Filed under: Billet | Tags: Christian Vanneste, Hervé Morin, Jacques Vernier, Jean Arthuis, Jean Louis Borloo, Marc-Philippe Daubresse, Nicolas Sarkozy, Nord, Nouveau Centre, Thierry Lazaro, UDF, UMP, Valérie Létard
Thierry Lazaro est tombé ce week-end à Mouvaux, étouffé par le “Gros Nounours” de Marc-Philippe Daubresse à la faveur de l’élection interne au sein de la fédération UMP du Nord. Le député-maire du Pévèle n’a donc pas eu la revanche qu’il fomentait depuis les élections régionales 2010. Finie “la fédération du Coup de Gueule”, la campagne interne “sereine” a débouché sur quelques bons mots, “Je n’ai jamais tapé sur ma famille politique, je ne vais pas commencer”, dixit Lazaro (Jacques Vernier appréciera), “ce n’est pas la première fois qu’on se tape sur le groin” (sic) du même Lazaro ou “Les membres du comité ont le choix entre l’Union pour un mouvement populaire et la désunion pour un mouvement populiste” dixit Marc-Philippe Daubresse. La messe fût enfin dite et Thierry Lazaro, battu, de conclure “j’embêterai le monde pour que les présidents soient élus avec le suffrage direct de l’ensemble des militants”. Pour un désormais ex-Secrétaire Départemental de l’UMP, nommé et jamais ratifié, et donc non issu de la démocratie militante comme il se prévalait, c’est une sortie dans la “dignité”. L’honneur de l’UMP Nord en est tout de même sauf, les Daubresse-Lazaro se retrouvant sur la “menace centriste”, en l’occurrence l’épouvantail Nouveau Centre. Pour Lazaro, “l’UMP n’est plus respectée, même à Mons-en-Baroeul”, c’est dire ! Pour Daubresse, “Valérie Létard n’était stratégiquement pas un bon choix” pour la régionale (l’Élysée appréciera), “on avait en face de nous Marine Le Pen. Dans un contexte où le FN faisait du populisme, Thierry Lazaro était une candidature valable”. Pour être plus populiste que la Reine Marine n’aurait-il point fallu finalement mettre en tête de liste l’original (Christian Vanneste) plus que la copie (Thierry Lazaro) ? C’est à se demander, mais le Caporal en Chef Daubresse a la réponse : “Après c’est parce que Nicolas Sarkozy nous demande de soutenir Valérie qu’on la soutient”. On reconnaîtra là tout le contorsionnisme de Marc-Philippe Daubresse, dont la sortie du gouvernement relève certainement d’une nouvelle erreur stratégique de l’Élysée. Ministre en CDD de 7 mois, renouvelé trois fois, MPhD aura encore endossé les habits du Caméléon lors cette folle semaine. Évincé du Gouvernement, Daubresse s’est d’abord souvenu qu’il était Centriste de l’UMP, s’imposant comme Borlooiste solidaire le Dimanche et Lundi soir, rappelant avec ostentation qu’il faisait parti de la charrette centriste Borloo, Morin, Létard, Idrac, … “Je pense surtout que personne ne lui a demandé de rester” résumait alors Thierry Lazaro. Une “sortie” en centriste à une nuance (et quelle nuance), celle que “Borloo serait un excellent Premier ministre en 2012 ». “Sarkozyste convaincu”, MPhD récupère le mercredi “un plat de lentille” en l’occurrence le poste de Secrétaire Général Adjoint de l’UMP auprès de Jean-François Copé, pour représenter la famille Centriste de l’UMP, alors que dans le même temps Hervé Morin et Jean Arthuis enjoignent Jean-Louis Borloo et le Parti Radical de quitter l’UMP pour réaliser le dessein centriste. En fin de semaine, le Président Régional de l’UMP a cru bon de briguer également la Présidence du Nord pour faire barrage à la tendance Lazariste au sein d’une “fédération traumatisée par les Régionales (et donc par les Centristes)”. Objectif rempli. Marc-Philippe Daubresse s’apprêterait-il désormais à nous sortir une dernière figure de style en se présentant aux Sénatoriales 2011 sur la même liste que … les Centristes ? Rien n’est moins sûr. On eut cru un moment que les “Centristes de l’UMP” était le courant de ces élus UDF qui rejoignaient le Parti Unique mais force est de constater qu’il s’agit désormais d’une appellation d’origine incontrôlée inventée pour épouser les contorsions de ce sacré MPhD. Seule la Présidence de la LMCU y a résisté, et comment !
