Filed under: Billet | Tags: Alain Delannoy, André Flajolet, Audrey Linkenheld, Éric Quiquet, élections législatives, Brigitte Mauroy, Christian Vanneste, Daniel Boys, Daniel Percheron, Dominique Baert, EELV, Françoise Hostalier, Gauche Moderne, Gérald Darmanin, Hélène Parra, Hervé-Marie Morelle, Jacques Mellick, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Luc Pérat, Jean-Pierre Bataille, Luc Monnet, Marc-Philippe Daubresse, Marine Le Pen, Martine Aubry, Michel-François Delannoy, Modem, Olivier Henno, Pierre Kucheida, PS, Rémi Pauvros, Slimane Tir, Stéphane Saint-André, Thierry Lazaro, UMP, Walid Hanna
“Stéphane Saint-André est le candidat d’un accord de campagne. À 20h01, cet accord ne tient plus”, à 20h01 ce dimanche 6 mai, ce dimanche de second tour de la présidentielle 2012, les législatives ont commencé dans le Nord/Pas-de-Calais. Chaudement. On compte de nombreux foyers, des dommages collatéraux, des fournaises, mêmes des feux follets et des feux de paille, voire des feux de position. La brigade des pompiers est débordée tant les pyromanes courent les rues et les affiches électorales. Hervé-Marie Morelle dans la 1e du Nord pourra-t-il en coller, des affiches ? Plus que des comptes qui brûlent, le candidat de l’ex-majorité présidentielle est surtout chatouillé par le maintien de Brigitte Mauroy, Gauche moderne. Une broutille ou brindille comparée aux dissidences déclarées ça et là. Le PS Dominique Baert dans la 8e du Nord promise au vert Slimane Tir met finalement le feu au sacré, à l’accord électoral PS-EELV. Le désormais libre Luc Monnet dans la 6e du bouillant UMP Thierry Lazaro ne veut plus mourir à petit feu tout en voyant son terrain se consumer avec la réforme territoriale. Le désormais libre également Jean-Pierre Bataille en froid avec l’UMP sortante Françoise Hostalier brûle d’impatience mais joue avec le feu sous couvert de vouloir raviver une flamme qui selon lui s’éteint en Flandres. Le retour de flamme, il sera peut être pour Rémi Pauvros, Maire de Maubeuge et candidat PS dans la nouvelle 3e du Nord ; candidat plus vraiment naturel puisqu’après avoir été savamment écarté, le sortant Jean-Luc Pérat, battu en interne, défendra son siège quitte à se griller au PS. Celui qui a le plus le feu aux fesses est le Modem Olivier Henno qui joue beaucoup pour son retour devant les urnes. D’Hélène Parra, candidate naturelle PS de la 4e, en passant par Martine Aubry, Marc-Philippe Daubresse, député UMP sortant, chacun sait que les ailes d’Olivier Henno sont de cires. Alors que le Maire de Saint André, Vice-Président de la LMCU et premier Modem à appeler, même avant le 1er tour, à voter Hollande au 2e tour de la présidentielle, essaye de passer dans le trou de souris du Centre gauche en revendiquant le leadership de la nouvelle majorité présidentielle, chacun aura remarqué que ce trou est vraiment proche du Soleil. Le Soleil. Un qui se demande s’il le verra encore et un autre qui veut être dans sa lumière, la 10e du Nord ressemble à une forêt de pinède qui s’enflamme au grès du vent. Le député sortant Christian Vanneste, exclu de fait de l’UMP mais pas dans les faits, mais depuis président du RPF, a décidé de retourner au feu de la 10e et s’est donc fâché avec son Gérald Darmanin qui a, à ses yeux, un peu trop facilement accepter et un peu trop durement refuser de lâcher l’investiture UMP. Un vrai mélodrame avec au final un infanticide ou un parricide. Suspense. Un méli-mélo est également servi dans une incandescente 2e circonscription du Nord, aux fenêtres de la Mairie de Lille, entre la fille légitime du PS Audrey Linkenheld et le fils illégitime EELV Éric Quiquet. Suspense. Du suspense, il n’y en aura en définitif très peu pour ces législatives, à part peut-être à Béthune où autour du candidat PRG Stéphane Saint-André, Maire de Béthune, ça sent un peu la poudre chez la nouvelle majorité présidentielle qui se divise en trois, avec l’ombre du rapide Jacques Mellick derrière le dissident Alain Delannoy et la fâcherie derrière le dissident Daniel Boys. Vue les conditions d’élection de Stéphane Saint-André à la Mairie de Béthune, il était à prévoir un terrain brulant, c’est une fournaise qui profiterait une nouvelle fois au député UMP sortant André Flajolet. La terre brulée, on la laisse comme toujours à Jean-Pierre Kucheida et Marine Le Pen dans le bassin minier, une terre minée et sur laquelle on annonce le parachutage du para-communiste Jean-Luc Mélenchon. Donc du suspense, il n’y en aura point, même pour Marine Le Pen, future battue offrant une assemblée sans frontiste. Seule cette fameuse “imbécile”, selon Daniel Percheron, future loi sur le non cumul des mandats nous en donnera, du suspense. Pierre De Saintignon à la Région ? Michel-François Delannoy à la LMCU ? Audrey Linkenheld à l’Assemblée ? Walid Hanna à la Maire ? Martine Aubry à Paris ? et Éric Quiquet ? Au piquet ? Au bûcher ?
