Comité de Salubrité Régional Nord/Pas-de-Calais


Les Petits Princes

Trois des plus grandes villes de la région Nord-Pas-de-Calais ont ou vont changer de Maire en 2011-2012. Roubaix, Arras et Valenciennes. Et d’autres devraient suivre Maubeuge, Béthune, … Pas la peine de regarder sur le calendrier une quelconque élection municipale anticipée, mais plutôt dans l’encyclopédie au registre de “l’Adoubement”, cette pratique ancestrale. Pour raison de non cumul des mandats, le néo-Sénateur René Vandierendonck va ainsi laisser le 22 mars sa mairie de Roubaix à Pierre Dubois, adoubé sur le tard. Laisser son trône ? C’est exactement à quoi se refuse Michel Delebarre, néo-Sénateur-Maire-Président de Dunkerque Communauté Urbaine, qui a envoyé paître la Reine Maire de Lille. Jean-Marie Vanlerenberghe, fondateur du MoDem avec François Bayrou et réélue Sénateur du Pas-de-Calais en septembre 2011 sur une liste UMP-Modem avec le Maire UMP de Calais Natacha Bouchart, a lâché le 14 novembre 2011 son fauteuil de Maire d’Arras à Frédéric Leturque au nom de la parole donnée et celui de Président d’Agglomération à l’UMP Philippe Rappeneau au nom de la cuisine politique. Et puis viendra le temps où Dominique Riquet, Maire de Valenciennes et Député Européen, léguera son dû à Laurent Degallaix, Conseiller Régional et Municipal en attente. Certes le trio Dubois-Leturque-Degallaix a été élu sur la liste municipale de leur champion respectif et passera son examen de passage en 2014, mais certains esprits chagrins voient dans ces opérations une confiscation démocratique pour des villes de cette importance. Intronisé jusqu’à en devenir siamois de Jean-Pierre Balduyck, Michel-François Delannoy avait été élu en 2008 par les citoyens tourquennois. Vanlerenberghe, Vandierendonck et Riquet ont fait le choix de la mi-mandat pour adouber leur dauphin, chargé de fructifier l’héritage et de s’en rendre comptable aux élections municipales de 2014. Mais être consacré dans l’entre-soi au Château au cours d’une cérémonie d’adoubement en présence de nombreux nobles ne vaudra jamais le sacre royal grandiloquent en la Cathédrale. Les trois chevaliers du roi n’ont ainsi de légitimité que leur titre et les voilà enjoint d’aller s’enquérir une légitimité auprès du vil peuple. Suicidaire pour eux de rester dans leur tour d’ivoire, ils s’apprêtent à organiser ripailles et tournois, à festoyer avec les damoiseaux, ménestrels et autres trouvères, à prononcer épousailles, à entretenir la souvenance, à mander, octroyer, s’attirer les bonnes grâces des gentilshommes en escomptant un peu aussi sur Dame Fortune pour que les manants inscrivent au bout de ces deux ans, à la plume d’oie, leur nom sur le prochain parchemin électoral. À l’affut de ce ponctuel affaiblissement, les conspirationnistes sont de sortie et les barbares font déjà chauffer leur huile pour l’assaut de la Citadelle, qu’on disait imprenable. Être légitimé par le Roi n’apporte pourtant pas forcément de garantie. Celui qui portrait une veste rouge à l’Assemblée Nationale et en portait le patronyme, Patrick Roy, Député-Maire de Denain, emporté par le cancer le 2 mai 2011, avait beau être Roi de Denain, son testament politique n’en fut en aucun cas respecté. Prince désigné pour la législative, Laurent Depagne, Maire d’Aulnoy-lez-Valenciennes, est finalement devenu le bouffon de l’affaire. C’est Anne-Lise Dufour, future Député-Maire de Denain, qui fut en tout point sacrée au nez et à la barbe des concurrents sous l’égide Aubryiste. Comme quoi nul n’est jamais prophète en sa contrée.