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Un entre-deux-tours qui se résume à un aspro. Cette aspirine qu’a été s’administrer, face caméra, devant des journalistes devenus grues, Daniel Percheron un mardi en plein coeur des compromissions PS-Verts-PC. Plus qu’un symbole, une constante, celle du décalage et de l’anachronisme. L’aspro et le suppo pour le Président Percheron lors de la séance plénière d’installation. Le parti du tribun de la plèbe, devenu le tribunal de salubrité politique, met ses menaces à exécution dès l’ouverture. Procédure à outrance ou l’outrance de la procédure, Marine Le Pen donne déjà mal à la tête au Président. Valérie Létard avait déjà pris la mesure de l’extraphénomène Le Pen durant la campagne, Daniel Percheron et sa “majorité socialiste”, qui ont longtemps mis les œillères, prennent désormais la mesure de celle qui ne sera pas qu’un simple phénomène. Kucheida aboie, les loups ont envahi Hénin. Structurée et cohérente dans son écran de fumée, Marine Le Pen, plus qu’incarner une opposition de blocage au Conseil Régional, est en quête de respectabilité et de costume présidentiel. Un danger politique. Une bête politique lâchée en pleine nature, fusse-t-elle d’abord septentrionale. Bouffeuse d’espaces, mangeuse d’hommes (politiques), moderniste zélée du parti, la Marine n’a paradoxalement pas encore mis tous ses gars au pas. Philippe Bernard, François Dubout, Dominique Slabolepszy, Christian Baeckeroot, Carl Lang écartés ou tombés, et surtout disparus, 2 voix sur 18 manquèrent pourtant par deux fois au nouveau groupe Le Pen lors du vote des fameuses délibérations qui mirent le feu aux poudres de la plénière inaugurale. Deux voix déviantes ou défiantes. Ah les chiens ! Chiens d’arrêt, chiens de garde ou chiens de chasses, limiers ou gibiers ? On espère juste qu’une autre chasse, celle aux loups, aura bien lieu.
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Le couperet des Régionales Nord/Pas-de-Calais est tombé, les voix de gauche sont impénétrables. L’UMP qui boude, le FN qui gronde, le PS qui revit, le Modem qui se meurt, le PC et les Verts qui franchissent la barre des 10%, et la tentation de l’abstention, les “abstentationistes”. L’abstention grand vainqueur des Régionales, les titres des journaux du 14 mars et 21 mars étaient en vérité déjà faits. À chaque élection son message. Lors des Européennes, les Français avaient crédité le Président pour sa gestion internationale de la crise, ils l’auront, lors des Régionales, sanctionné pour sa gestion française de la crise. Message depuis brouillé par les commentaires satisfaits des uns et le remaniement, un Daubresse en sus, et recadrages des autres. Les plus populistes n’auront pas été ceux qu’on croit. Plus populiste qu’un Front populiste qui sur une rhétorique implacable aura rassemblé 300.000 voix, 22,2 %, soit 18 élus, il existe désormais l’électeur, qui se déplace ou non. On savait déjà depuis 2002 que les électeurs étaient devenus des consommateurs du politique, on pourra dire que la tendance consumériste ne fait que s’accentuer, élections après élections, nivelant par le bas le débat politique. Le bulletin de vote est désormais un investissement, avec retour exigé. Une vision personnelle, presque égoïste, conservatrice et conservatoire, primant sur l’intérêt général et la vision politique, jugée trop altruiste pour être vraie. La résistance à la démocratie représentative ne prendra pas les traits de la démocratie directe, juste ceux de la démocratie tribale, tribunitienne et tributaire. L’oligarchie menacée, le peuple agacé, la “moins pirocratie” installée. Le politique du pire n’est jamais très loin.
