repli, de la résistance, de la révolution et de la désobéissance d’un côté et autour du progressisme, du pragmatisme, de la prolongation, de la prorogation et de l’adaptation de l’autre. C’est surtout une ligne de fracture avec la “France d’en-bas” qui s’est tracée, avec ceux qui se marginalisent ou ceux qui sont marginalisés. Absent ou présent, cet électorat est déclaré arbitre d’un deuxième tour forcément plus serré qu’annoncé. L’intelligentsia, elle aussi visée par les bulletins de la colère, a déjà en tête une grande victoire et des législatives remportées dans une France à nouveau apaisée pour que la vague hollandaise finisse de prendre les pleins pouvoirs (présidence, gouvernement, assemblée nationale, sénat, conseils régionaux, conseils généraux et municipalités). Néanmoins, ce peuple inféodé est capable de réélire son Président et lui imposer, avec un Front National revenu à ses records historiques, une 4e cohabitation, une exception française. Cela reste de la fiction et laissons le peuple français, le seul dépositaire du pouvoir, s’exprimer. C’est juste ce qu’il demande, il sait qu’on ne cherche, qu’on essaye, qu’on souhaite ou qu’on ne veut pas toujours le comprendre.

Commentaires Fermés


Question de rhétorique

La pirocratie d’extrême droite a trouvé son pendant à l’extrême gauche, en la personne de Jean-Luc Mélenchon triomphalement annoncé à la 3e place du premier tour de l’élection présidentielle 2012. Les bulletins de la colère font les butins électoralistes mais se heurteront toujours aux butées démocratiques. On savait les français espèce protégée la plus pessimiste du monde, on les découvre pirocrates, avec l’envie de hacker le système et la pratique politique avec deux chevaux de Troie populistes. Il ne s’agit plus de convaincre, il s’agit de flatter les bas instincts et les utopies autodestructrices. Et ces jérémiades sont accompagnées de deux rhétoriques trotskistes du début du 20e siècle quelque peu éculées en provenance de Philippe Poutou et Nathalie Arthaud. Question rhétorique, la présidentielle 2012 a bon dos. François Hollande ne sera resté qu’au stade primale de la rhétorique avec comme seul programme le remplacement et un referendum anti-sarkosyte de deuxième tour. Celui qui ne souhaite pas être président à défaut a tout fait pour le devenir. Il en fera sa croix. Rhétorique incontrôlée pour la candidate Eva Joly qui porte le fardeau d’un mouvement d’apparatchiks et d’idéologistes qui auront réussi à prendre en otage les idées écologistes. Rhétorique périmée pour François Bayrou qui finit par rabâcher une rhétorique 2007 qui, à défaut de porter, glisse. Rhétorique surannée pour Nicolas Dupont-Aignan qui défend un monde qui n’existera plus et qui n’existera pas pour Jacques Cheminade et sa rhétorique de principe. La rhétorique calculée du Président sortant Nicolas Sarkozy n’a que pour objectif que d’éviter le dépôt de bilan. C’est bientôt l’heure de comptes.

Commentaires Fermés


Intoxication Médiatique

22 avril 2012, la date était tellement attendue, vendue, survendue qu’elle laisse parfois augurer un sommet footballistique qui ne tiendra pas ses promesses. Trop de mots, trop de sondages, trop de commentaires, trop de débats caricaturaux à défaut d’être contradictoires, trop d’intoxications, à tel point que l’électeur frise l’apoplexie quand il daigne s’intéresser au 1er tour de l’élection présidentielle. Candidat depuis 2007, François Bayrou s’est fait piquer le rôle du 3e homme par Jean-Luc Mélenchon à qui on recommandera de ne pas être candidat 2017 en 2012. Une élection ne ressemblera jamais à la précédente, la leçon était pourtant connue. La rafraîchissante mobilisation de 2007 pour élire un nouveau président à la place d’un président retraité a laissé place à une campagne morose, vulgaire et populiste pour la réélection ou la sanction d’un président qu’on dit en retrait, où les idées et programmes ont été éclipsés par l’anecdotique, l’effet de manche, le fallacieux et l’invective. Et au coeur de la mêlée le commentateur, l’observateur et le journaliste, devenu un et devenu le vrai protagoniste de cette élection. Entre un trop fort désir de gauche et l’auto-reproche d’avoir été à la botte en 2007, le journaliste à défaut de discernement a largement perdu son éthique dans la campagne. Les frontières sont aujourd’hui plus que poreuses. Journaliste-militant, rapporteur de twitt, organe de communication, tribune-tribunal, enquêteur en ligne, art de la foutaise plus que de la synthèse, informations en kit et en clics, l’impunité journalistique nous aura emmené sur les chemins de Kurt Lewin et la propension de chaque individu à se conformer systématiquement au groupe. Alors bien sûr qu’il faut du spectacle et que les journaux se vendent, bien sûr qu’il y a une ligne et un chef, mais il en va de l’esprit de la démocratie. Arbitre et non acteur. Intoxication médiatique et pollution des esprits, le président sortant, qu’on nous dit bientôt sorti, aura évidemment senti ce climat. Pas anodin que ce sont ses appels à la majorité silencieuse et au contournement des corps intermédiaires qui resteront de sa campagne. Il y a aujourd’hui autant d’éthique journalistique que de journalistes, autant d’abus de cinquième pouvoir que d’autoritaristes édito, autant de fallacieuses vérités que de facétieux oublis, autant de réalité économique que d’écriture low-cost, autant de marchands de communication que de marchandage d’informations, autant d’organe de propagande que d’information programmée, autant de prophéties que de prophètes qu’il est plus que temps que le conseil supérieur de la magistrature ou que l’ordre des médecins soient enfin accompagnés d’un conseil supérieur du journalisme. La salubrité commanderait à la profession de revenir à ses fondamentaux mais bien malin celui qui sait encore définir ce qu’est cette profession, même dans le silence du samedi.