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L’homme qui valait 3 milliards

À la rentrée 2010, Daniel Percheron avait sorti de son cartable le RER Lille-Hénin, 17 minutes et 1 milliard d’euros clés en main. On se souvenait alors de l’ire d’Éric Quiquet qui stigmatisait “la politique de l’illusion”. La grande illusion n’aura pas durée, le méchant État n’aura pas accordé le moindre euros au RER Percheron, “un échec personnel” selon l’autre vert Dominique Plancke pour qui il n’y avait pas lieu de se précipiter et de passer ainsi par delà l’assemblée régionale et ses services. Un autre élu est quelque peu vert, le même Éric Quiquet, Vice Président aux Transports de la LMCU, qui ne récupère dans cet appel à projet que 9 millions d’euros de l’État pour un dédoublement de la ligne 1 du métro lillois à 500 millions d’euros (!). Un dédoublement nécessaire ? Avec 36 millions accordés au Tramway Béthune-Bruay pourtant embourbé dans une erreur de procédure, l’État a voulu rappeler que ce projet “offre une alternative crédible à la voiture en créant un lien entre des polarités fortement dépendantes reliées uniquement par voie routière à ce jour”. Pan des les dents. Et c’est finalement le tramway fiasco de Douai, qui finira (un jour) par emporter le Maire UMP Jacques Vernier, qui récupère le dernier morceau de l’État, 8 millions d’euros pour un vulgaire bus dans un couloir de bus. Un État qui s’est transformé en État d’urgence sur la question des lycées. Avec les 865 suppressions de postes annoncés, Marie-Jeanne Philippe, Rectrice en chef, fait face à ses inquisiteurs en pleine assemblée CESR au Conseil Régional. Déterminée à ne rien lâcher devant une institution qui aura tout de même construit et rénové à tour de bras des lycées alors que les effectifs scolaires baissent sans cesse, la rêche rectrice aura entendu les élus de gauche, dont la larmoyante (Brigitte) Olfa Laforce, parlant d’un « massacre organisé » (sic), mais ne les aura pas écouté, stigmatisant « ces filières surdimensionnées avec des élèves qui vont se retrouver au chômage et des filières quasi vides malgré des perspectives d’emploi ». Dans ce dialogue de sourds, on aura surtout repéré la noire colère de Daniel Percheron qui à force de se faire tacler par l’État va sentir l’ombre de Martine Aubry dans son dos. Celle qui a fait du non cumul des mandats un bras armé pour placer, comme sur un échiquier, ses petits soldats Audrey Linkeheld (à la place de Bernard Frimat/Dinah Derycke), Patrick Kanner (à la place de Bernard Derosier), Frédéric Marchand (à la place de Gilles Pargneaux), Renaud Tardy (à la place de René Vandierendonck), … n’aura eu ni la peau de Michel Delebarre et ni celle Daniel Percheron. Et pendant ce temps-là ma bonne dame, Pierre De Saintignon, et sa politique du conte, s’encroutent dans la salle d’attente. Comme Daniel Percheron n’aura pas son RER Percheron, “son” million d’euros (960.000 euros de la Région pour être exact), il l’a envoyé à l’EPCC du Louvre-Lens pour “le lancement de l’exploitation du musée et des premières actions prioritaires en vue de son ouverture”. Si par malheur, le Président Percheron se trouve un jour dépourvu, ce n’est pas la Présidence du RC Lens qui l’attend, mais bien celle du Louvre-Lens. Quant à Gervais Martel, Président du RC Lens, qui craint que son Club devienne musée, il ne cracherait pas sur quelques “bons” millions d’euros …

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Roubaix brûle-t-il ?

Une poche volcanique s’est formée sous le versant nord-est de la Métropole, et le sol se craquelle sous Roubaix. Dominique Baert a beau faire de Wattrelos de plus en plus un Waterloo financier et social, Francis Vercamer, le Député-Maire Nouveau Centre de Hem, avec son brevet de N°1 de la gestion municipale en poche et le redécoupage de sa 7e en tête, regarde lui désormais plus du côté de Wasquehal, en envoyant son maire Gérard Vignoble au Sénat, que du côté de Roubaix. Y réduira-t-il son influence sur une ville qui tient plus du Yalta, alors que René Vandierendonck, le Maire de Roubaix s’envoyant lui aussi au Sénat, laisse une terre et une succession en jachère. C’est que René, cet “ex-UDF, mec de gauche contrarié”, voyait en Assya Guettaf plus qu’une filiation, mais la jeune élue manque de foyer politique et puis surtout Martine Aubry aurait son poulain dans l’écurie, Renaud Tardy, tardivement connu mais Conseiller Général depuis plus de 10 ans, il en va de l’équilibre métropolitain. Slimane Tir, le trublion vert, en vulcanologue averti sent poindre “l’implosion d’une majorité municipale, sur fond de guerre de succession” et de Sécession d’une majorité multiplurielle. André Renard, l’ombre grise de “Vandie”, ne pourra éteindre tous les incendies d’une ville meurtrie par les polémiques Quick halal, mariage et drapeaux du samedi, Coupe du Monde de Football, une ville dont les boulangeries brûlent quartier de l’Epeule avec des méthodes dignes de “mafia locale”. Les UMP Max-André Pick et Guillaume Delbar voient un bateau sans capitaine et sans gouvernail, le Modem Arnaud Vespieren s’imagine plus petit dénominateur commun, le Vert Slimane Tir prendre la place “du diable”, le frontiste Guy Cannie de faire main basse à coup de slogans “table rase”, les éléphants PS locaux André Renard, Pierre Dubois et Jacques Fontaine essayent de garder le reste du trésor. René Vandierendonck a beau avoir répété que Roubaix était un formidable laboratoire, c’est surtout aujourd’hui une belle soufrière. Espérons juste que les pompiers ne seront pas ceux qui soufflent sur les braises …