Filed under: Billet | Tags: 2012, élections présidentielle, Eva Joly, François Bayrou, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Président, Présidentielle, Tulle, UMP, Verts
Le résultat de la présidentielle 2012 est tombé, implacable, comme un verdict médical. François Hollande (18.668.000 voix) remporte l’élection devant Nicolas Sarkozy (16.860.685 voix). Implacable, comme les analyses déflorées ici avant le deuxième tour. Malgré intoxication médiatique, profond désamour, crises structurelles, état d’urgence républicain, appel au référendum anti-sarkozyste, le vote Hollande avec 51,6 % des voix n’apparaît clairement pas comme un vote d’adhésion. Ce n’est pas tant l’action du Président sortant mais sa personnalité qui a été sanctionnée à travers ce scrutin. De fait, dès son élection, le désormais Président Hollande embrassa une personnalisation différente de la fonction. Pour autant, capable d’avoir fait sa campagne sur le seul thème du remplacement, François Hollande en sera également coupable tant les contours de son ambition pour la France sont finalement au mieux flous au pire utopiques, témoin cette “croissance à crédit” européenne ou cette première mesurette du blocage du prix de l’essence pendant 3 mois contrariée par une baisse des prix du carburant. François Hollande ne peut pas décevoir, tel est le message des électeurs, qui n’attendent pas une politique de surface ou d’emballage, mais une politique profonde et sans ambages. On jurerait que l’effet n’existe pas en politique, pourtant les français ont voté pour un président placebo. La mesure thérapeutique semble intrinsèquement nulle ou faible, sans rapport logique avec la maladie, mais les médecins, et certains patients, sont persuadés que le mécanisme psychologique ou psycho-physiologique jouera. Chacun demande à voir. Cette présidence est de plus menacée par l’inconséquence des forces de gauche pendant la campagne à susciter, au travers de ce fumeux concept d’état d’urgence républicain, ou espérer, dans la désormais nouvelle majorité présidentielle, l’implosion de l’UMP. La gauche veut-elle clairement Marine Le Pen comme chef de l’opposition ? La démocratie en frisonne. La dernière poussée de fièvre de la droite extrême dans une Grèce hagard ou le foyer de contamination d’Hénin-Beaumont dans un fief historique de la gauche devrait pourtant en vacciner plus d’un. La Droite républicaine battue se doit également d’être en vigilance brune, elle qui sait que s’allier avec le FN c’est mourir, et pas à petit feu. Elle semble vouloir pour l’instant rendre seulement à cette gauche, qui pendant 5 ans s’enferma dans l’opposition primaire, systématique et outrancière, la monnaie de sa pièce avec les polémiques sur les drapeaux de la Bastille ou des Falcons de Tulle. François Bayrou, qui affirme vouloir passer d’une opposition systématique à une opposition vigilante, quitte à créer encore un nouveau centre, n’aura peut être pas l’occasion de s’opposer à l’assemblée nationale. Il a fâché sa famille d’origine et n’est pas le bienvenue dans la famille plurielle. Il n’y aura donc pas d’effet fils prodigue pour le Béarnais, englué dans le cul de sac de ses certitudes. Les Verts, eux, ont la certitude d’être une force gouvernementale avec 2% des suffrages au premier tour, c’est le paradoxe qui aura tué Éva Joly pendant la présidentielle. La marionnette qui voit ses manipulateurs se déchirer pour des marocains ne souhaite désormais pas être marron et revendique une part de la dinde. Des certitudes les électeurs du Centre droit en veulent désormais, eux qui voient leur famille, qui a manqué le repas, en thérapie avec en contre-indication la division. Ce n’est pas un philosophe dont ils ont besoin mais d’un professeur. Quant au grand bateleur Jean-Luc Mélenchon, il veut ses 30/40 députés, effets forcément secondaires de ses soins intensifs administrés au patient communiste et preuve qu’il y avait, finalement, une condition. Et le malade dans tout ça ? Son médecin traitant a été rayé de l’ordre. On souhaite juste désormais que le médecin de garde ne lui fera pas ingurgiter des médicaments sans posologie.
