Comité de Salubrité Régional Nord/Pas-de-Calais


L’homme qui valait 3 milliards

À la rentrée 2010, Daniel Percheron avait sorti de son cartable le RER Lille-Hénin, 17 minutes et 1 milliard d’euros clés en main. On se souvenait alors de l’ire d’Éric Quiquet qui stigmatisait “la politique de l’illusion”. La grande illusion n’aura pas durée, le méchant État n’aura pas accordé le moindre euros au RER Percheron, “un échec personnel” selon l’autre vert Dominique Plancke pour qui il n’y avait pas lieu de se précipiter et de passer ainsi par delà l’assemblée régionale et ses services. Un autre élu est quelque peu vert, le même Éric Quiquet, Vice Président aux Transports de la LMCU, qui ne récupère dans cet appel à projet que 9 millions d’euros de l’État pour un dédoublement de la ligne 1 du métro lillois à 500 millions d’euros (!). Un dédoublement nécessaire ? Avec 36 millions accordés au Tramway Béthune-Bruay pourtant embourbé dans une erreur de procédure, l’État a voulu rappeler que ce projet “offre une alternative crédible à la voiture en créant un lien entre des polarités fortement dépendantes reliées uniquement par voie routière à ce jour”. Pan des les dents. Et c’est finalement le tramway fiasco de Douai, qui finira (un jour) par emporter le Maire UMP Jacques Vernier, qui récupère le dernier morceau de l’État, 8 millions d’euros pour un vulgaire bus dans un couloir de bus. Un État qui s’est transformé en État d’urgence sur la question des lycées. Avec les 865 suppressions de postes annoncés, Marie-Jeanne Philippe, Rectrice en chef, fait face à ses inquisiteurs en pleine assemblée CESR au Conseil Régional. Déterminée à ne rien lâcher devant une institution qui aura tout de même construit et rénové à tour de bras des lycées alors que les effectifs scolaires baissent sans cesse, la rêche rectrice aura entendu les élus de gauche, dont la larmoyante (Brigitte) Olfa Laforce, parlant d’un « massacre organisé » (sic), mais ne les aura pas écouté, stigmatisant « ces filières surdimensionnées avec des élèves qui vont se retrouver au chômage et des filières quasi vides malgré des perspectives d’emploi ». Dans ce dialogue de sourds, on aura surtout repéré la noire colère de Daniel Percheron qui à force de se faire tacler par l’État va sentir l’ombre de Martine Aubry dans son dos. Celle qui a fait du non cumul des mandats un bras armé pour placer, comme sur un échiquier, ses petits soldats Audrey Linkeheld (à la place de Bernard Frimat/Dinah Derycke), Patrick Kanner (à la place de Bernard Derosier), Frédéric Marchand (à la place de Gilles Pargneaux), Renaud Tardy (à la place de René Vandierendonck), … n’aura eu ni la peau de Michel Delebarre et ni celle Daniel Percheron. Et pendant ce temps-là ma bonne dame, Pierre De Saintignon, et sa politique du conte, s’encroutent dans la salle d’attente. Comme Daniel Percheron n’aura pas son RER Percheron, “son” million d’euros (960.000 euros de la Région pour être exact), il l’a envoyé à l’EPCC du Louvre-Lens pour “le lancement de l’exploitation du musée et des premières actions prioritaires en vue de son ouverture”. Si par malheur, le Président Percheron se trouve un jour dépourvu, ce n’est pas la Présidence du RC Lens qui l’attend, mais bien celle du Louvre-Lens. Quant à Gervais Martel, Président du RC Lens, qui craint que son Club devienne musée, il ne cracherait pas sur quelques “bons” millions d’euros …

Commentaires Fermés


Terre(s)