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Méthode et méthode

Vendredi, il y avait visiblement deux “place to be” en Région. La Conférence de Presse Railenium à Valenciennes et le Conseil de Communauté de la LMCU à Lille. D’un côté, Bernard Derosier, Daniel Percheron, Rémi Pauvros, Valérie Létard, Dominique Riquet, Bernard Baudoux … et Jean-Louis Borloo, de retour à Valenciennes, venus soutenir le dossier du ferroviaire valenciennois dans le cadre du Grand Emprunt, cher à René Ricol. De l’autre, René Vandierendonck, Michel-François Delannoy, Martine Aubry relayant la présentation du devenir de la Zone de l’Union de Tourcoing-Roubaix-Wattrelos en Conseil. Deux temps, deux méthodes. La méthode Borloo et la méthode Aubry. D’un côté des élus poids lourds venus pousser le volet recherche du train valenciennois, déjà bien sur rails avec son pôle I-Trans, ses entreprises, sa boucle et sa future boucle sambrienne d’essai et autre AFE, au credo d’un « Tous ensemble » réunissant le spectre des étiquettes politiques et des territoires. De l’autre des images virtuelles sur un projet longtemps virtuel où n’émergent pour l’instant qu’une fin de travaux du CETI, Centre de Textile Innovant (du pôle qui sera en son temps lui aussi candidat au Grand Emprunt), un peignage de la Tossée devenu salle de spectacle et un “bidonville”, de la bouche de Max-André Pick, élu d’opposition Roubaisien, le tout dans une ambiance politique avec le néo-centriste Gérard Vignoble, qui trouvait les temps longs sur ce dossier, chatouillé par l’exécutif rouge-rose-verts-orange de la LMCU. La veille en débat public à la Mairie de Lille, c’est une autre arlésienne dont on posait les jalons, l’avenir du Parc de la Citadelle, déjà vendu par Martine Aubry en 2004 dans le cadre du projet Grimomprez-Jooris 2, c’était le temps où la Méthode Aubry était le passage en force. Certes le dossier Stade fut un plus qu’un caillou dans une chaussure, certes la Zone de l’Union est la plus grosse friche industrielle de France, mais constatons que les consensus politiques lillois se trouvent plus facilement pour faire émerger de terre en temps record des siège de Région, musées et casino que des stades, hôtels d’entreprises high-tech, Hyde ou Central Park, siège décathlonien, Textipôle et autre port de Plaisance. Effets d’annonce à rallonge et chamailleries à répétition tantôt avec la bande à Christian Decocq, tantôt avec la bande à Gérard Vignoble, tantôt avec la bande à Gérard Caudron, tantôt avec la bande à Éric Quiquet, tantôt avec la bande à Pierre Mauroy, tantôt avec la bande des associations, … tels sont les piments de la méthode Aubry, un brin manichéenne, qui saupoudrent une mezze d’économie, culture, aménagement, et autres politiques, présentés surtout comme solidaire. Certes Percheron, Derosier, Pauvros, Baudoux ne participeront pas toujours à la partie de chasse en meute de la bande à Jean-Louis Borloo, mais ne pas jouer avec “le meilleur N°10 pour le Nord-Pas-de-Calais” dixit Percheron, risque de vous envoyer sur le banc de touche. Celle qui veut faire de Lille une terre d’exemple pour son ambition présidentielle de 2012, et qui a rappelé à son impatience Ségolène Royal, se confronte dans le calendrier avec celui qui depuis vendredi veut faire de ce qu’il a fait de Valenciennes, ce qu’il veut faire pour la France en 2012, modèle et méthode comprises, impatience d’Hervé Morin ou non. Alors que Ségolène Royal répondait que le PS n’avait pour l’instant ni candidat et ni projet, Jean-Louis Borloo promettait à ses ouailles que ce serait ici et à eux qu’il l’annoncerait, laissant planer un doute façon Jacques Delors 1995, père de Martine Aubry et adepte d’une encore autre méthode, devant les éternels vents partisans qui érodent bien plus que la pratique politique.