Filed under: Billet | Tags: Élection Présidentielle, François Bayrou, François Hollande, François Mitterrand, Front de Gauche, Front National, Jean-Luc Mélenchon, Marie Le Pen, Modem, Nicolas Sarkozy, UMP
On connaissait les petits, les sans grades, on connait désormais les inutiles, démocratiquement parlant. Dans la recherche de respectabilité ou de légitimité du Front National, c’est le Président François Mitterrand qui jeta la première pierre. Le Front National aurait pu être déclaré anticonstitutionnel, il ne l’a pas été, ce n’est pas pour autant qu’il est démocratiquement utile. Le travail de Marie Le Pen depuis la transmission monarcale et patriarcale du parti n’aura eu de cesse de chercher à atteindre cet objectif. Et les 18 % de la présidentielle 2012 la confortent. Relayé par des médias prédicateurs, le scénario d’une droite nationaliste à l’italienne et de l’éclatement de l’UMP est plus que fantaisiste. Le Front National est inutile, c’est son essence et le coeur de son existence. Marie Le Pen et sa formule “UMPS” n’appellera à voter ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande pour le deuxième tour de l’élection présidentielle. L’Esprit de la Ve République ne permet pas à un parti sans alliance de parvenir au pouvoir, et l’UMP ne le sait que trop bien. Pour les élections législatives que Marine Le Pen attend visiblement goulûment, le FN n’aura au mieux qu’une élue, Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, plus certainement aucun dans un scrutin uninominal à deux tours. Le FN ne sera jamais non plus un parti d’opposition, les sursauts républicains auront toujours raison de lui. Ainsi la question de son caractère républicain du FN revient comme un boomerang. La seule évolution remarquée est que le FN n’est plus seulement une soupape populo-populiste ou un virus politique et idéologique pour la droite républicaine, il est devenu un effet indésiré du lent poison que distillent ceux qui entretiennent la désespérance. Avec ses 11 % et son score toutefois historique Jean-Luc Mélenchon est aussi inutile démocratiquement que celle qu’il a pris en grippe. Avec un score très inférieur au mouvement de fond annoncé, sa tête baissée, son refus d’être une force gouvernementale et son appel à “faire battre Nicolas Sarkozy”, Jean-Luc Mélenchon se révèle simple rabatteur de gauche, camelot à la petite solde, celle du désistement républicain entre forces de gauche au deuxième tour des législatives. On ne doute pas que Jean-Luc Mélenchon 2012 ai vu la naissance d’une force qui ne s’arrêtera pas à 2017, une élection présidentielle pour laquelle il est déjà candidat, il entre ainsi dans la droite ligne et tombe dans le même piège que l’inutile François Bayrou. Avec plus de la moitié de ses électeurs perdus entre 2007 et 2012, François Bayrou s’exprimera le 3 mai 2012 pour laisser libre choix à ses électeurs, une “avancée significative” depuis le “ni-ni” suicidaire de 2007. À force de refuser d’être une force gouvernementale, François Bayrou ne sert rien et à rien, à part entretenir son verbe, prêcher une bonne parole dans le désert de Judée et être invité à un diner de con. Sur la seule question de personne, il a réussi à tuer et confisqué le fort désir de centre dans ce pays qui n’aura pas trop de 5 ans pour se reconstruire, on l’espère autour des idées plutôt que de l’homme. Un homme divisé, tout lui résiste.
Filed under: Billet | Tags: Alex Türk, François Dubout, Francis Vercamer, Jacques Legendre, Jacques Vernier, Jean-René Lecerf, Joël Wilmotte, Marc-Philippe Daubresse, Sébastien Huyghe, Sénatoriales, Sylvie Desmarescaux, Thierry Lazaro, UDF, UMP, Valérie Létard
A force d’abuser de la torpille, presque inscrite à son patrimoine génétique, la droite du Nord/Pas-de-Calais en est réduite au radeau de fortune, obliger de ramer comme des naufragés dans un océan d’incompréhension. Il faut dire qu’un puissant lance torpille a été identifié à Phalempin, dans le Pévèle, et l’engin a tendance à tirer contre son camp. Il allait jadis avoir le scalp de Francis Vercamer, félon d’UMP passé à l’ennemie UDF, il allait couler l’obsolète compagnie des transports douaisienne Vernier, il tapissa d’un champ de mines l’après candidature de Sébastien Huyghe à la Mairie de Lille, il allait faire imploser la liste des régionales de Valérie Létard et piloter le sous marin du bout Dubout, il allait également asphyxier de bâtiments la rade des sénatoriales. Il allait tout faire, il a sombré, neutraliser à la faveur de l’élection interne de l’UMP. Car, un autre lance-torpille arrose également le ciel lambersetois et fait souvent des dégâts. Il mate les rebellions internes, bride les tanker qui veulent devenir super, fossoie l’expédition communautaire, et sort selon lui tous les jours du bureau l’amiral chef. Ego logique comme la stratégie de la droite pour les Sénatoriales 2012. Une liste officielle Legendre n’engendrée que par elle même, une liste Legrand petit bras, une liste indépendante Türk réduite à un nom, le sien, une liste Wilmotte en mode marmotte, une liste Lecerf-Létard parti à la chasse très tôt, et voilà Sylvie Desmarescaux rester au port, le rempart qui saute et un siège qui tombe contribuant notamment au basculement du Sénat. Combien de divisions ? Combien de dispersions ?