Hénin-Beaumont, Terre d’exclusion. Le turbulent Pierre Ferrari, tel Jonathan Le Goéland, prier de s’exiler sur un autre territoire politique, faute de quoi il sera officiellement exclu du parti socialiste, foi de Martine Aubry. Mettant en danger les lois et traditions séculaires socialistes, Pierre Ferrari est banni. Pas encore banané, comme le Sénateur Bernard Frimat qui a reçu la visite de l’ange noir, Gilles Pargneaux, jamais bon signe. Payant son choix Delanoë lors du congrès de Reims et une décision personnelle de Martine Aubry de mettre ses proches au Sénat quitte à virer un des Vice-Président du Sénat. Celle qui n’est pas “un modèle de courtoisie” lui reproche officiellement les mauvais résultats socialistes à Valenciennes. Arguments “grotesques”, voire fallacieux, “Valenciennes, où les centristes sont bien implantés avec Jean-Louis Borloo, est une terre de mission, pas une terre d’héritage” selon Bernard Frimat. Pan dans les dents. Une terre d’accueil, c’est ce que cherche Michaël Moglia, Conseiller Régional, président du jury du concours des villes et villages fleuris, vu et revu pleurant à chaudes larmes sur la dépouille mortelle de François Mitterrand et surtout épinglé par le Conseil d’État en 2009 pour un bail fictif à Halluin. Parachutage raté. Son ombre Hélène Parra a déjà pris ses marques à Saint-André comme conseillère municipale d’opposition, attendant bien sagement la chute du Maire Modem Olivier Henno. Peut-être Gilles Pargneaux, le Maire d’Hellemmes qui habite à La Madeleine, enverra Michaël Moglia à … Valenciennes. Terre de contraste, Dunkerque et son Député-Maire qui veut jouer “un rôle de responsable de premier rang au Sénat” est aussi dans le collimateur de Bernard Frimat qui jouait déjà un rôle de premier rang au Sénat : “Michel Delebarre, c’est une conception du renouvellement et du non-cumul particulière”. Bref au final, “Si le Sénat se gagne, il ne se gagnera pas grâce à Martine Aubry”. Martine Aubry qui a enfin envoyé le dernier étage de sa fusée : “Ce qu’on peut faire ici, on peut le faire au niveau régional voire pour la nation”. Lille, Terre d’exemple, c’est le leitmotiv de la candidate Aubry pour les Présidentielles. On était persuadé que c’étaient les socialistes qui dirigeaient la Région, mais ils ont le tort d’être non estampillés aubryistes. De Saintignon attendra encore longtemps. Lille, Terre d’Euratechnologies, Terre des Maisons des Modes, Terre du “Care”, Terre de façades, surtout. En proie à la crise, les citoyens de la région n’ont pas senti, ni ressenti les effets des fameux “boucliers” socialistes survendus pendant la campagne des régionales. Ils vont surtout sentir et ressentir les effets des augmentations des impôts, et notamment la hausse sans précédent du barème des cartes grises (+ 40 %) par le Conseil Régional. En cause ? L’État et toujours l’État. Sarkozy, toujours Sarkozy. Pour la campagne des Cantonales 2011, Patrick Kanner nous ressort la rhétorique du “Bouclier Social” ou comment une terre d’élection se transforme petit à petit en terre promise Frontiste. Du moment qu’elle ne termine pas en terre brûlée …

Commentaires Fermés


… Dépendance(s)