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Une campagne qui s’en va à vau-l’eau. En début de semaine, journée de la femme, Catherine Génisson laisse une chaise vide lors du premier des quatre débats de Weo, la TNT régionale, une chaîne financée à hauteur de 3,7 millions d’euros par le Conseil Régional. Pas d’effet Peillon mais plus un effet agenda, plus sûrement une terrible méprise. Ce flagrant déni d’une vice-présidente sortante vient renforcer l’idée que les socialistes ne font pas, ou n’ont pas besoin, de faire campagne. En fin de semaine, c’est Pierre De Saintignon qui se retrouve devant un parterre de chaises vides, et ce devant les caméras des apprentis journalistes de l’ESJ. Lui qui s’impatientait de rencontrer à Lille Sud, des jeunes « particulièrement touchés par le chômage » se fait planter pour son ultime rendez-vous de campagne destiné à lancer des « assises » régionales de l’emploi des jeunes. Symbolique. Énervé, De Saintignon vide son sac, mais on y verra plus un effet miroir. Le roman d’une politique du conte, déconnectée de la réalité et bel et bien vide. Vide était aussi la chaise de Valérie Létard lors du « débat », devenu meeting du Front National, lundi dans le Pas-de-Calais à l’invitation de l’association femmes (ir)responsables. Le procès en respectabilité fait à cette occasion par Valérie Létard au Front National et à Marine Le Pen, aura été le point de départ d’une guerre de « drôles de dames » qui aura atteint son paroxysme en fin de campagne. Valérie Létard, qui voit poindre la peur du vide avec une Marine Le Pen bien décidée à siphonner les voix de l’UMP, renvoie la Marine à Saint Cloud, à ses « valeurs », au vide de ses propositions et aux mathématiques, « Voter FN, c’est faire le jeu de la Gauche ». Létard, qui se déclare sociale et non socialiste, aura renvoyé lors du 4e débat de Weo, Daniel Percheron et Alain Bocquet à leur « politique politicienne » qui vide, selon elle, l’action de la région. Fallait pas l’énerver. Les Verts, eux, ne touchent plus terre, et se voient en apesanteur. Supposés 1500 lors de leur dernier meeting au Zénith, ils nous refont le coup du ballon, en l’occurrence cette montgolfière de la Région, seul héritage de la présidence verte de Marie-Christine Blandin. Le ballon d’oxygène pour la région dont rêve Europe Écologie made in Jean François Caron s’est donc matérialisé ce samedi sous forme de zeppelin. Caron risque tout de même de manquer d’oxygène au soir du premier tour et sa révolution verte menacée de dégonflage lors de la fusion programmatique de la gauche. Que restera-t-il des idées ? La nature a souvent horreur du vide …
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Une fin de campagne qui se cristallise, des sites qui se gèlent, des militants qui arrêtent de tracter, des marchés qui se terminent, des températures qui se bloquent, un Comité en panne, des électeurs qui boudent et des candidats qui luttent. Une lutte contre l’indifférence pour le Modem d’Olivier Henno et de François Bayrou, au milieu de nulle part, une lutte en respectabilité ayant valeur de test national pour Marine Le Pen, confinée à l’extrême droite, à ses valeurs et à son inutilité électorale, une lutte idéologique pour Jean-François Caron, cloisonné dans la décroissance et dissoluble dans le socialisme, une lutte identitaire et de bases électorales pour le PC d’Alain Bocquet, travesti dans la gauche gouvernementale, une lutte contre lui-même pour Daniel Percheron et le PS, de plus en plus enfermés dans leur tour d’ivoire, une vaine lutte selon les observateurs pour la majorité présidentielle de Valérie Létard, coincée entre le FN et la gauche conservatrice et entre son projet pour la région et le vote sanction, et puis enfin une lutte pour exister pour les 4 autres listes. Une lutte impitoyable. Le scénario est par avance écrit, le sondage en a laissé la trame, le rose devrait encore seoir à une région gelée, mais ce qui se trame paraît toujours beaucoup moins important que ce qu’il en a l’air, structurellement et politiquement. Les électeurs vont-ils se réveiller, le printemps va-t-il arriver ?