Filed under: Billet | Tags: 2012, confédération des centres, Dominique De Villepin, DSK, François Bayrou, François Hollande, Jacques Delors, Jean Louis Borloo, Marc-Philippe Daubresse, Martine Aubry, Modem, Nicolas Hulot, Parti Radical, Pierre Moscovici, Ségolène Royal, UMP
“Je quitte évidemment l’UMP”. Le jour de ses 60 ans, Jean-Louis Borloo, Président du Parti Radical, a pris le chemin de la présidentielle 2012 au détour d’une émission plutôt rafraîchissante quant à la pratique du discours politique. Du Borloo dans le texte et dans le geste donnant vie à cette confédération des centres, du Borloo qui enthousiasme des Radicaux de Gauche au ex-sarkozyste, du Borloo qui perce immédiatement dans les sondages et donc du Borloo qui fait grincer beaucoup de dents, beaucoup. Celles de certains parlementaires UMP d’abord qui l’accusent de division, celles de Marc-Philippe Daubresse qui a force de faire le grand écart s’en trouve écartelé, celles du candidat de l’inutile Dominique De Villepin qui se rêve gaulliste sur une rancoeur personnelle, celles des partisans de “DSK”, Pierre Moscovici en tête, qui sentent poindre le danger d’un espace politique rétréci, celles de François Hollande qui va jusqu’à affirmer que le prochain président de la République ne pouvait “être que socialiste” (sic), celles des écolos apparatchiks pour qui Borloo est un écolo de façade, et surtout celles de François Bayrou, candidat 2012 depuis 2007. L’égocentriste, responsable du schisme des centres, aura en l’espace de 5 ans entretenu une ambition personnelle, détruit un parti, dispersé des parlementaires, égaré des militants et perdu toutes les élections intermédiaires. Tout le contraire en somme du Candidat Borloo qui affirme entretenir une ambition collective, reconstruire un appareil, réunir des parlementaires, rassembler des militants et réellement peser sur un second tour. Depuis Borloo, Hulot et De Villepin sont sortis du bois, une multiplication de candidatures qui fit ironiser François Bayrou sur la “saison des champignons”, mais le vrai parasite de cette élection présidentielle est bien le Président du Modem. Borloo, Bayrou, il y en aura qu’un. Question appareil, espoir, Borloo est largement gagnant, question cuisine politique, Bayrou est vainqueur car inoffensif pour l’ensemble de ses adversaires. Borloo capable de rassembler radicaux, gaullistes, chrétiens-démocrates, socio-démocrates et écolo-démocrates, forcément ça dérange plus qu’aux entournures au point que certains tentent de le faire passer pour un “agent double”. Le pathétisme des “candidats 2012 depuis 2007″ que sont Bayrou, De Villepin et Royal nous rappelle que la vérité d’une élection présidentielle n’est jamais celle de la suivante. On se souvient ainsi que Jacques Delors ne s’était finalement jamais présenté à l’élection présidentielle de 1995 de peur, narrent ses mémoires, de se faire imposer un projet socialiste qui ne fut le sien. Le 4 avril 2011, sa propre fille, Martine Aubry, présente le projet des socialistes, “L’avenir aime la France” et l’impose par une simple déclaration : «On n’est pas candidat pour le PS si on ne défend pas le projet des socialistes».