… Un autre futur ex-président posait en effet sur la photo Grand Stade, Bernard Derosier, Président du Conseil Général du Nord, contributeur pour 45 millions d’euros (aussi) au Grand Stade pour la voirie, qui a annoncé qu’il ne se représenterai pas aux Cantonales 2011 et abandonnait, de fait, sa Présidence. “Sans dauphin” de l’aveu même de celui qui fut élu député en 1978, et toujours réélu depuis. Député-Maire d’Hellemmes, Président du Conseil Général, Bernard Derosier était souvent montré du doigt au PS pour ses cumuls de mandats et leur nombre de renouvellement. Pas vraiment en phase avec les objectifs socialistes 2012. Le seigneur Martine Aubry s’était même lancé dans une injonction publique à l’orée des législatives 2007 en retour de sa protection dans l’épisode Derosier-Raoult de 2004. Derosier avait dit non. Pour ce coup de 2010 “il n’y a pas eu d’intimidations” mais sur l’argument de l’âge, Bernard Derosier, le “dernier des mauroyistes”, aurait en fait été docile sur le volet cumuls des mandats lorsque les Francs-Tireurs Gilles Pargneaux et Frédéric Marchand sont venus frapper à sa porte. Le prétexte aura enfin était le bon pour un déboulonnage interne. La quête de l’exemplarité pré-présidentielle 2012 selon Sainte Martine est atteinte. Amen. La providence s’appelait “Siège de Sénateur”, finalement décliné par le Saint Bernard. Président du Conseil Régional du Nord-Pas de Calais et Sénateur, et donc cumulard en puissance, Daniel Percheron fait-il également l’objet de pressions à l’aube des futures sénatoriales ? Sa chaise vide du Grand Stade illustrerait-elle l’ombre d’un refus ? Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque et René Vandierendonck, futur ex-maire de Roubaix, ont de leur côté déjà mangé quatre places (parité oblige) de la liste socialiste pour les futures sénatoriales dans le Nord. Est-ce à dire que le Député Maire de Dunkerque fera bientôt une annonce d’allégement de mandat ? Dauphin imposé, Pierre De Saintignon, “homme lige de Martine Aubry”, élu en “ticket” avec le Président Percheron à la tête du Conseil Régional en 2010, attend son heure pour prendre place sur le perchoir de l’assemblée régionale. Va-t-il finalement devoir encore patienter ? La toile aubryiste est-elle plus longue à tisser qu’à détisser la toile mauroyiste et la toile artésienne ? Celui qui ne veut plus patienter est Patrick Kanner qui lorgne depuis longtemps sur la Présidence du Conseil Général du Nord. L’ex-homme d’appareil habitué à essuyer les coups d’épines “derosières” et (petits) croche-pied aubrysistes veut surtout éviter un destin à la Bernard Roman, dauphin désigné à la Mairie de Lille puis sommé de se cacher dans l’ombre de Martine Aubry, et enfin mis au ban pour quelques fautes de goûts. Candidat à la future présidence, Patrick Kanner “a envie d’écrire une nouvelle page du même livre.” L’écrira-t-il ? Peu importe car finalement tout change, rien ne change, à part le nom du seigneur et de ses agneaux.

Commentaires Fermés


Orphelins et Mesquins

Drôle de semaine, avec les “orphelins” de l’État collés aux basques de René Ricol, Commissaire général à l’investissement, dont la mallette de 35 millions d’euros au nom du Grand Emprunt national suscite les intérêts. Ceux de Michel-François Delannoy et René Vandierendonck avec le pôle image et le pôle textiles techniques Roubaix-Tourcoing, ceux de Pierre De Saintignon avec “son” euratechnologies, sans oublier ceux de Daniel Percheron avec “son” Louvre-Lens, soit les 4 plus virulents procureurs socialistes du “supposé” désengagement de l’État. Manquée juste à l’appel la verte Hélène Flautre qui veut faire de la Métropole Lilloise un pôle d’excellence d’intégration des roms. Le président Percheron va encore plus loin dans le nouveau magazine du Louvre Lens, euh du Conseil Régional, tiré à 1,7 millions d’exemplaires. Avec 7 villes du Nord/Pas-de-Calais dans le Top 8 des villes les plus pauvres de France, le Président Percheron loue les efforts des collectivités locales, accuse la fatalité et … le désengagement de l’État via la dotation de péréquation. L’État pourfendé, État critiqué, État responsable de toutes les misères mais État à l’origine du projet le Louvre-Lens, on en viendrait presque à l’oublier tant Daniel Percheron en aura fait sa danseuse, voire une opération du Saint Esprit. Heureusement que l’État ne fait pas preuve de petites mesquineries façon Bernard Derosier, Président du Conseil Général du Nord, notamment à l’égard du valenciennois, territoire visiblement mal coloré. Pas de financement tram, pas de financement stade, pas non plus au programme des journées du patrimoine du Conseil Général du Nord, provoquant l’ire de Patrick Roussies, adjoint à la culture de Valenciennes et nous ajouterons, pas non plus au programme du Name Festival, le festival électro perfusionné par le Conseil Général du Nord, qui en 5 éditions aura arrêté sa caravane uniquement dans les villes roses du département, Lille, Roubaix, Tourcoing, Maubeuge et Dunkerque.