Filed under: Billet | Tags: 2010, Élections Régionales, François Dubout, François-Xavier Villain, Liliane Durieux, Martine Aubry, Nord, Pas de Calais, Pierre De Saintignon, Valérie Létard
Quand brait Liliane Durieux, c’est tout Cambrai qui s’en trouve chamboulé. La conseillère régionale sortante UMP n’a pas retrouvé, bien que soutenue par le Maire en place, de place sur la liste de la majorité présidentielle de Valérie Létard. En représailles François-Xavier Villain a décidé de soutenir la liste des jeunes agriculteurs, « la seule liste qui n’est pas composée sur des dosages politiques », mais le maire de Cambrai, le confie : « Si Liliane y avait figuré, j’aurai soutenu la liste de Valérie Létard ». Soit FX Villain ne pèse pas grand-chose, soit ce sont ses arguments. Du poids et des militants, François Dubout aimerait en avoir un peu plus. Lui qui se réclame être l’ami de Chaban-Delmas, de Charles Pasqua, de Bernard Tapie, de Bernard Kouchner et, « un peu moins ces derniers temps, de Jean-Louis Borloo » s’est déplacé à Étaples … seul. Son « directeur de campagne » l’est un peu aussi en ce moment. Du poids, le budget Communication du Conseil Régional en a également, plus que l’Agriculture. Principal regret de Pierre De Saitignon, à qui l’on reproche de prendre trop de poids dans la campagne de Daniel Percheron au cours d’un ch@t avec Métro, la communication avec les citoyens est selon lui mal exploitée. Effet 8 % ? Mais quand Alain Cappy, ex-directeur de l’IEMN, rappelle au candidat De Saintignon que « Le soutien de la région à la Recherche a (également) diminué depuis 2006 », l’élu entre en stupeur. Aurait-il oublié qu’un poids lourd de la politique nommé Jack Lang, et pourtant si discret, en avait la charge à la Région ? Le poids du Front National, Lionel Jospin n’est pas prêt de l’oublier, lui qui est venu vendredi soutenir Daniel Percheron. Est-ce pour cette raison que pour la première fois dans cette campagne, le Président sortant s’est inquiété du FN, « L’extrême droite n’est plus diabolisée ». Ce ni plus ni moins ce qu’indiquait, ironique, Marine Le Pen, elle-même, « Tu te souviens du meeting de Saint-Pol ? À l’époque, on avait « encore » des contre-manifestations… ». Marine Le Pen, tout de même diabolisée par Nord Éclair ? Avec sa trogne tendant une pomme en guise d’illustration de son portrait politique, le quotidien nous renvoie subliminalement à l’image de la reine qui s’était enlaidie pour offrir la pomme empoisonnée à Blanche Neige. Comme un symbole ? Éric Dillies nous rassure … quoi que, : « Marine n’est pas le double de son père, ni son travestissement ». Pour Jean-François Caron, c’est le poids de son idéologisme qui va finir par lui peser : « De mon point de vue, on ne peut pas être écologiste de droite », se déclarant également en tension, avec les socialistes sur le modèle de développement productiviste, dans un ch@t, cette fois ci, avec La Voix du Nord. Avouant avec candeur que « l’exercice de réponses sans trop réfléchir (sic) pouvait être glissant », le Maire de Loos-en-Gohelle nous donne parfois l’impression de manquer de poids. Le poids des urnes, les socialistes, eux, semblent doués pour l’oublier dès que les sondages les confortent. À Anchin, toujours vendredi, convaincus que ces élections leur sont (déjà) acquises, les socialistes avaient déjà embrayé sur la présidentielle de 2012 avec Martine Aubry, en vedette américaine. À moins d’ « urnes volantes », une élection n’est pourtant jamais jouée.
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À Valérie Létard qui s’époumone pour dénoncer l’usure « d’un exécutif qui ne se renouvelle jamais », Pierre De Saintignon répond « on est là depuis longtemps parce que les gens du Nord savent ce qu’on fait pour eux. Désolés d’êtres compétents ». Outre d’augmenter les impôts au nom du désengagement de l’état, Pierre De Saintignon est tout de même le champion des effets d’annonce. Dix ans pour sortir enfin Euratechnologies de terre, huit ans à attendre la rénovation de la Citadelle de Lille, dix ans et quelques millions gâchés pour construire un nouveau stade pour le Losc, sept ans pour que les Maisons des Modes puissent enfin vivoter, cinq ans pour un début de quelque chose sur la Zone de l’Union, quatre ans que la rénovation des halles de Wazemmes se fait attendre, Mairie de Lille, LMCU ou en sa qualité de Vice Président, du curieusement « petit » budget, du Développement Économique à la Région, Pierre De Saintignon n’est à vrai dire pas un homme aux dessus de tout soupçon. On serait tenté de dire que le meilleur de ses compétences, Pierre De Saintignon l’a mis au service de Vitamine T, un beau groupement d’entreprises d’insertion dont … il se refuse de parler par pudeur. Ce serait finalement peut être une bonne méthode. Pas un paradoxe prêt, Daniel Percheron, lui, ne cesse de louer dans cette campagne « le triangle magique formation-recherche-innovation » pour la Région alors qu’en la matière, on est plus proche du « triangle des Bermudes ». Ainsi, la commissaire européen Hübner chargée de la politique régionale n’avait-elle pas en 2006 sérieusement bousculé le Conseil Régional à Bruxelles aux vues des retards de la Région sur la stratégie de Lisbonne (2007-2013). Recherche appliquée, développement durable, innovation, tels seraient les futurs fléchages européens. « Fini pour l’Europe de financer des musées ! ». Début 2007, Daniel Percheron avait dans la foulée invité Danuta Hübner sur place pour lui montrer … la plateforme de Dourges et les prémices du Pôle Ferroviaire de Valenciennes, sans oublier de lui parler tout de même Louvre-Lens. Avouant enfin les difficultés, « nous ne passons pas facilement de l’ex-Bassin minier à la “Silicon Valley” », Daniel Percheron a entendu la Commissaire comprendre les défis du Nord/Pas de Calais, y trouvant des similitudes avec sa Pologne natale. Ouïe. Un peu comme si une délégation de l’UEFA-Champions League qualifiait le Stadium Nord de stade « digne de la République Tchèque ».