Commentaires Fermés


Pré pas toujours carré

Curieuses élections que ces élections législatives, suffrage uninominal à deux tours, permettant presque au tout venant de se rêver d’un destin national. Le mot presque est d’importance pour une consultation que les appareils politiques essayent de verrouiller à coup de redécoupage de circonscription, de changement de calendrier, et en son temps de mode de scrutin même si le retour de la proportionnelle partielle, et au confortable scrutin de liste, est dans l’air du temps. “Les élus du peuple” se retrouvent dans l’obligation de cultiver leur terrain, d’entretenir leur pré carré, de défendre leur acquis électoral, en essayant de ne point perdre de vue qu’ils sont comptables devant leurs électeurs, et si ce ne sont pas eux, c’est le premier article de la constitution qui leur rappelle. La vindicte populiste crie souvent à la “course au sésame” et parfois certains élus et candidats ne leur font pas mentir, quitte à donner le bâton … Témoin cette candidature parasite de Jean-Pierre Bataille dans les Flandres, Maire de Steenvoorde et Conseiller Régional, qui n’en peut plus d’attendre son tour qui de Jean-Pierre Decool, Député de la 14ème Nord, qui de Françoise Hostalier, député UMP de la 15ème du Nord, le voilà qui se débarrasse de son étiquette UMP qu’il n’avait, selon lui, contracté que pour soutenir Nicolas Sarkozy pour ainsi attaquer de frontal Françoise Hostalier « sans remettre en cause l’élection qui a été la sienne en 2007 ». Ce serait plus facile de dire qu’il veut juste une place. Francis Vercamer, Député Nouveau Centre de Hem dans la 7e du Nord, élu UMP en 2002 avant de rallier le Groupe UDF, veut lui la garder pour un 3e mandat. Premier soutien d’Hervé Morin, Président du Nouveau Centre, pendant 5 ans se faisant l’apôtre de l’autonomie du mouvement centriste notamment lors des Sénatoriales « a pris la décision de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle » dès le 26 janvier. Celui qui trouve que « ces derniers mois, Nicolas Sarkozy s’est d’ailleurs montré bien plus à l’écoute des centristes qu’en début de mandat », quitte à être le seul à le penser, veut-il décemment nous épargner une explication qui relève surtout de la cuisine politique ? La présence du Maire PS de Maubeuge, Rémi Pauvros, dans la nouvelle 3e circonscription tient plus de l’alambiqué que du petit oignon. Celui qui « n’a pas pour ambition de mourir en étant maire de Maubeuge », rêve en effet de beaucoup plus grand, quitte à dégager “ses amis” à la faveur du redécoupage électoral le courageux sortant, Jean-Luc Pérat, et le jeune loup au dents trop longues de 9 petites petites voix, Benjamin Saint-Huile, dans l’intérêt supérieur du territoire, de son territoire politique serait-on tenter d’ajouter. Son territoire ? Il peut se le mettre derrière l’oreille Dominique Baert, député sortant de la 8e circonscription du Nord, carotté sous couvert d’accord national PS-EELV et à qui on cherche une carotte pour éviter qu’il ne revienne par la fenêtre en candidat dissident. Et finalement si ce n’était pas plus facile de ne pas vouloir y aller et d’être forcé d’y aller à la faveur d’un savant savonnage de planche national, comme Jean-Louis Borloo, futur député de la 21ème circonscription du Nord pour la 3e fois. La conclusion revient à Jean-Pierre Decool, « le député est comme un jardinier, la circonscription est son jardin et il va chercher de l’engrais à Paris… ». Il en revient le plus souvent avec du blé et une gloriole visiblement enviée quitte à retrouver une terre clairsemée. La terre brûlée, on la laissera à Jean-Pierre Kucheida et Marine Le Pen.