Commentaires Fermés


Vide(s)

Une campagne qui s’en va à vau-l’eau. En début de semaine, journée de la femme, Catherine Génisson laisse une chaise vide lors du premier des quatre débats de Weo, la TNT régionale, une chaîne financée à hauteur de 3,7 millions d’euros par le Conseil Régional. Pas d’effet Peillon mais plus un effet agenda, plus sûrement une terrible méprise. Ce flagrant déni d’une vice-présidente sortante vient renforcer l’idée que les socialistes ne font pas, ou n’ont pas besoin, de faire campagne. En fin de semaine, c’est Pierre De Saintignon qui se retrouve devant un parterre de chaises vides, et ce devant les caméras des apprentis journalistes de l’ESJ. Lui qui s’impatientait de rencontrer à Lille Sud, des jeunes « particulièrement touchés par le chômage » se fait planter pour son ultime rendez-vous de campagne destiné à lancer des « assises » régionales de l’emploi des jeunes. Symbolique. Énervé, De Saintignon vide son sac, mais on y verra plus un effet miroir. Le roman d’une politique du conte, déconnectée de la réalité et bel et bien vide. Vide était aussi la chaise de Valérie Létard lors du « débat », devenu meeting du Front National, lundi dans le Pas-de-Calais à l’invitation de l’association femmes (ir)responsables. Le procès en respectabilité fait à cette occasion par Valérie Létard au Front National et à Marine Le Pen, aura été le point de départ d’une guerre de « drôles de dames » qui aura atteint son paroxysme en fin de campagne. Valérie Létard, qui voit poindre la peur du vide avec une Marine Le Pen bien décidée à siphonner les voix de l’UMP, renvoie la Marine à Saint Cloud, à ses « valeurs », au vide de ses propositions et aux mathématiques, « Voter FN, c’est faire le jeu de la Gauche ». Létard, qui se déclare sociale et non socialiste, aura renvoyé lors du 4e débat de Weo, Daniel Percheron et Alain Bocquet à leur « politique politicienne » qui vide, selon elle, l’action de la région. Fallait pas l’énerver. Les Verts, eux, ne touchent plus terre, et se voient en apesanteur. Supposés 1500 lors de leur dernier meeting au Zénith, ils nous refont le coup du ballon, en l’occurrence cette montgolfière de la Région, seul héritage de la présidence verte de Marie-Christine Blandin. Le ballon d’oxygène pour la région dont rêve Europe Écologie made in Jean François Caron s’est donc matérialisé ce samedi sous forme de zeppelin. Caron risque tout de même de manquer d’oxygène au soir du premier tour et sa révolution verte menacée de dégonflage lors de la fusion programmatique de la gauche. Que restera-t-il des idées ? La nature a souvent horreur du vide …