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Mystifiée et démystifiée. Lorsque Marine Le Pen s’est rendue sur le plateau de LCI pour un duel avec Valérie Létard dans un débat à 4 mardi soir sur LCI (Le Pen-Létard-Percheron-Bocquet), la candidate de l’extrême droite avait prévu d’attaquer la représentante du gouvernement à la « barre à mine ». Sans être vulgaire, on peut dire que la fille Le Pen s’est prise « une grosse mine ». « Quand vous serez sur ce terrain comme moi pendant plus de 20 ans, vous pourrez venir me parler ». Une Valérie Létard bouclier et offensive qui laissa une Marine Le Pen avec la mine des mauvais jours. René Vandierendonck, lui, est en terrain miné. Dans l’affaire Quick, le Maire de Roubaix a retiré sa plainte pour discrimination après avoir affirmé discuter avec l’enseigne nationale. Embourbé dans une polémique qu’il a lui-même suscité, le Maire de Roubaix aura écorné son intégrité politique dans ce mauvais passage aux mines dudit burger. Comparé à un « Georges Frêche du Nord/Pas-de-Calais » par la présentatrice de Dimanche Plus sur Canal Plus, chahuté par Slimane Tir sur le Marché de Roubaix, il aura finalement fallu que Martine Aubry, en sa qualité de première secrétaire du PS, telle « une gardienne de mines », vienne sortir René du fond. Le fond, Daniel Percheron en est également sorti après une campagne jugée « sénatoriale ». Lui qui s’annonce comme « l’héritier de Jules Guesde », se comporte plus comme un Président de compagnie des mines que comme un « collectiviste, internationaliste et révolutionnaire ». Dans la droite ligne du paternalisme minier, la « Compagnie des mines de la Région Nord/Pas-de-Calais » du Président Percheron apporte son soutien aux associations sportives et colombophiles, aux sociétés philharmoniques et aux chorales, ainsi qu’aux sociétés d’horticulture, finance dispensaires et écoles, épiceries et cantines, caisses de secours et de retraite, sans oublier la Sainte-Barbe. Aujourd’hui tout habitant du Nord/Pas-de-Calais doit faire diligence au bon Président : « Moi je suis une fayote, j’ai adhéré pour avoir une place en maison de retraite », rappelait dans Libération une vieille dame. Après avoir été tancé sur LCI sur son bilan, taxé d’être un leader « d’une gauche guimauve et BCBG », et représentant « d’une gauche plus rien » par Alain Bocquet, Daniel Percheron s’est surtout évertué en fin de débat à déminer la future union de la gauche du deuxième tour, scellant avec Alain, redevenu docile, leur union sur le plateau parisien au nom de Jules Guesde et Jean Jaurès. Avec un programme d’une telle modernité, la Région risque plus de devenir une mine à ciel ouvert qu’un véritable gisement.