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Serpentage et Serpentillage

Ratifiée ce jeudi par les militants, la liste socialiste pour les Sénatoriales du Nord jette un léger trouble. Derrière Michel Delebarre, futur Sénateur-Maire de Dunkerque, et cumulard en puissance, la présence d’Audrey Linkenheld, 37 ans, alsacienne, adjointe, proche et candidate de Martine Aubry, fait grincer quelques dents. En particulier celles de Martine Filleul, longtemps promise à cette place de N°2. Aux orties les combats menés aux législatives, la Vice-Présidence au Conseil Régional, la victoire aux Cantonales de 2008, la diligence à Martine Aubry, voici Martine Filleul orpheline. Vice-Présidente du Conseil Général, institution appelée à disparaître, on a vu mieux comme cadeau de pré-retraite (politique). De son côté Linkenheld est sommée de défendre les futurs intérêts Lillo-Lilliois dans la Haute Assemblée. L’échiquier du système Aubry se met progressivement en place, ne reste plus qu’au “grand aspirateur” à faire tourner ses turbines à haut régime. C’est Dominique Bailly, Maire d’Orchies et Président du Groupe Socialiste au Conseil Régional, qui fait littéralement le hold-up du siècle avec une très généreuse troisième position. Multi-perdant (4 défaites) sur la 6e circonscription du Nord (Pévèle), Oh Bailly fera finalement sa météo non à l’Assemblée Nationale mais au Sénat. Le bon petit soldat, sans grande envergure politique, ni grand mandat, aura surtout eu le mérite d’éviter les chemins de traverse. Un cas d’école. Royaliste investi en 2007 puis ardent défenseur de la Motion D, la Motion Aubry, lors de l’élection interne du PS en 2008, Dominique Bailly aura fait tout le contraire d’un Bernard Roman, il aura su manoeuvrer. Et ça au PS, c’est une marque de fabrique. Le voici déjà dans le fauteuil de Pierre Mauroy au Sénat. Autre roi de la manoeuvre, un peu moins sur le Quick Halal, l’ex-CDS (tout comme Marc-Philippe Daubresse) René Vandierendonck atteint son Graal après avoir chapardé aux centristes la Mairie de Roubaix pour la ramener dans le giron socialiste. Le “Modem avant l’heure” aura juste oublié de préparer sa succession Roubaisienne. Champ de patates roubaisiennes en vue. Le Dunkerquois Delebarre, les Métropolitains Vandierendonck, Linkenheld, Blandin, et le futur Métropolitain Bailly, la 6e position, tangente, revient à la Cambrésienne “ma fille ma bataille”, Delphine Bataille. Le ragoût pour Raoult et les autres, notamment les Sudistes du département. Ça fait finalement beaucoup de couleuvres à avaler. Tant qu’il n’y a pas de serpentaire à l’horizon pourquoi se priver ?

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… Dépendance(s)