Commentaires Fermés


Question de poids

Quand brait Liliane Durieux, c’est tout Cambrai qui s’en trouve chamboulé. La conseillère régionale sortante UMP n’a pas retrouvé, bien que soutenue par le Maire en place, de place sur la liste de la majorité présidentielle de Valérie Létard. En représailles François-Xavier Villain a décidé de soutenir la liste des jeunes agriculteurs, « la seule liste qui n’est pas composée sur des dosages politiques », mais le maire de Cambrai, le confie : « Si Liliane y avait figuré, j’aurai soutenu la liste de Valérie Létard ». Soit FX Villain ne pèse pas grand-chose, soit ce sont ses arguments. Du poids et des militants, François Dubout aimerait en avoir un peu plus. Lui qui se réclame être l’ami de Chaban-Delmas, de Charles Pasqua, de Bernard Tapie, de Bernard Kouchner et, « un peu moins ces derniers temps, de Jean-Louis Borloo » s’est déplacé à Étaples … seul. Son « directeur de campagne » l’est un peu aussi en ce moment. Du poids, le budget Communication du Conseil Régional en a également, plus que l’Agriculture. Principal regret de Pierre De Saitignon, à qui l’on reproche de prendre trop de poids dans la campagne de Daniel Percheron au cours d’un ch@t avec Métro, la communication avec les citoyens est selon lui mal exploitée. Effet 8 % ? Mais quand Alain Cappy, ex-directeur de l’IEMN, rappelle au candidat De Saintignon que « Le soutien de la région à la Recherche a (également) diminué depuis 2006 », l’élu entre en stupeur. Aurait-il oublié qu’un poids lourd de la politique nommé Jack Lang, et pourtant si discret, en avait la charge à la Région ? Le poids du Front National, Lionel Jospin n’est pas prêt de l’oublier, lui qui est venu vendredi soutenir Daniel Percheron. Est-ce pour cette raison que pour la première fois dans cette campagne, le Président sortant s’est inquiété du FN, « L’extrême droite n’est plus diabolisée ». Ce ni plus ni moins ce qu’indiquait, ironique, Marine Le Pen, elle-même, « Tu te souviens du meeting de Saint-Pol ? À l’époque, on avait « encore » des contre-manifestations… ». Marine Le Pen, tout de même diabolisée par Nord Éclair ? Avec sa trogne tendant une pomme en guise d’illustration de son portrait politique, le quotidien nous renvoie subliminalement à l’image de la reine qui s’était enlaidie pour offrir la pomme empoisonnée à Blanche Neige. Comme un symbole ? Éric Dillies nous rassure … quoi que, : « Marine n’est pas le double de son père, ni son travestissement ». Pour Jean-François Caron, c’est le poids de son idéologisme qui va finir par lui peser : « De mon point de vue, on ne peut pas être écologiste de droite », se déclarant également en tension, avec les socialistes sur le modèle de développement productiviste, dans un ch@t, cette fois ci, avec La Voix du Nord. Avouant avec candeur que « l’exercice de réponses sans trop réfléchir (sic) pouvait être glissant », le Maire de Loos-en-Gohelle nous donne parfois l’impression de manquer de poids. Le poids des urnes, les socialistes, eux, semblent doués pour l’oublier dès que les sondages les confortent. À Anchin, toujours vendredi, convaincus que ces élections leur sont (déjà) acquises, les socialistes avaient déjà embrayé sur la présidentielle de 2012 avec Martine Aubry, en vedette américaine. À moins d’ « urnes volantes », une élection n’est pourtant jamais jouée.