Commentaires Fermés


Une élection à défaut

Ça commençait à sentir le “burn out”, pour nous comme pour eux, DSK, les primaires, les sénatoriales, le congrès de Reims, la crise, les cantonales, la dette, Martine Aubry, Jean Louis Borloo, Nicolas Sarkozy, le tourbillon, trop de séquences, trop de sentences, trop, trop était trop, le tout plus qu’au petit trot. Au final tout sera par défaut. Nicolas Sarkozy à défaut d’autre, François Hollande à défaut de Dominique Strauss-Kahn, à défaut de Martine Aubry, Hervé Morin à défaut de Jean-Louis Borloo, Eva Joly à défaut de Nicolas Hulot, Marine à défaut de Jean-Marie Le Pen, Jean-Luc Mélanchon à défaut du PC, Philippe Poutou à défaut de Besancenot, Arthaud à défaut d’Arlette, François Bayrou à défaut de François Bayrou. Une élection présidentielle à défaut, une élection qui va se jouer à défaut, une année 2012 à défaut comme une année 1988, et tout cela sonnera faux.

Commentaires Fermés


Entrez dans la désespérance

À tous, Patrick Kanner promet “écoute, collégialité et transversalité”. À croire que l’ancien Président du Conseil Général du Nord n’écoutait personne, faisait tout, tout seul, et ne voulait pas entendre parler d’opposition ? Ça y est les Cantonales sont jouées, les compteurs Geiger se sont affolés. Il y en a partout et pour tous les goûts. Patrick Kanner a gagné, Bernard Derosier a tiré sa révérence, la Gauche a gagné, les Forces de Gauche ont gagné, Marine a gagné, les Verts ont gagné, Aubry a gagné, Hollande a gagné, les Centristes ont gagné, Sarkozy a perdu, l’UMP a perdu. Bien. Et ? D’un côté le “Ni-Ni” de l’entre-deux-tours de la cantonale 2011, les petites phrases du nouveau Ministre de l’Intérieur, Claude Géant, la curieuse stratégie de reconquête du P de l’UMP, de l’autre des socialistes qui se frappent le torse de lamentations en criant “Sarkozy”, l’appel frelaté au “front républicain” et les pré-candidats à la présidentielle qui veulent sortir en tête du dernier virage, telles ont été les scénettes politiques aperçues sur vos écrans avant le second tour des élections cantonales. Depuis le rideau sur l’écran est tombé et la dernière séance avant l’élection présidentielle 2012 s’est jouée. Pas très glorieuse … D’abord il y a cette abstention record et puis ce Front National au summum. Dans un scrutin uninominal à deux tours, le FN se retrouve marron, comme un temps les centristes. Pas de 3e voie sous la cinquième, le refrain est connu, surtout si c’est une voie de garage, mais le pain béni d’un second tour face au FN est devenu indécent. Il y a comme un monde qui s’écroule et comment interpréter ces résultats ? Il y a d’abord le soliste Mélenchon, toujours ronchon, qui voit un peuple écoeuré, une classe politique hors réalité, un système arcbouté. Il y a la chorale UMP qui y voit un avertissement sans frais, des pans entiers de débats abandonnés à réapprivoiser et les petits chanteurs centristes et de l’UMP déboussolés qui rêvent de s’émanciper. On remarquera le canon des socialistes presque cyniques, adossés avec des communistes revigorés et des verts aux aguets, mais loin d’être une chanson de geste, la vague bleue marine est une marche funèbre. Les petits bricolos qui manipulent les résultats et fluctuations du Front National nous font parfois penser aux ingénieurs japonais de Fukushima. Ils ne contrôlent plus grand chose d’un parti qui s’institutionnalise. D’un côté, le jeu trouble de l’UMP que les médias décryptent et démontent minute après minute, de l’autre, une partition bien plus sournoise jouées par les forces de gauche : L’entretien de la désespérance, dont les pires des illustrations sont ces duels Front National/Front de Gauche ou PCF aux cantonales. Désespérés les français pourraient l’être vraiment. Il fut un temps où Valenciennes était à feu et à sang, saigné de 10.000 emplois, de la métallurgie à la sidérurgie, des banderoles et émeutes partout et de sérieuses menaces de gangrène sociale. On ne refera pas l’histoire mais on entendit surtout là le discours de l’espérance et des élus solidaires. Ça manque … La politique compassionnelle compulsive n’a qu’un temps. Ça fait parfois du bien d’être écouter et aimer mais la question est : qu’est-ce qu’on fait pour s’en sortir ? À moins que certains ne souhaitent pas forcément qu’on s’en sorte ?

Commentaires Fermés



Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.