… Un autre futur ex-président posait en effet sur la photo Grand Stade, Bernard Derosier, Président du Conseil Général du Nord, contributeur pour 45 millions d’euros (aussi) au Grand Stade pour la voirie, qui a annoncé qu’il ne se représenterai pas aux Cantonales 2011 et abandonnait, de fait, sa Présidence. “Sans dauphin” de l’aveu même de celui qui fut élu député en 1978, et toujours réélu depuis. Député-Maire d’Hellemmes, Président du Conseil Général, Bernard Derosier était souvent montré du doigt au PS pour ses cumuls de mandats et leur nombre de renouvellement. Pas vraiment en phase avec les objectifs socialistes 2012. Le seigneur Martine Aubry s’était même lancé dans une injonction publique à l’orée des législatives 2007 en retour de sa protection dans l’épisode Derosier-Raoult de 2004. Derosier avait dit non. Pour ce coup de 2010 “il n’y a pas eu d’intimidations” mais sur l’argument de l’âge, Bernard Derosier, le “dernier des mauroyistes”, aurait en fait été docile sur le volet cumuls des mandats lorsque les Francs-Tireurs Gilles Pargneaux et Frédéric Marchand sont venus frapper à sa porte. Le prétexte aura enfin était le bon pour un déboulonnage interne. La quête de l’exemplarité pré-présidentielle 2012 selon Sainte Martine est atteinte. Amen. La providence s’appelait “Siège de Sénateur”, finalement décliné par le Saint Bernard. Président du Conseil Régional du Nord-Pas de Calais et Sénateur, et donc cumulard en puissance, Daniel Percheron fait-il également l’objet de pressions à l’aube des futures sénatoriales ? Sa chaise vide du Grand Stade illustrerait-elle l’ombre d’un refus ? Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque et René Vandierendonck, futur ex-maire de Roubaix, ont de leur côté déjà mangé quatre places (parité oblige) de la liste socialiste pour les futures sénatoriales dans le Nord. Est-ce à dire que le Député Maire de Dunkerque fera bientôt une annonce d’allégement de mandat ? Dauphin imposé, Pierre De Saintignon, “homme lige de Martine Aubry”, élu en “ticket” avec le Président Percheron à la tête du Conseil Régional en 2010, attend son heure pour prendre place sur le perchoir de l’assemblée régionale. Va-t-il finalement devoir encore patienter ? La toile aubryiste est-elle plus longue à tisser qu’à détisser la toile mauroyiste et la toile artésienne ? Celui qui ne veut plus patienter est Patrick Kanner qui lorgne depuis longtemps sur la Présidence du Conseil Général du Nord. L’ex-homme d’appareil habitué à essuyer les coups d’épines “derosières” et (petits) croche-pied aubrysistes veut surtout éviter un destin à la Bernard Roman, dauphin désigné à la Mairie de Lille puis sommé de se cacher dans l’ombre de Martine Aubry, et enfin mis au ban pour quelques fautes de goûts. Candidat à la future présidence, Patrick Kanner “a envie d’écrire une nouvelle page du même livre.” L’écrira-t-il ? Peu importe car finalement tout change, rien ne change, à part le nom du seigneur et de ses agneaux.

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Orphelins et Mesquins

Drôle de semaine, avec les “orphelins” de l’État collés aux basques de René Ricol, Commissaire général à l’investissement, dont la mallette de 35 millions d’euros au nom du Grand Emprunt national suscite les intérêts. Ceux de Michel-François Delannoy et René Vandierendonck avec le pôle image et le pôle textiles techniques Roubaix-Tourcoing, ceux de Pierre De Saintignon avec “son” euratechnologies, sans oublier ceux de Daniel Percheron avec “son” Louvre-Lens, soit les 4 plus virulents procureurs socialistes du “supposé” désengagement de l’État. Manquée juste à l’appel la verte Hélène Flautre qui veut faire de la Métropole Lilloise un pôle d’excellence d’intégration des roms. Le président Percheron va encore plus loin dans le nouveau magazine du Louvre Lens, euh du Conseil Régional, tiré à 1,7 millions d’exemplaires. Avec 7 villes du Nord/Pas-de-Calais dans le Top 8 des villes les plus pauvres de France, le Président Percheron loue les efforts des collectivités locales, accuse la fatalité et … le désengagement de l’État via la dotation de péréquation. L’État pourfendé, État critiqué, État responsable de toutes les misères mais État à l’origine du projet le Louvre-Lens, on en viendrait presque à l’oublier tant Daniel Percheron en aura fait sa danseuse, voire une opération du Saint Esprit. Heureusement que l’État ne fait pas preuve de petites mesquineries façon Bernard Derosier, Président du Conseil Général du Nord, notamment à l’égard du valenciennois, territoire visiblement mal coloré. Pas de financement tram, pas de financement stade, pas non plus au programme des journées du patrimoine du Conseil Général du Nord, provoquant l’ire de Patrick Roussies, adjoint à la culture de Valenciennes et nous ajouterons, pas non plus au programme du Name Festival, le festival électro perfusionné par le Conseil Général du Nord, qui en 5 éditions aura arrêté sa caravane uniquement dans les villes roses du département, Lille, Roubaix, Tourcoing, Maubeuge et Dunkerque.