Commentaires Fermés


Les Spécialistes

À Valérie Létard qui s’époumone pour dénoncer l’usure « d’un exécutif qui ne se renouvelle jamais », Pierre De Saintignon répond « on est là depuis longtemps parce que les gens du Nord savent ce qu’on fait pour eux. Désolés d’êtres compétents ». Outre d’augmenter les impôts au nom du désengagement de l’état, Pierre De Saintignon est tout de même le champion des effets d’annonce. Dix ans pour sortir enfin Euratechnologies de terre, huit ans à attendre la rénovation de la Citadelle de Lille, dix ans et quelques millions gâchés pour construire un nouveau stade pour le Losc, sept ans pour que les Maisons des Modes puissent enfin vivoter, cinq ans pour un début de quelque chose sur la Zone de l’Union, quatre ans que la rénovation des halles de Wazemmes se fait attendre, Mairie de Lille, LMCU ou en sa qualité de Vice Président, du curieusement « petit » budget, du Développement Économique à la Région, Pierre De Saintignon n’est à vrai dire pas un homme aux dessus de tout soupçon. On serait tenté de dire que le meilleur de ses compétences, Pierre De Saintignon l’a mis au service de Vitamine T, un beau groupement d’entreprises d’insertion dont … il se refuse de parler par pudeur. Ce serait finalement peut être une bonne méthode. Pas un paradoxe prêt, Daniel Percheron, lui, ne cesse de louer dans cette campagne « le triangle magique formation-recherche-innovation » pour la Région alors qu’en la matière, on est plus proche du « triangle des Bermudes ». Ainsi, la commissaire européen Hübner chargée de la politique régionale n’avait-elle pas en 2006 sérieusement bousculé le Conseil Régional à Bruxelles aux vues des retards de la Région sur la stratégie de Lisbonne (2007-2013). Recherche appliquée, développement durable, innovation, tels seraient les futurs fléchages européens. « Fini pour l’Europe de financer des musées ! ». Début 2007, Daniel Percheron avait dans la foulée invité Danuta Hübner sur place pour lui montrer … la plateforme de Dourges et les prémices du Pôle Ferroviaire de Valenciennes, sans oublier de lui parler tout de même Louvre-Lens. Avouant enfin les difficultés, « nous ne passons pas facilement de l’ex-Bassin minier à la “Silicon Valley” », Daniel Percheron a entendu la Commissaire comprendre les défis du Nord/Pas de Calais, y trouvant des similitudes avec sa Pologne natale. Ouïe. Un peu comme si une délégation de l’UEFA-Champions League qualifiait le Stadium Nord de stade « digne de la République Tchèque ».

Commentaires Fermés


Combat de rue

La raffinerie pétrolière de Total Fort-Mardyck à la rue d’abord, les cheminots dans la rue à Somain, les ouvriers de la centrale à charbon d’Hornaing qui ont peur de la rue et les salariés de Rottendorf à Prouvy à la rue, mais finalement avec un accord et une enveloppe, le tout sans qu’un candidat PS, Front de Gauche ou Vert ne soit jamais très loin, la rue est assurément le théâtre de ces régionales Nord/Pas-de-Calais 2010. Non qu’il ne s’agisse là d’une forme de théâtre de rue, un genre dont une représentation marché du Vieux Lille a été donnée ce dimanche, mais plus d’un théâtre de marionnettes. Camarade Jean François à Rottendorf, Camarade Alain et Pierre à Hornaing, Camarade Alain à Fort-Mardyck, Camarade Alain, Pierre et Daniel à Somain nous parlent de théâtre vivant, mais Camarade Éric et Camarade Pascale, eux, n’y voient qu’un jeu de dupes. Un nouveau camarade s’est initié ce week-end au combat de rue, Camarade Olivier, qui brandit le drapeau orange devant les stations Total de Lille et Anzin, pour le « Boycott Total ». Une idée en provenance directe des militants internautes modem qui s’invitent désormais sur la célèbre scène de la mobilisation pour les camarades grévistes. Quelques metteurs en scène ont dû tiquer. Ça fait un peu désormais Vaudeville toutes ces chansons de gestes. Exit Channel, Phénix et autre Saint Sauveur, la raffinerie des Flandres est devenue La salle de spectacle régionale, avec à l’affiche Olivier samedi, Alain mardi et Pierre mercredi, prolongations jusqu’au 14 mars ? S’il se retrouvent dans la rue, et c’est déjà ça, les acteurs de gauche désirés ou non de l’entre-deux tours appréhendent pourtant le dernier acte où ils risquent bien de nous offrir un théâtre d’improvisation. Malheurs aux seconds rôles à qui on prédit la rue et aux figurants qui ne seront une nouvelle fois pas payés.