Filed under: Billet | Tags: Bernard Derosier, Claude Géant, Conseil Général du Nord, François Hollande, Front National, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Martine Aubry, Nicolas Sarkozy, Patrick Kanner, PCF, UMP
À tous, Patrick Kanner promet “écoute, collégialité et transversalité”. À croire que l’ancien Président du Conseil Général du Nord n’écoutait personne, faisait tout, tout seul, et ne voulait pas entendre parler d’opposition ? Ça y est les Cantonales sont jouées, les compteurs Geiger se sont affolés. Il y en a partout et pour tous les goûts. Patrick Kanner a gagné, Bernard Derosier a tiré sa révérence, la Gauche a gagné, les Forces de Gauche ont gagné, Marine a gagné, les Verts ont gagné, Aubry a gagné, Hollande a gagné, les Centristes ont gagné, Sarkozy a perdu, l’UMP a perdu. Bien. Et ? D’un côté le “Ni-Ni” de l’entre-deux-tours de la cantonale 2011, les petites phrases du nouveau Ministre de l’Intérieur, Claude Géant, la curieuse stratégie de reconquête du P de l’UMP, de l’autre des socialistes qui se frappent le torse de lamentations en criant “Sarkozy”, l’appel frelaté au “front républicain” et les pré-candidats à la présidentielle qui veulent sortir en tête du dernier virage, telles ont été les scénettes politiques aperçues sur vos écrans avant le second tour des élections cantonales. Depuis le rideau sur l’écran est tombé et la dernière séance avant l’élection présidentielle 2012 s’est jouée. Pas très glorieuse … D’abord il y a cette abstention record et puis ce Front National au summum. Dans un scrutin uninominal à deux tours, le FN se retrouve marron, comme un temps les centristes. Pas de 3e voie sous la cinquième, le refrain est connu, surtout si c’est une voie de garage, mais le pain béni d’un second tour face au FN est devenu indécent. Il y a comme un monde qui s’écroule et comment interpréter ces résultats ? Il y a d’abord le soliste Mélenchon, toujours ronchon, qui voit un peuple écoeuré, une classe politique hors réalité, un système arcbouté. Il y a la chorale UMP qui y voit un avertissement sans frais, des pans entiers de débats abandonnés à réapprivoiser et les petits chanteurs centristes et de l’UMP déboussolés qui rêvent de s’émanciper. On remarquera le canon des socialistes presque cyniques, adossés avec des communistes revigorés et des verts aux aguets, mais loin d’être une chanson de geste, la vague bleue marine est une marche funèbre. Les petits bricolos qui manipulent les résultats et fluctuations du Front National nous font parfois penser aux ingénieurs japonais de Fukushima. Ils ne contrôlent plus grand chose d’un parti qui s’institutionnalise. D’un côté, le jeu trouble de l’UMP que les médias décryptent et démontent minute après minute, de l’autre, une partition bien plus sournoise jouées par les forces de gauche : L’entretien de la désespérance, dont les pires des illustrations sont ces duels Front National/Front de Gauche ou PCF aux cantonales. Désespérés les français pourraient l’être vraiment. Il fut un temps où Valenciennes était à feu et à sang, saigné de 10.000 emplois, de la métallurgie à la sidérurgie, des banderoles et émeutes partout et de sérieuses menaces de gangrène sociale. On ne refera pas l’histoire mais on entendit surtout là le discours de l’espérance et des élus solidaires. Ça manque … La politique compassionnelle compulsive n’a qu’un temps. Ça fait parfois du bien d’être écouter et aimer mais la question est : qu’est-ce qu’on fait pour s’en sortir ? À moins que certains ne souhaitent pas forcément qu’on s’en sorte ?