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L’école des mines

Mystifiée et démystifiée. Lorsque Marine Le Pen s’est rendue sur le plateau de LCI pour un duel avec Valérie Létard dans un débat à 4 mardi soir sur LCI (Le Pen-Létard-Percheron-Bocquet), la candidate de l’extrême droite avait prévu d’attaquer la représentante du gouvernement à la « barre à mine ». Sans être vulgaire, on peut dire que la fille Le Pen s’est prise « une grosse mine ». « Quand vous serez sur ce terrain comme moi pendant plus de 20 ans, vous pourrez venir me parler ». Une Valérie Létard bouclier et offensive qui laissa une Marine Le Pen avec la mine des mauvais jours. René Vandierendonck, lui, est en terrain miné. Dans l’affaire Quick, le Maire de Roubaix a retiré sa plainte pour discrimination après avoir affirmé discuter avec l’enseigne nationale. Embourbé dans une polémique qu’il a lui-même suscité, le Maire de Roubaix aura écorné son intégrité politique dans ce mauvais passage aux mines dudit burger. Comparé à un « Georges Frêche du Nord/Pas-de-Calais » par la présentatrice de Dimanche Plus sur Canal Plus, chahuté par Slimane Tir sur le Marché de Roubaix, il aura finalement fallu que Martine Aubry, en sa qualité de première secrétaire du PS, telle « une gardienne de mines », vienne sortir René du fond. Le fond, Daniel Percheron en est également sorti après une campagne jugée « sénatoriale ». Lui qui s’annonce comme « l’héritier de Jules Guesde », se comporte plus comme un Président de compagnie des mines que comme un « collectiviste, internationaliste et révolutionnaire ». Dans la droite ligne du paternalisme minier, la « Compagnie des mines de la Région Nord/Pas-de-Calais » du Président Percheron apporte son soutien aux associations sportives et colombophiles, aux sociétés philharmoniques et aux chorales, ainsi qu’aux sociétés d’horticulture, finance dispensaires et écoles, épiceries et cantines, caisses de secours et de retraite, sans oublier la Sainte-Barbe. Aujourd’hui tout habitant du Nord/Pas-de-Calais doit faire diligence au bon Président : « Moi je suis une fayote, j’ai adhéré pour avoir une place en maison de retraite », rappelait dans Libération une vieille dame. Après avoir été tancé sur LCI sur son bilan, taxé d’être un leader « d’une gauche guimauve et BCBG », et représentant « d’une gauche plus rien » par Alain Bocquet, Daniel Percheron s’est surtout évertué en fin de débat à déminer la future union de la gauche du deuxième tour, scellant avec Alain, redevenu docile, leur union sur le plateau parisien au nom de Jules Guesde et Jean Jaurès. Avec un programme d’une telle modernité, la Région risque plus de devenir une mine à ciel ouvert qu’un véritable gisement.

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Au quart de tour

La campagne s’accélère … Plus question de Grippe A, les candidats serrent les paluches à la pelle. Dans le concert médiatique, la désormais fameuse passe d’armes place du concert à Lille, entre Martine Aubry et Xavier Bertrand, a eu son lot d’amabilité et de petites phrases qui nourrissent les médias. La première secrétaire du PS pas là par hasard et le secrétaire général de l’UMP là par Létard auront sorti la campagne de l’ombre médiatique. Les médias nationaux donnent déjà Valérie Létard et la majorité présidentielle perdant au deuxième tour, cela explique certainement la sortie de René Vandierendonck, Maire de Roubaix, qui nourrit la désormais fameuse polémique du Quick Halal en portant plainte pour discrimination. Réaction jugée « exagérée et dangereuse » par Cécile Duflot qui y voit des « relents islamophobes », jugée politique par Marc-Philippe Daubresse qui y voit « l’alliance objective du PS et du FN ». On attend toujours qu’un socialiste tape sur l’extrême droite, qui elle ne se gène pas de jeter en pâture dans un recto-verso des noms de filles de, fils de, maire de, socialistes employés au Conseil Régional. Ça énerve ! Alain Bocquet se fâche tout rouge sur le plateau de France 3 Nord/Pas-de-Calais pour le débat régional N°2. Renvoyé dans ses cordes par Valérie Létard qui sur Total Fort-Mardyck le rappelle à Usinor Denain et Georges Marchais, Alain Bocquet s’est surtout fait rappelé à ses jeunes utopies lorsqu’Éric Pecqueur (LO) le fait passer pour un gauchiste mou et un faux camarade. Éric Pecqueur appelle à la grève générale et au grand soir, trop audacieux pour le communiste qui se fusionne dans un Marx et un Mars. Total, halal, genièvre et gaufres, la campagne s’accélère et prend écho national, du moment que nous ne finissions pas à la fraîche.

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