Commentaires Fermés


Bourbier et Barbiers

Réactions en chaîne après le débat télévisé de France 3, on est proche de la panique dans l’oreillette côté socialiste. Ça tangue, ça tiraille. Pierre De Saintignon pousse au portillon, mais personne ne s’avancera à déclarer Percheron mauvais cheval. En effet, Martine Aubry doit en partie à la fédération du PS du Pas-de-Calais son élection à la tête du PS national. Ça ferait mauvais genre. À défaut du Président sortant, De Saintignon a déclaré sa flamme aux électeurs de gauche en distribuant des roses sur le marché de Wazemmes dimanche jour de Saint Valentin. Il nous rappelle ces maris volages qui inondent de cadeaux leur épouse tout en les trompant allègrement. François Bayrou était de passage dans la région, sa terre de mission, pour ne pas dire grand chose mais s’est refusé à critiquer Valérie Létard. Certains modémistes devraient en prendre de la graine. Marine Le Pen, aussi, elle qui excelle dans la critique non argumentée : « Valérie Létard est nulle, archi nulle ». On ne saura jamais pourquoi, enfin si. L’archiduchesse parachutée est en campagne pré-présidentielle sur le dos de la régionale, ceci explique cela, tout comme Alain Bocquet, le roi de la missive, qui maintient en vie La Poste avec sa stratégie de la lettre éventée. Et puis, il y a la liste du bout du bout, du multicarte François Dubout (RPF, FN, PDF, CNI), boute-en-train et vent debout. On connaît le pilote, on connaît aussi l’endroit et le lieu du crash. Entre temps, Bocquet et De Saintignon se bousculent devant la centrale à charbon d’Hornaing pour chanter l’internationale. Décidément, on rase gratis dans la région. Demain est un autre jour, celui du Conseil d’État qui étudie ce 17 février 2010, le recours de Gérard Dalongeville portant sur sa révocation en tant que maire d’Hénin-Beaumont. Le bourbier héninois est réouvert, rien ne va plus.

Commentaires Fermés


Métiers de bouche

C’est une déferlante de petites phrases qui a émaillé le week-end du 30 et 31 janvier marqué par le débat Létard-Percheron, que le Président sortant aura surtout perdu sur la forme. De la forme aux formules, il n’y a qu’une phrase. « Tout le monde parle de Valérie » a remplacé « celle que tout le monde appelle Valérie ». De la caricature, « la pom-pom girl du président Percheron » dixit Marine Le Pen, à l’impudence « Quand vous passez une chemise plusieurs fois dans la machine… Elle a la tenue qu’on lui demande de porter aujourd’hui », dixit Frédéric Leturque (Modem), directeur de campagne de … Valérie Létard lors de la campagne UDF aux régionales 2004, tout y passe. Il faut dire que « celle qui honore la politique » dixit Daniel Percheron en 2004, est la seule adversaire désignée d’un conglomérat de 6 listes de gauche. Pourtant à l’aise dans sa chemise Nouveau Centre, estampillée UDF, Valérie Létard cristallise pendant que Marine Le Pen indiffère, sa présence ni trop haute, ni trop basse, faisant le jeu de la majorité plurielle sortante. Il est loin le temps du Manifeste contre le FN, et son lot de manifestations unitaires de la gauche avant chaque réunion du FN. C’était en 1997, avant les élections régionales de 1998. Entre temps, il y eut 2002, comme une odeur de colis piégé. Aujourd’hui, plus grand chose, à part peut être Monsieur Alpern. Plutôt promise à une abstention record, cette élection commence tout de même à effrayer niveau mobilisation les sortants et ceux qui se considèrent comme tel. Rien de telle alors que la politique de la petite phrase. Elle comble toujours un vide, qui plus est une ambition, mais attire toujours l’attention. Néanmoins avec le misérabilisme pour seul programme, « Nous sommes le dernier rempart pour les gens désespérés » dixit Pierre De Saintignon ou l’opportunisme décomplexé, « Nous sommes les seuls à pouvoir choisir si on va dans l’opposition ou la majorité » dixit Olivier Henno ou l’amateurisme assumé, « C’est la première fois que nous nous lançons dans cette campagne avec une crédibilité que nous n’avons jamais eue » dixit Jean-François Caron, certains gagneraient parfois aussi à se taire.

Commentaires Fermés



Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.