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Une bourde à 40.000 euros. Pour un nom mal « typographié » sur le bulletin de vote, en l’occurrence celui de Marie-Odile Van den boosche, la commission de propagande a retoqué le document officiel du Modem. Problème, à la différence des 9 autres listes, la liste Henno avait déjà édité les 6 millions de bulletins de vote. Oups ! Marguerite Deprez, sixième de la liste Modem du Nord, qui dirige l’imprimerie Deprez sera finalement la seule gagnante orange de ces élections régionales. Elle aura eu deux fois plus de boulot. Marron, Olivier Henno qui appelait à « Votez Juste » a passé sa semaine à essayer que les électeurs puissent « Juste Voter ». Jean-François Caron, tête de liste Europe Écologie, lui, découvre tout juste le monde des médias. Invité sur le plateau de LCP mardi matin face à Valérie Létard, majorité présidentielle, dans un format de débat particulier, « On les laisse entre eux », il n’a pas pu en placer une. Celui qui vit « tout in bas de ch’terril » devait s’être mal préparé, lui qui annonçait sur son blog « un débat à 9h, animé par Pierre Bled ». En retournant dans son bled, dès 9h, en fait l’heure de la fin du débat, il s’est dit qu’il aurait juste mieux valu que Pierre Sled reste un peu plus longtemps sur le plateau pour modérer le « débat ». Jacques Bourrez et Yves Bauw, eux, auraient juste mieux fait de se taire. Les deux conseillers municipaux de Loos et Lambersart du Mouvement pour la France se désolidarisent d’une liste, celle de l’union de la majorité présidentielle, sur laquelle ils ne sont pas au motif supposé de leur passé FN. Déjà que chacun aurait reproché l’inverse à Valérie Létard, les deux francs-tireurs ont été recadré par leur direction nationale. Galvanisé, Yves Bauw, Patron du MFP Nord, la joue Thierry Lazaro en affirmant qu’il « ne laissera pas tomber » et trouve « la liste de François Dubout (du bout) bien ». On lui rappellera juste que ça fait belle lurette que les listes sont déposées et qu’ils n’ont aucune chance d’être repris de justesse, à moins que leurs intentions étaient autres. Le téléguidage est aussi un sport amateur.
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Les socialistes ne battent pas campagne, ça on le savait, et ce ne sont pas les bons chiffres à venir qui vont les aider à ne pas se reposer que sur leur bilan. Déjà dans les premières approches, débauchages et rabibochages pour constituer la liste du 2e tour, l’attitude du Front de Gauche, qui annonce partout qu’il s’autorisera à reprendre sa liberté comme en 2004, les inquiète. À nouveau élus ensemble mais opposés à l’assemblée, drôle de perspective. Marine Le Pen, elle, ne s’inquiète que de savoir comment s’est passé le passage de la candidate Létard sur son pré carré, le marché d’Hénin Beaumont. Elle ferait mieux de s’inquiéter des salves nourries que la Secrétaire d’État envoie à ses réunions publiques. Entre autres accusée « d’agiter le chiffon rouge des souffrances et des peurs », Marie Le Pen est renvoyée à ses « postures » anti-capitalistes en rappelant que Jean-Marie Le Pen doit sa fortune et son domaine de Montretout à Saint-Cloud, aujourd’hui siège du FN et aujourd’hui supposé visité par un huissier, à l’héritage de magnats du capitalisme, les cimentiers Lambert. L’une propose de « Faire à la Région ce qu’on a fait à Hénin », l’autre de « Faire à la Région ce qu’on a fait à Valenciennes », Daniel Percheron lui s’inquiète juste de savoir s’il pourra encore faire à la Région ce qu’il y faisait déjà, la Présider, énervé qu’il est par la « vilaine » « petite » Valérie qui lui reproche « son manque de vision stratégique ». En réponse, il aura loué la vision stratégique de Pierre Mauroy sur le dossier TGV. Allez comprendre ! Comme cette petite phrase d’Alain Bocquet qui s’inquiète pour les travailleurs : « Je connais trop de petites coiffeuses prises en apprentissage, et puis basta ». On aurait juré qu’il était chauve. Peut-être que ceci expliquerait cela. Pendant ce temps-là les ex, futur et ministres défilent auprès de Valérie Létard, 5 en une semaine, record à battre. L’inquiétude des scores du FN expliquerait-il cela ? À moins que ces gros scores ne soient gonflés comme l’est la foule, « photoshopéisée », de l’affiche de campagne de la Rock Star Marine Le Pen, qui, elle, ne fait pas semblant d’être en campagne présidentielle.