Filed under: Billet | Tags: Cantonales 2011, Coluche, Conseil Général du Nord, Conseil Général du Pas-de-Calais, Danny Wattebled, Dominique Dupilet, EELV, FN, Front de Gauche, Front National, Jean-François Copé, Jean-Luc Chagnon, Jean-Luc Mélenchon, Jean-René Lecerf, Joëlle Cottenye, Luc Monnet, Marine Le Pen, Martine Aubry, Modem, Nicolas Sarkozy, Nicolas Siegler, Nord/Pas-de-Calais, PC-FDG, PS, Salvatore Castiglione, Steeve Briois, UMP
Les Cantonales 2011 ont rendu leur verdict à l’occasion du premier tour de ce dimanche : “Abstention Record” et “Vague Bleu Marine” seront les gros titres du jour. Les premiers commentaires et analyses tombent déjà, notamment sur le Nord/Pas-de-Calais. Certes dans la région, on ne peut s’empêcher d’observer la confirmation de l’inutilité politique du Modem, à part le Modem d’Arras (mais est-il encore le Modem ?), l’entretien des bastions PC-FDG, l’évolution d’EELV ou la bonne tenue des partenaires de la majorité présidentielle hors UMP avec la néo-centriste Joëlle Cottenye à Lannoy, le radical Salvatore Castiglione à Valenciennes, le “candidat libre” Nicolas Siegler à Cambrai, le “Sans Étiquette” Danny Wattebled, mais force est de constater le revers de l’étiquette UMP, la stagnation, voire légère régression du PS qui ne profite pas du contexte politique à l’image de l’élimination au premier tour du Vice-Président sortant Jean-Luc Chagnon sur Valenciennes et bien évidemment la poussée du FN version Marine Le Pen qui se permet le luxe de qualifier pour le second tour des candidats parfois “fantômes”. On stigmatisera le ping-pong incessant et indécent de l’UMP et du PS sur la question du Front National. D’un côté, la diabolisation de Nicolas Sarkozy, qui a “abîmé la République” selon Martine Aubry, ou “responsable de la désespérance qui grandit partout” selon Dominique Dupilet, Président du Conseil Général du Pas-de-Calais, de l’autre les déclarations ambigües sur le “Front Républicain” de Jean-François Copé, secrétaire national de l’UMP ou de Jean-René Lecerf, Président du Groupe UPN au Conseil Général du Nord qui rappelle que ce sont les socialistes qui “ont fait rentrer le FN à l’Assemblée Nationale”, et même dans la vie politique ajouterons-nous. La vérité est que le Front National, est là et bien là, à nous rendre las. La modification de la qualification pour le second tour des cantonales (de 10% à 12,5% des exprimés) offre au Front National non plus des triangulaires mais des duels (souvent face au PS, exception faîte à Cysoing face à l’UMP Luc Monnet) dans quasiment un canton renouvelable sur deux dans le Nord/Pas-de-Calais. Le Pas-de-Calais subit lui-même une véritable contagion FN, à l’image des scores béthunois, calaisiens, artésiens et ceux de Steeve Briois à Montigny avec un score de 36%. Jean-Luc Mélenchon, Candidat à la Présidentielle pour le Front de Gauche, ne veut voir la migration de l’électorat populaire de la gauche et gauche extrême vers l’extrême droite, mais le Pas-de-Calais à lui seul semble l’indiquer. Des électeurs civiques, des électeurs partisans et des électeurs insurgés, tels ont été les participants de ces élections cantonales. Les déçus du Sarkozisme, les déçus de la politique, les agnostiques de la politique, les résignés, indifférents, irresponsables et invisibles ne sont pas aller aux urnes, et l’on ne pourra s’empêcher de voir, une nouvelle fois, dans la vague Marine Le Pen, les envies de cacoratie du peuple français, la plus mauvaise des options politiques pour favoriser l’instauration d’un nouveau régime, système ou pratique politique ? Après Coluche, Marine Le Pen ? Un jeu bien trop dangereux, Marine Le Pen est radioactive pour la démocratie. On en connaît qui sont morts à se tirer une balle dans le pied. On préférait que chacun dépose les armes, que l’armée se réforme avant qu’on ait droit au régime des colonels …
Filed under: Billet | Tags: Brigitte Guidez, Cambrai, Comines, Damien Castelain, Daniel Janssens, David Paris, Detournay, François-Xavier Villain, Gilles Pargneaux, Henri Segard, Jean-Pierre Balduyck, Martine Aubry, Modem, Nicolas Lebas, Olivier Henno, UMP, Vincent Ledoux
Cambrai, dix minutes d’arrêt. Il aura fallu plus de temps cette semaine à Martine Aubry pour soutenir les “quatre fantastiques”, entendez les quatre candidats PS du secteur pour les cantonales. Dix minutes, ce n’est même pas le temps qu’il a fallu au Maire François-Xavier Villain pour s’étrangler à la lecture de son journal préféré le lendemain. Brigitte Guidez, candidate PS à sa succession dans le canton de Cambrai-est, entre quelques incantations au “bouclier social”, devise : “le Cambrésis est en panne de projets”. Elle cite la “remise en cause par l’État du financement du canal Seine-Nord”, pointe du doigt “le morcellement des intercommunalités du Cambrésis… Rien ne fédère notre secteur, contrairement à ce que tu sais si bien faire à l’échelle de cette superbe communauté urbaine de Lille ». Ohhh ! L’ode goulue de Guidez provoque aujourd’hui la froide colère de FX qui crie à la trahison territoriale avec ses 328 projets envoyés au Conseil Général : « Elle vient nous parler de la couleur de ses cheveux, dont je n’ai absolument rien à secouer, en ce que j’aurais préféré qu’elle nous parle de la couleur de ses idées ! Qu’elle ne se batte pas pour son territoire, on en avait fait notre affaire, mais qu’elle le méprise, ça, nous ne pouvons l’accepter !”. Ouch le crêpage de chignon ! Il faut croire que l’allégeance réveille les langues. La couleur des idées d’Henri Ségard, le future ex-maire de Comines, daltonien ou non, on aurait du mal à la discerner. Bleu-Orange-Rose ? Celui qui « ne sera plus jamais maire de Comines » et 17 autres élus démissionnent pourtant le 18 février pour provoquer un nouveau scrutin après que le mandat de son ancien protégé, le maire UMP Alain Detournay, ait tourné au vin aigre, millésime 2009. Venu sauver Comines d’un bourbier politique, le Vice-Président de Martine Aubry à la LMCU, Henri Ségard, inaugure par anticipation un drôle de retour de bâton pour ces “petits” maires qui ont fait allégeance à Martine et qui retourne vers leurs électeurs, non sans mal. L’ancien Maire de Tourcoing, Jean-Pierre Balduyck y voit « une imbécillité politique ». Quoi ? David Paris, tête de liste de la gauche à Comines en 2008, raconte : “Gilles Pargneaux, le responsable de la Fédération socialiste du Nord, est venu pour convaincre les militants PS de Comines d’intégrer la liste Ségard. Il nous a dit que l’avenir politique de Martine Aubry en dépendait, que si Ségard n’était pas élu, Daubresse prendrait la tête de la communauté. Nous avons été impressionnés et nous avons accepté”. Depuis ils regrettent, amèrement. Élu Maire, Conseiller Général puis Conseiller Régional UMP avant de s’égarer au Modem pour les Régionales, Henri Ségard a le blanc seing d’une Martine Aubry, pas le moins du monde menacée de sa présidence communautaire, qui renvoie juste l’ascenseur. Les militants fulminent « Ségard a toujours mené une politique de droite et nous l’avons combattu. Comment expliquer aux 38 % d’électeurs de 2008 que nous retournons notre veste ?! ». Qui plus est pour que le Modem représente la Gauche. « Je comprends la difficulté pour les camarades mais ceux qui iront sur une autre liste ne seront plus socialistes”, prévient Gilles Pargneaux pour qui “Ségard est de centre gauche, il a évolué”. Celui qui se déclare “gaulliste social” n’a pas cherché a expliqué l’inexplicable, en l’occurrence le Modem, Ségard simplifie son discours « L’objectif est de faire battre le sarkozyste de service”. Fermez-les bans. Vincent Ledoux, Maire de Roncq, Nicolas Lebas, Maire de Fâches, Olivier Henno, Maire de Saint-André, Damien Castelain, Maire de Péronne-en-Mélantois, Daniel Janssens, Maire de Wambrechies, tous Vice-Président de la LMCU, ont du être très attentifs à la séquence. On ne leur souhaitera pas une élection municipale anticipée …
Filed under: Billet | Tags: Christian Vanneste, Hervé Morin, Jacques Vernier, Jean Arthuis, Jean Louis Borloo, Marc-Philippe Daubresse, Nicolas Sarkozy, Nord, Nouveau Centre, Thierry Lazaro, UDF, UMP, Valérie Létard
Thierry Lazaro est tombé ce week-end à Mouvaux, étouffé par le “Gros Nounours” de Marc-Philippe Daubresse à la faveur de l’élection interne au sein de la fédération UMP du Nord. Le député-maire du Pévèle n’a donc pas eu la revanche qu’il fomentait depuis les élections régionales 2010. Finie “la fédération du Coup de Gueule”, la campagne interne “sereine” a débouché sur quelques bons mots, “Je n’ai jamais tapé sur ma famille politique, je ne vais pas commencer”, dixit Lazaro (Jacques Vernier appréciera), “ce n’est pas la première fois qu’on se tape sur le groin” (sic) du même Lazaro ou “Les membres du comité ont le choix entre l’Union pour un mouvement populaire et la désunion pour un mouvement populiste” dixit Marc-Philippe Daubresse. La messe fût enfin dite et Thierry Lazaro, battu, de conclure “j’embêterai le monde pour que les présidents soient élus avec le suffrage direct de l’ensemble des militants”. Pour un désormais ex-Secrétaire Départemental de l’UMP, nommé et jamais ratifié, et donc non issu de la démocratie militante comme il se prévalait, c’est une sortie dans la “dignité”. L’honneur de l’UMP Nord en est tout de même sauf, les Daubresse-Lazaro se retrouvant sur la “menace centriste”, en l’occurrence l’épouvantail Nouveau Centre. Pour Lazaro, “l’UMP n’est plus respectée, même à Mons-en-Baroeul”, c’est dire ! Pour Daubresse, “Valérie Létard n’était stratégiquement pas un bon choix” pour la régionale (l’Élysée appréciera), “on avait en face de nous Marine Le Pen. Dans un contexte où le FN faisait du populisme, Thierry Lazaro était une candidature valable”. Pour être plus populiste que la Reine Marine n’aurait-il point fallu finalement mettre en tête de liste l’original (Christian Vanneste) plus que la copie (Thierry Lazaro) ? C’est à se demander, mais le Caporal en Chef Daubresse a la réponse : “Après c’est parce que Nicolas Sarkozy nous demande de soutenir Valérie qu’on la soutient”. On reconnaîtra là tout le contorsionnisme de Marc-Philippe Daubresse, dont la sortie du gouvernement relève certainement d’une nouvelle erreur stratégique de l’Élysée. Ministre en CDD de 7 mois, renouvelé trois fois, MPhD aura encore endossé les habits du Caméléon lors cette folle semaine. Évincé du Gouvernement, Daubresse s’est d’abord souvenu qu’il était Centriste de l’UMP, s’imposant comme Borlooiste solidaire le Dimanche et Lundi soir, rappelant avec ostentation qu’il faisait parti de la charrette centriste Borloo, Morin, Létard, Idrac, … “Je pense surtout que personne ne lui a demandé de rester” résumait alors Thierry Lazaro. Une “sortie” en centriste à une nuance (et quelle nuance), celle que “Borloo serait un excellent Premier ministre en 2012 ». “Sarkozyste convaincu”, MPhD récupère le mercredi “un plat de lentille” en l’occurrence le poste de Secrétaire Général Adjoint de l’UMP auprès de Jean-François Copé, pour représenter la famille Centriste de l’UMP, alors que dans le même temps Hervé Morin et Jean Arthuis enjoignent Jean-Louis Borloo et le Parti Radical de quitter l’UMP pour réaliser le dessein centriste. En fin de semaine, le Président Régional de l’UMP a cru bon de briguer également la Présidence du Nord pour faire barrage à la tendance Lazariste au sein d’une “fédération traumatisée par les Régionales (et donc par les Centristes)”. Objectif rempli. Marc-Philippe Daubresse s’apprêterait-il désormais à nous sortir une dernière figure de style en se présentant aux Sénatoriales 2011 sur la même liste que … les Centristes ? Rien n’est moins sûr. On eut cru un moment que les “Centristes de l’UMP” était le courant de ces élus UDF qui rejoignaient le Parti Unique mais force est de constater qu’il s’agit désormais d’une appellation d’origine incontrôlée inventée pour épouser les contorsions de ce sacré MPhD. Seule la Présidence de la LMCU y a résisté, et comment !
Filed under: Billet | Tags: Charles Millon, Christian Vanneste, François Mitterrand, Front National, Jean-Marie Le Pen, UMP
On finirait par croire que la suite donnée par François Mitterrand à la lettre de Jean-Marie Le Pen en 1982 sur l’iniquité de traitement médiatique du Front National dépassait le simple machiavélisme au regard d’une certaine “jeunesse française”. On finirait également par croire que l’appel du pied de Christian Vanneste, député apparenté UMP, au Front National pour les législatives 2012 dépasse le simple opportunisme électoral, notamment personnel, l’impérieuse envie d’exister politiquement ou la préparation d’un héritage politique. Celui qui se targue d’avoir “le courage du bon sens” est-il en train de se mettre en conformité avec ses valeurs, savamment entretenues depuis ses déclarations sur l’homosexualité, « menace pour la survie de l’humanité ». Prônant les valeurs du travail, de la famille et de la patrie, le retour de la peine de mort pour les terroristes, du retour du port de l’uniforme à l’école, l’auteur de propos parfois sulfureux ouvre aujourd’hui les grilles pour pactiser avec les loups. “À partir du moment où le FN renonce à certaines mauvaises habitudes, pourquoi s’en priverait-on ?”. On aurait plutôt tendance à penser que c’est plus le député tourquennois qui a réfréné les “bonnes” habitudes de la famille traditionaliste, celles des discours lissés forcément hypocrites. Désormais, elle exprime ce qu’elle pense et pense alliance objective et espace politique. On ne saurait trop conseiller à cette “droite libre” décomplexée, dont certains membres s’étaient déjà illustrés aux régionales sur la liste Dubout, de rejoindre la meute car c’est à un suicide politique auquel elle vient de s’adonner. Toutes explications républicaines qui soient, les loups ne se domptent pas et François Mitterrand le savait lui-même. Les loups ne perdent jamais leurs mauvaises habitudes, y compris celle de tuer, une réputation ou une carrière. On se contentera demain d’un destin à la Charles Millon pour Christian Vanneste. Et c’est finalement peut être mieux comme ça …